PRECIS DE DÉCOMPOSITION AVANCÉE… À L’USAGE DU MODEM

puzzleLe MoDem est aujourd’hui en état de décomposition. Une décomposition qui laisse apparaître l’absence totale de squelette.  Beaucoup de chairs, de rondeurs, de muscles, de discours lumineux,  ont créé l’illusion de la force, et ont donné de la matière à un espoir légitime. Le « ni droite ni gauche », le « faire de la politique autrement », « la troisième voie »« l’alternative à l’alternance », « le projet humaniste », autant de promesses d’une naissance et autant de formules qui, en faisant office d’attracteurs des désespoirs en politique, ont caché jusqu’ici lesconfusions qui ont présidé à la constitution du MoDem.

1. La première confusion, fondatrice de toutes les autres :

Si l’on s’en tient aux faits et à leur enchaînement, peut-on dire que la naissance du MoDem est véritablement une naissance ou bien que ce parti serait issu d’une sorte de mue, de transformation ? Du même (UDF), travesti en différent (MoDem) ou du différent  ayant du mal à se différencier du même ?

- Un changement sans nom : le Centre devient le Centre

Un peu avant les présidentielles de 2007, l’UDF semble se transformer de l’intérieur. On peut dater les signes de cette transformation du Congrès de 2006 au cours duquel l’UDF s’est déclarée parti libre et indépendant (de l’UMP de Sarkozy). En général, ce type d’évolution correspondant à une affirmation d’identité et n’exige pas une rupture ; elle se produit naturellement  par crises légères, et en  débouchant sur des étapes d’intégration. Dans ce cas il ne s’agit pas, en effet, de changer fondamentalement les contenus politiques mais de les adapter aux  nouvelles réalités.

Ainsi en 2006, l’UDF utilise les dispositifs organisationnels (congrès, vote…) dont dispose toute institution pour marquer un pas décisif en restaurant l’idée d’un Centre existant en soi.

Cette revendication d’indépendance, si elle avait pu donner au mot « centre » un contenu plus substantiel que celui de « ni droite, ni gauche », aurait peut être mérité d’être appuyée par un changement de nom. A moins qu’il ne se soit agi alors, que de se démarquer de l’UMP pour permettre à Mr Bayrou de se présenter face à Sarkozy lors des  présidentielles ?

-       2007 la révélation

Aux présidentielles de 2007, Mr Bayrou fait un score dépassant largement les voix traditionnelles de l’UDF (7 millions d’électeurs), la division de la gauche, l’absence de consensus  autour de  Ségolène Royal, n’étant pas étrangères aux résultats. Quoiqu’il en soit, Mr Bayrou se trouve investi par des voix venant de la gauche, du centre, de la droite…, intéressées par la proposition d’une « troisième voie ». Bref de quoi rêver à un grand rassemblement.

-       Rassembler pour régner

Ces résultats encourageants conduisent Mr Bayrou à envisager la création d’un nouveau parti.

Pour cela, il devient nécessaire d’enterrer rituellement l’UDF (traditionnellement marqué à droite), ce qui fut fait au dernier Congrès UDF de novembre 2007, pour fonder un nouveau parti, ce qui fut fait au congres fondateur de Villepinte en Décembre 2007, qui prenait acte de sa nouvelle composition : les anciens UDF, les adhérents de CAP 21, et les adhérents pré-Modem (ceux qui étaient pro-Bayrou et pas UDF avant les présidentielles).

Il arrive alors quelque chose d’étrange à l’UDF : elle garde son nom tout en disparaissant, elle reste centre droit tout en devenant « pluri-idéologique », elle ne change pas tout en changeant. A moins de supposer que les nouvelles alliances avec les écologistes ou les militants venant de la Gauche, ne changent rien à l’identité UDF, auquel cas on peut dire alors qu’elle change tout en ne changeant pas. Et encore un peu de confusion !!!

Le mouvement que fait alors l’UDF ressemble à un changement de cap même si l’on peut se demander si par ce mouvement l’UDF se transforme ou bien si elle meurt ?

Ou bien est ce que F BAYROU, adepte secret de la pensée chinoise, pensait qu’en changeant le nom il changerait la chose, que le nom ferait unité, et qu’en décrétant le « mouvement » (« Mouvement Démocrate »), il pourrait l’instaurer ?

On peut essayer de puiser des éléments de réponse dans l’analyse institutionnelle. Selon les statuts du MoDem, l’UDF au même titre que CAP21 devient membre fondateur du MoDem : Didier BARIANI en 2007 affirme : «  je reste à l’UDF qui crée le MoDem » Itélé 12 juin 2007). Or, en créant le MoDem, l’UDF perd toute identité séparée puisqu’elle cesse de fonctionner en tant que telle et devient ainsi une coquille vide. Ce n’est pas le cas de CAP21, qui reste une entité à part entière, qui continue congrès et réunions, conserve une autonomie financière et programmatique séparés, et peut trois ans après le congrès fondateur, sortir du MODEM si elle le décide.

Dans cette situation, comment l’UDF et ce qu’elle représente, peut-elle en même temps être morte et vivante à la fois?

(… bon… d’accord… le chat de Schrödinger aussi !  et pour en rire )

Poursuivons :

Comment l’UDF peut-elle ne plus exister en soi et être en même temps un membre fondateur du Modem. Dans cette logique, comme le proposent les statuts du MoDem, les adhérents de l’UDF (et de Cap 21, lui aussi membre fondateur), sauf s’ils en manifestent le désaccord, sont membres du Modem ipso facto, sauf que les CAP21 restent également à CAP21 alors que les UDF deviennent des fantômes.

Il y a comme un flottement institutionnel !!!

Et personne n’a évidemment la naïveté de penser que tout ceci n’a rien avoir avec les aspects financiers…

Aujourd’hui Didier Bariani, figure historique de l’UDF, vient de quitter le MoDem . Avant lui bon nombre d’élus UDF avaient déjà franchi le pas, soit en intégrant l’UMP, soit en créant un Nouveau Centre, inféodé au parti du Président et en revendiquant la marque UDF.

- Magie de l’engagement

Ainsi par un tour de passe exemplaire, illustrant parfaitement le « comment changer sans changer », les adhérents UDF se retrouvent MoDem. Et, même si le vote des adhérents UDF a bien crédité cette modification en 2006, il semble que l’acte de création d’un parti aurait mérité que les adhérents s’engagent individuellement dans la plus grande clarté en notifiant ainsi le changement de ligne politique et leur adhésion à cette réorientation. On attend en effet d’un engagement politique qu’il ne fonctionne pas sur le modèle de ces contrats commerciaux d’adhésion qui misent sur le fait que les consommateurs n’auront pas les réflexes ou la détermination pour s’opposer au renouvellement « tacite ».

-       Se séparer ou mourir

Il n’y a pas d’identité ou de différenciation sans séparation. Les organisations humaines ont besoin de rituels pour sortir des confusions et permettre les passages d’un état à un autre. Ainsi le processus de la création du MoDem aurait d’évidence gagné en transparence si Mr Bayrou avait :

  • soit permis la clôture institutionnelle de l’UDF,
  • soit quitté l’UDF, pour fonder un nouveau parti
  • soit appelé à une adhésion individuelle et volontaire des anciens membres de l’UDF au MoDem.

Seraient alors devenus adhérents du MoDem ceux qui acceptaient l’exercice conscient de ce changement ou ceux qui voyaient là un espoir de changement.

-       Identité zéro

Aujourd’hui se retrouvent au sein du MoDem ceux qui continuent à se penser UDF (se sentant bien entendu légitimés par l’histoire de leur appartenance à la droite républicaine) et ceux qui pensaient débarquer sur une plage vierge et inventer le « ni droite ni gauche » : il y a donc ceux qui « continuent »… et ceux qui « commencent »…

On pourrait - pourquoi pas ?-  accepter que les  lignes politiques s’éclaircissent au fur et à mesure, et que cette séparation (entre ceux qui se reconnaissent dans le MoDem ou pas) se fasse en s’appuyant sur la ligne politique identitaire que ce parti construit. Elle aurait ainsi permis de réparer les confusions du départ pour que chacun puisse décider alors de partir ou de rester.

Mais c’est loin d’être le cas parce que, à ce jour, en interne comme en externe nul ne saurait dire vraiment en quoi on fait ici de la politique autrement et où sont visibles les choix qui constituent l’identité de ce parti. Nous en arrivons donc à une situation dans laquelle on ne sait pas bien quel sens politique donner au fait d’appartenir à ce parti.

-       Retour case départ :

Un rassemblement n’est pas un empilement car il demande un véritable travail de dépassement et de création ; l’intérêt du patchwork c’est l’harmonie finale…

A ce jour, la composition du MoDem se décompose : le lien avec Cap 21 s’étire dangereusement, Bayrou allant du coup chercher des couleurs écologistes du côté d’Alliance Ecologiste Indépendante ou d’un Bennhamias redevenant « vert ». Les UDF purs et durs sont déjà partis vers le Nouveau Centre, ou plus loin encore vers la droite, et ceux qui restent comptent bien ne pas laisser s’installer les nouveaux adhérents qui tirent vers la gauche. Bref quand les MoDem se rencontrent ils se demandent d’abord (n’en déplaise à Mr Bayrou) s’ils sont MoDem de droite ou MoDem de gauche, anciens UDF ou nouveaux centristes… !!!!

Le MoDem est-il donc en train de redevenir l’UDF ? N’est ce pas la logique du  processus institutionnel qui a présidé à la naissance du MoDem qui a permis une confusion majeure : s’agissait-il d’une transformation de l’UDF  ou d’un changement annonçant sa mort ? Est ce que Mr Bayrou a simplement voulu accrocher quelques wagons supplémentaires à l’UDF ou bien est ce qu’il a invité tout le monde à monter dans un nouveau train ? Il n’est pas sûr que les adhérents MoDem puissent répondre à cette question. On entend revenir en ces « temps difficiles », dans les discours de Mr Bayrou, les mots « centre, centristes » : est ce un signe ?

2. Deuxième confusion: inventaire des promesses.

Si le processus de naissance du MoDem laisse place à de réelles confusions que son fonctionnement interne n’a toujours pas permis de dépasser, il n’en est guère mieux de son argumentaire de ralliement, constitué essentiellement d’un dépassement de la bipolarité gauche-droite et d’un renouveau de la démocratie. Et nous voici au seuil de la deuxième confusion qui a présidé à la définition du MoDem.

- Nouvel horizon : l’impasse.

« La troisième voie », le « ni droite, ni gauche », sont les slogans qui ont servi de bannière au Mouvement démocrate  et entrainé dans leur sillage la masse de ceux qui en avaient assez de la vie politique française, ou de ceux qui voulaient croire à de nouvelles voies. Je laisse de côté ceux qui pensaient qu’un nouveau parti était l’occasion de se saisir de nouveaux mandats ou ceux qui pensaient que Mr Bayrou  faisait juste « comme si » et qu’au fond rien n’allait vraiment changer dans l’UDF, à part le nom ( pas chinois ceux là !).

Pour ceux qui  croyaient vraiment aux annonces de ralliement, ce « ni droite ni gauche » constituait aussi la possibilité que les adhérents venant des trois horizons (UDF, CAP21 et pré modem) puissent travailler ensemble. Le constat aujourd’hui, au compte des démissions en chaîne, est que cette rencontre du « troisième type » n’a pas encore eu lieu. Et que rien de nouveau n’a été créé, ni écologie, ni démocratie,  rien de plus que ce que la notion de « centre » évoquait déjà pour tous.

- Partis ou politique

Pourquoi donc ce slogan « ni droite, ni gauche », qui a enthousiasmé autant de gens, s’est-il montré aussi stérile ?

La source de la confusion me semble se tenir dans le fait de n’avoir marqué aucune différence entre les idéologies Droite / Gauche et les organisations UMP/ PS ou partis de droite et partis de gauche.

Est ce que ce sont les (dys)fonctionnements des partis ou les idéologies droite gauche qui étaient en question ?

Les abstentions lors des élections européennes, ont montré et démontré à ceux qui veulent bien voir, que ce que le « peuple » (un bien joli mot) ne supporte plus c’est que les partis politiques soient si loin des réalités quotidiennes (problème de la représentativité : « Les multiples dysfonctionnements du système représentatif sautent aux yeux de tous les citoyens… alimentant une atmosphère de désenchantement » (Pierre Rosanvallon : Réinventer la démocratie. Paru dans le quotidien Le Monde 29/04/2009)). Il semble que plus on veuille séduire le peuple par des stratégies électoralistes et plus il s’éloigne de l’exercice de la démocratie et de l’urne.

Les partis politiques, par ailleurs,  sont les lieux où l’on parle le moins de politique (il vaut mieux pas, ça fâche ! et ça pourrait nous empêcher de faire campagne ensemble). Ils aspirent à devenir de véritables machines de guerre électorales qui tendent à conquérir le pouvoir et à le garder.

Electoralisme, absence de proximité, ont mis à mal la crédibilité des partis politiques sans véritablement entamer les repères que continuent à être les notions de droite et de gauche. Autant il est possible de penser d’autres organisations politiques que le PS ou l’UMP, autant le repérage idéologique droite gauche semble difficile à éliminer.

- Fin des partis ?

Donc, bien au delà de la gauche ou de la droite, ce sont les organisations des partis politiques, et en particulier la place première donnée à la stratégie électoraliste, qui ont, de façon paradoxale, fortement égaré le peuple des électeurs, en les privant de tout sentiment de proximité et en les mettant dans la difficulté de faire des différences entre tous les discours électoraux (« tous pourris, les mêmes… »). Ce sont les fonctionnements de partis qu’il nous appartient donc de questionner à partir de ce constat qu’il faut être « dehors » pour parler librement de politique. Où se trouvent alors les lieux de la démocratie hors les temps de vote ?

- Alternative incontournable

Les  notions de Droite et de Gauche résistent pourtant à ce naufrage annoncé parce que, au delà des partis qui les utilisent comme caractères identitaires, elles représentent un ensemble de valeurs idéologiques repères permettant à chacun, de façon rapide et fonctionnelle, de choisir une des branches de l’alternative essentielle entre le primat de l’économie sur la politique ou bien le primat de la politique sur l’économie.

Dans le cas du primat de l’économie, c’est la loi du marché qui décide, c’est à dire un ensemble de règles et de priorités dont le sens nous échappe de plus en plus. Alors que nous, « citoyens lambdas », n’avons aucun pouvoir sur le « marché », nous sommes priés d’en accepter les responsabilités : dans la crise que nous traversons, ce sont les Etats, c’est à dire nous, qui sommes contraints de renflouer les banques d’affaire qui ont failli. Le peuple, doit consentir, le dos au mur, à se garantir lui même de la récession économique.

Choisir le primat du politique sur l’économique a fondé historiquement les idées de gauche. Aujourd’hui cette direction est la seule qui permette de faire le choix de sortir des lois du marché pour ouvrir sur la question d’une autre croissance, sur la question de l’écologie, sur la question de nos modes de vie : autant d’interrogations tout à fait essentielles dans un débat  démocratique, mais qui ne cessent d’être discréditées par les forces économiques dominantes. Dans l’affirmation de cette volonté politique, il y a la liberté de donner une place  à nos choix concernant nos modes de vie et notre mode de développement, au plan local comme au plan mondial.

Pourquoi donc vouloir inventer autre chose que le passage obligé par ce choix premier gauche ou droite, primat du politique ou primat de l’économique ?

Seule la volonté de fonctionner différemment de ces machines électorales que sont les partis politiques de l’alternance traditionnelle, pouvait conduire à ” faire de la politique autrement ». La troisième voie ce n’est pas alors le « ni droite ni gauche » mais le « pas comme dans les autres partis ». Un pari impossible peut être mais,  la différence à inventer, s’il fallait en inventer une,  se trouvait alors du côté du fonctionnement démocratique, et de la capacité à mettre les gens en marche.

- Démocratie me voilà !

Mr Bayrou ayant mis tous ses talents d’orateur à défendre la démocratie, on aurait pu s’attendre à ce que ce  parti invente enfin une nouvelle façon de faire de la politique dans son fonctionnement propre. Il aurait pu par exemple :

-       Cimenter l’union fondatrice UDF-CAP21 .

-       Se préoccuper de développer une identification plus claire du MODEM dans le paysage politique et proposer une manière de  maitriser la réalité économique du capitalisme mondialisé.

-       Miser sur l’indépendance pour garder la cohérence interne en refusant les  jeux d’alliances à géométrie variable.

-       Reconnaître ses amis en politique, au delà de la droite et de la gauche, à leur volonté démocratique et à leur engagement écologique.

-       Avoir confiance dans l’élan qui avait rassemblé en 2007 les militants venant de courants différents, être attentif aux confrontations locales, favoriser le débat et les processus démocratiques.

Mais pour aller dans ce sens il aurait fallu s’appuyer sur la croyance que la voie démocratique est la seule possibilité de créer du nouveau en politique aujourd’hui.

-       La reforme ou la guerre

Quand à défendre une ligne politique générale s’appuyant sur la démocratie, on n’a pas non plus dans ce parti inventé une troisième voie parce que la seule façon de l’inventer aurait été de promouvoir la démocratie comme force d’appui. « Le petit livre orange », défend une conception réformiste du changement en politique.

Si réformer signifie mettre en route des modifications et améliorations touchant à la société, alors tous les partis peuvent se prétendre réformistes. La différence entre les diverses propositions, devrait se jouer dans le fait d’annoncer quelle est la cible véritable de ces réformes : l’aménagement raisonnable du modèle de développement sociétal existant  ou le mouvement vers un changement de modèle de société ?

Pour changer de modèle on a besoin de la force de la participation active des citoyens, c’est à dire de favoriser une « société démocratique » (Pierre Rosanvallon ; cours du Collège de France 2010) et une démocratie participative, parce que les forces économiques capitalistes auxquelles cette société est confrontée sont puissantes et qu’aucun homme politique n’avancera sur ce chemin sans les citoyens.

-       Républicain ou démocrate ?

Or dans « le petit livre orange », la république (régime garantissant l’égalité de tous en droits et en devoirs) tient lieu de démocratie, celle ci se résumant en ce qui concerne le pouvoir des citoyens au delà des urnes, à ce qu’ils soient « informés » pour devenir plus conscients. Alors que la démocratie c’est l’organisation des débats citoyens et du pouvoir donné à la parole des citoyens au delà des processus électoraux (et la possibilité relève évidemment de la responsabilité des politiques), la transparence et le respect des processus de décisions.

Il semble que pour Mr Bayrou la démocratie soit plutôt représentée par cette devise : « je pense et décide pour le plus grand bien du peuple » : Républicain ? peut être. Plein de bonnes intentions ? sans doute. Démocrate ? sûrement pas !

Donc, pas plus sans doute au MoDem que dans les autres partis, on n’a fait de la politique autrement parce qu’il est clair que ceci se serait fait au détriment dans un premier temps de la sacro sainte stratégie électoraliste.

- La troisième voie : démocratie et écologie

Exercice difficile que celui de la démocratie, consistant peut être à faire d’abord la différence entre contenus et processus.

La démocratie est l‘organisation sociale dans laquelle les responsables politiques créent la possibilité que l’exercice du pouvoir soit sans cesse contrôlé par les citoyens. Le risque d ‘un régime représentatif est qu’il peut aboutir à une pseudo démocratie, le peuple par lassitude et découragement abandonnant peu à peu le pouvoir à quelques uns. La démocratie est donc l’établissement de processus de vigilance et de participation.

On connaît bien entendu l’argumentaire mystificateur consistant à dire que les citoyens ne sont pas capables de faire les bons choix en matière politique. L’expérience montre, en fait,  que plus les citoyens sont impliqués dans les processus de décisions, plus ils s’informent et s’intéressent… et que plus les représentants élus  sont « experts » et éloignés (gouvernement centralisé) et plus les citoyens ont tendance à abandonner l’intérêt pour les affaires de la cité. Ainsi promouvoir la démocratie c’est promouvoir les possibilités de participation aux décisions, ceci constituant le premier volet de cette troisième voie.

Mais  bien entendu la troisième voie, c’est aussi prendre position pour  valider le primat de la politique sur l’économie (caractéristique de  l’identité de la gauche et représentée aujourd’hui également par la pensée écologiste), ce qui signifie accepter de s’engager dans une épreuve de force dans laquelle l’état défendrait une vision de l’homme moins absurde que celle à laquelle nous conduit l’économie capitaliste mondialisée. Ce qui signifie changer de modèle de société. On ne peut sans doute pas attendre, en effet, d’une économie capitaliste qu’elle protège le sens de la vie et s’inquiète des valeurs qui nous gouvernent mais on peut attendre d’un gouvernement élu démocratiquement, qu’il ait une pensée politique soutenant la culture comme caractéristique de l’humain, soutenant l’écologie comme mode de réflexion et d’action quant à notre place dans le monde, plutôt que l’industrie de l’armement comme caractéristique de l’animal en nous, par exemple. Ceci ne peut se faire sans la force politique que constituent les  citoyens.

Il ne s’agit alors pas tant de « droite ou de gauche » mais plutôt de se demander comment les partis de gauche sont restés fidèles à la Gauche ou pas,  la démocratie ne pouvant par définition avoir quoi que ce soit à faire avec la droite qui s’accorde mieux avec toutes les formes d’oligarchie. (Jacques Rancière : La haine de la démocratie)

Qu’un parti de gouvernement de droite ne soit pas fondamentalement démocratique c’est dans sa nature, qu’un parti de gouvernement de gauche soit oublieux de ses forces démocratiques c’est désormais connu, qu’un petit nouveau parti qui s ‘affiche avec l’onction démocrate commence à irriter ses militants par son « déficit démocratique », ça c’est perdu d’avance.

-       J’ai fait un rêve

Ces valeurs, « humanisme, république, démocratie (représentative), justice, écologie »… sont les valeurs traditionnelles de la gauche. Le PS les a sans doute laissées sur le bas côté pendant toutes ces dernières années au nom du « réalisme politico-économique ». Enorme trahison !!!

… Alors, porté par l’élan des présidentielles de 2007, Mr Bayrou aurait pu réinventer une « gauche » démocratique et écologiste… il aurait pu entendre le message écologiste, c’est à dire non pas la défense de la « nature » comme éco système mais une nécessaire révision de ce qui a fait courir l’humanité jusques ici,… il aurait pu promouvoir au sein de son parti une organisation exemplaire de démocratie… il aurait pu …

Mais ne s’agissait-il pas plutôt pour lui de trouver une place présidentiable hors des territoires déjà occupés (gauche et droite)?

A cette question, une réponse est donnée dans l’interview de JL Bennahmias par 20minutes.fr le 25/02/2010. Selon le journaliste, Jean-Luc Bennahmias, vice-président du MoDem, juge ainsi « illusoires » les rêves de démocratie interne de militants «candides». Bennahmias explique en effet : «Le parti est un tremplin pour la présidentielle. Ceux qui pensaient le contraire n’ont rien compris».

Le Non à la droite, Non à la gauche…, slogan de Mr Bayrou, a fait son temps  parce qu’ il ne suffit pas de dire « NON » il faut encore savoir à quoi on dit « OUI » et en quoi ce « oui » était différent de la position centriste qu’il occupait jusques là.  Signe des temps, le mot « centre », revient curieusement dans les discours de Mr Bayrou en ces moments difficiles des pré régionales.

- Conclusion:

Dans le paysage politique actuel, Mr Bayrou est le seul à revendiquer pour son parti une identité démocrate (mais peut être a-t-il une autre idée de la démocratie ?), et une autre façon de faire de la politique : rien d’étonnant à ce qu’il soit mis en demeure par les militants de pratiquer une démocratie exemplaire à l’intérieur de son parti et de proposer un nouveau modèle sociétal démocratique.

Quand il a eu l’audace d’appeler son parti « démocrate », il a soulevé la vague de fond de tous ceux et celles qui voulaient qu’on entende enfin leur voix ; en cette fin de rêve, la gravité de la blessure est à la mesure de la promesse non tenue parce que le projet démocrate ne pouvait sans doute pas s’accommoder de bricolages avec l’ancien modèle capitaliste et industriel qui nous reconduira naturellement à de nouvelles crises.

ECRIT PAR LESAILES. Mars 2010

A titre d’information :

NAISSANCE DU MODEM. DÉCEMBRE 2007

« Il est créé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et dénommée Mouvement Démocrate (MoDem). 
L’Union pour la Démocratie française (UDF), Citoyenneté, Action, Participation pour le XXIe siècle (CAP 21) et les personnes physiques à jour de cotisation au 2 décembre 2007 sont membres fondateurs du Mouvement Démocrate. »

Cet article est publié sur le site d’origine   http://christian.nannini.free.fr/ou MOnpostDEMocrate.eu

Touchés-Coulés par François BAYROU Président du MODEM

bataillenavaleLes résultats des élections régionales ne sont pas bons pour le MODEM . Inutile de chercher notre score  en  Languedoc Roussillon : nous n’étions même pas  représentés, et pourtant nous avions désigné un leader, Marc DUFOUR, et sa liste était prête .

F BAYROU n’en a pas voulu.

C’est à cause, dit-il, d’une « manœuvre »( France Inter 4 mars). On croit entendre la théorie du complot véhiculée par BERTA-VEZON ( dirigeants  du Gard) sur un air de paranoïa politique. Attention !!! la gauche fréchiste tenterait de mettre sous influence le Modem régional avec la complicité de Marc DUFOUR.

Quelle tristesse ! Nos  militants languedociens ne méritaient pas d’être ainsi traités et F BAYROU a prêté la main à ça, il nous a touchés coulés.

1. Revenons sur la préparation de ces élections régionales.

Depuis les européennes Corinne LEPAGE prône l’alliance avec Europe Ecologie. Marielle de SARNEZ, quant à elle, va se rapprocher des Vincent PEILLON et autres, avec la bénédiction de F BAYROU et donne l’impression que le MODEM se gauchise.  F BAYROU, le toujours omni-opposant à SARKOZY,  demande aux instances nationales d’avaliser le choix de présenter des listes autonomes au premier tour. Le risque est grand, selon les sondages, de passer en dessous des 5%, limite légale pour commencer à être remboursé de ses frais de campagne. La rumeur court que le siège national n’envisage aucune aide financière. Pour le premier tour l’essentiel sera de bien marquer sa différence et son identité face aux deux blocs UMP et PS : pour le reste ( le non remboursement des frais) ce n’est pas un problème, mener une liste est un honneur et vaut bien quelques sacrifices financiers.

Pour le deuxième tour  Il n’y a aucune  stratégie nationale affichée, sauf que l’opposition frontale entre F BAYROU et Nicolas SARKOZY décourage d’une alliance avec l’UMP. Que penser alors d’un accord avec le parti socialiste, c’est à dire avec Martine AUBRY, sa secrétaire générale,  qui est en train de reprendre en mains le parti socialiste et de lui donner d’autres principes d’action ( voir la déclaration de principes adopté en juin 2008 ) ?

Il faut patienter jusqu’au 20 janvier (soit 4 jours avant le lancement de la campagne électorale du Modem) pour entendre F BAYROU, invité de l’émission «les questions du mercredi» sur France Inter, expliquer sa stratégie.

Le Mouvement démocrate, insiste -t-il, est le « centre, démocrate ,libre et autonome » tel qu’il l’a voulu ..Il martèle qu’être au centre pour lui« c’est refuser la bipolarisation de la vie politique », c’est à dire refuser que la famille centriste qu’il représente subisse la tutelle de l’un ou l’autre camp (UMP ou PS). Il n’est pas seul à tenir ce discours et c’est même la raison pour laquelle certains journalistes depuis les présidentielles, l’ont classé «extrême centre».

Il prône de rester autonome pour le deuxième tour (nous savons qu’il n’y aura pas de deuxième tour ), ou de rechercher  une majorité de coalition« avec des gens qui nous respecteront ». Plutôt évasive comme formule !

Quelques semaines plus tard, le 4 mars, toujours sur France Inter, interviewé par N Demorand, F BAYROU nous éclaire enfin sur les éventuelles alliances du second tour. Il exclut évidemment tout accord avec l’UMP, qui soutient les dérives anti républicaines du Sarkozysme.  Pas d’alliance non plus avec le PS, alors qu’à une certaine époque on aurait pu penser à un éventuel rapprochement . Martine AUBRY ne semble cependant pas en faire une question prioritaire : elle détient pratiquement toutes les régions et compte bien que son parti sorte à nouveau victorieux des élections régionales dans lesquelles SARKOZY s’engage sans vergogne.

F BAYROU n’écarte pas l’hypothèse de majorités locales au cas par cas le fameux pragmatisme électoraliste (déjà utilisé aux municipales) qui peut commander « des majorités nouvelles » mais il est difficile de savoir avec qui, si ce n’est avec d’autres centristes, ou des écologistes mais certainement pas avec  le front national .

Aujourd’hui, les résultats du premier tour des élections régionales nous conduisent à constater

- le taux important d’abstentionnistes, un français sur deux

- la percée du front national au dessus des 10 % de suffrages exprimés, et donc d’éventuelles triangulaires au deuxième tour

- la dégringolade du MODEM avec environ 4% des suffrages exprimés, sa disparition du second tour dans la plupart des régions.

Quelles sont les raisons de cet échec électoral du MODEM qui prétend devenir un parti de gouvernement et donc s’approcher d’une représentativité (avec coalition ou pas) équivalente à celle des deux blocs (entre 20 et 30 %) ?

2. Analysons cet  échec aux élections régionales

Nous rappelons que la ligne politique de F BAYROU consiste à proposer une politique alternative au citoyen issu du projet humaniste élaboré collectivement au Congrès d’ARRAS. Cette proposition politique présentée au premier tour des régionales se voulait être « une proposition politique originale, équilibrée, forte,  régionaliste ». En cette période de crise il fallait cependant insister sur l’emploi, les conditions pour donner du travail au plus grand nombre et la reconversion de l’économie en une croissance verte dont les régions pouvaient assurer le relais après la débâcle de Copenhague sur le réchauffement climatique. Ce message était partagé peu ou prou par toutes  les formations politiques. Par conséquent, avoir des élus était synonyme de faire des alliances, mais l’offre publique de dialogue lancée par F BAYROU n’ a pas fonctionné.

Nous insistons sur le fait que la façon de diriger le MODEM imposée par F BAYROU qui est loin d’être satisfaisante.

D’une part, F BAYROU n’a pas pris au sérieux  les dissensions internes qui se faisaient jour, estimant à tort qu’il ne pouvait s’agir que de querelles de personnes alors que la plupart du temps c’est la cohérence politique et stratégique du Modem qui était en jeu.

Prenons le cas du Languedoc Roussillon. Nous savions déjà que F BAYROU  pouvait paraître comme un parfait  autocrate répétant à l’envi : « la démocratie c’est pas le bazar ». Lorsqu’il est intervenu le 19 décembre 2009 à Montpellier pour mettre de l’ordre, il a traité de nuls les militants qui se plaignaient des dissensions  internes. Sûr de son influence, il a proposé des primaires (hors statuts) dans le Languedoc Roussillon, créant ainsi une distorsion avec les autres régions. La proposition d’instaurer dans notre région  un binôme femme homme tête de liste entrainait aussi une situation inégalitaire avec les autres régions où  une telle modalité n’avait pas été retenue. Vouloir « débarquer »  le gagnant des primaires (Marc DUFOUR) au profit du perdant (Patrice DREVET) et d’une autre formation politique (Alliance  écolologiste indépendante), était-ce là l’indépendance souhaitée pour le MODEM et toute la confiance accordée aux languedociens ?

D’autre part, F BAYROU n’a pas su cimenter l’alliance avec CAP 21 et Corinne LEPAGE pourtant cofondatrice du MODEM : en l’état des rumeurs qui circulent l’UDF et CAP 21  n’ont pas réussi leur unité. ( *)

Qui est incapable de fédérer dans ce Mouvement ? Là aussi utilisera-t-on la théorie du complot ou de la manœuvre, pour toute explication ? Pour quelles raisons le débat n’est-il pas ouvert de façon transparente sur ces difficultés ? L’unité originelle et fondatrice est-elle déjà jetée aux orties ? Que faut-il en penser au plan politique ?

3. Parlons donc de politique puisque c’est ce qui nous rassemble.

F BAYROU en développant l’idée d’un arc central sur l’échiquier politique croit toujours pouvoir fédérer l’électorat sur les erreurs politiques des partis de  droite et de gauche embarqués sur le bateau amiral du libéralisme économique. Mais  le réformisme de bon aloi qu’il préconise n’est pas, à mon sens, suffisamment démonstratif d’une volonté de changement. Le système économique actuel assure la croissance, la croissance est ce qui produit de la richesse, elle est ce qu’elle est et n’est surtout pas remise en cause par notre Mouvement. La croissance est le maître mot,  le reste n’est que péripéties : crise financière de la haute finance, renflouement des banques d’affaires par les Etats, attaques spéculatives sur ces mêmes Etats, attaques spéculatives sur les matières premières … Les citoyens et notamment ceux qui sont en difficultés  ne voient pas d’un bon oeil la montée du chômage et la politique de rigueur qui se profile à l’horizon présentée comme incontournable dans un consensus magnifique des puissants.

F BAYROU, dans la bonne tradition barriste, critique les déficits budgétaires. Comme le ferait n’importe quel comptable  public, il est partisan d’une politique de rigueur pour rétablir les comptes de la nation et il imagine même inscrire dans la constitution l’interdiction des déficits budgétaires (les économistes ne sont pas tous d’accord sur  ce point .)

C’est quoi la rigueur envisageable ?

La réponse intéresse chacun d’entre nous : on pense d’abord à la réduction des dépenses publiques avec un tour de vis sur la rémunération des fonctionnaires, la réduction du personnel des services publics, c’est la réduction des avantages retraite, c’est l’augmentation des impôts, c’est la réduction de la dette par l’inflation et la réduction de l’endettement par l’augmentation des taux d’intérêts  de l’argent prêté…etc

Encore faudrait-il, préalablement au réajustement de nos finances publiques, faire le détail entre l’endettement avant la crise et l’endettement après la crise.

Déjà impopulaire, la politique de rigueur risquerait de devenir franchement anti démocratique s’il s’agissait de compenser la part d’endettement du à la crise provoquée par le monde des affaires (et ses banksters, ceux qui continuent à toucher de confortables bonus), auquel le monde des contribuables a porté secours. Le citoyen comprendrait mal que les sacrifices consentis individuellement ou collectivement servent les intérêts d’un système irresponsable.

F BAYROU en se faisant le chantre de la politique de rigueur risque fort d’apparaître plus à droite que la droite actuelle, sauf à démontrer par une fiscalité transparente, que  toutes les ressources, y compris celles des plus riches,  sont mobilisées dans cette affaire de redressement de la France. Il lui appartient donc de proposer une réforme détaillée de la fiscalité sur le terrain de laquelle les masques ( je n’ai pas dit  les têtes !!!) pourraient tomber (suppression des niches fiscales, des paradis fiscaux , renforcement de la lutte contre la fraude …etc).

4. Continuons à parler de la politique puisque c’est ce qui nous sépare

Pour quelles raisons F BAYROU a-t-il laissé Europe Ecologie occuper le terrain entre libéralisme et socialisme ? Pour quelles raisons n’a-il pas inventé avec Corinne LEPAGE le nouveau binôme écologie-démocratie qu’elle préconise, à substituer à l’aube de ce XXI siècle au binôme libéralisme-socialisme. S’il l’avait fait, sans doute n’aurait-il pas manqué le rendez vous des européennes et surtout il aurait donné au Mouvement démocrate la coloration écologiste qu’il méritait.

Aujourd’hui avec la crise, s’ajoute à la fausse urgence économique la vraie urgence écologiste (réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles notamment énergétiques, crise alimentaire et agricole, pollution environnementale). Pour quelles raisons F BAYROU n’a-t-il pas envisager sérieusement avec Corinne LEPAGE, une alliance nationale  avec Europe Ecologie, sur le fondement d’une nouvelle manière d’appréhender l’économique et le politique, car la première leçon de la crise que nous traversons est que les forces économiques nous dominent comme tous ceux qui en sont les agents et n’ont de compte à rendre à personne.

Ma conclusion pour le moment est que « l’autre monde possible » évoqué par F BAYROU dans ses discours politiques s’accommode mal    d’un projet démocrate insuffisamment précis sur le changement de cap. Notre projet démocrate est un projet humaniste qui n’est en fait réalisable que si,  face aux diktats économiques,  les forces démocratiques sont mises en mouvement vers un modèle de fonctionnement capitaliste moins destructeur de l’humain. Pour mettre en mouvement les gens, il faut mettre en place de façon de plus en plus poussée les processus de décisions démocratiques. En bref, on ne touche pas au mode de vie si l’on ne fait pas du savoir faire démocratique un objectif (par exemple de l’auto défense contre la surconsommation) .

Ce qui n’est pas exactement ce à quoi prépare le Mouvement démocrate que F BAYROU dirige de façon ouvertement autocratique. En Languedoc Roussillon nous en avons eu la funeste   démonstration : toujours très habile dans le  style : « je pense pour vous, et vous me suivez, les mécontents au placard ».

F BAYROU croit en une destinée qui le dépasse tout comme sa garde rapprochée qui fonctionne pour lui comme une écurie présidentielle. Soit, il nous faut un leader et il occupe la place. Mais en s’éloignant de Corinne LEPAGE,  qu’il toise comme une vulgaire servante de sa stratégie de conquête du pouvoir, il va à contre courant de la logique institutionnelle du Modem, c’est à dire l’unité des deux groupements UDF (le libéralisme démocratique républicain du XX siècle) et Cap 21 (la modernité de l’écologie du XXI siècle). Manifestement, l’écologie politique (nécessairement de gauche car résistante aux modalités de la croissance néolibérale, celle qui se dispense de régulation extérieure au marché),  n’est pas sa tasse de thé. Il est incommodé par la radicalité des verts, et la confrontation avec Daniel COHN BENDIT ( figure emblématique de Mai 68 et de la révolte estudiantine) le met hors de lui, et c’est le moins qu’on puisse dire à ce sujet.

Dans ces conditions, le rapprochement avec les mouvements de gauche, même s’il affirme être ouvert au dialogue, n’est pas à l’ordre du jour et les paroles fortes de ses discours sont à rapprocher davantage d’une nouvelle Droite, presque antinomique à celle de Nicolas SARKOZY qui manque du républicanisme qui sied aux chefs d’Etat. Au fond je garde l’impression finale que son opposition systématique à Nicolas SARKOZY s’apparente à une entreprise de séduction non pas de la gauche mais de la droite.  Il  gagne ainsi ses galons pour mériter de concurrencer aux prochaines présidentielles les Nicolas SARKOZY et autre Dominique STRAUSS KAHN.

Un seul message à ces prétendants, y compris à F BAYROU :

Le peuple n’a pas vocation à s’agenouiller. En fait, il a même été inventé pour dissuader les individus de la génuflexion. C’est le sens que je donne à mon engagement politique et à mon goût de la démocratie.


(*) NOTE D’ACTUALISATION du  19 mars 2010

Le  17 mars après la publication ce billet j’apprenais que Corinne LEPAGE quittait le MODEM . On savait  déjà que des tensions existaient depuis septembre 2009 quand elle avait été interdite de tribune au Congrés d’Arras. Pour les régionales, elle avait laissé entendre que des membres de Cap 21 avaient dans certaines régions préparé une  alliance de premier tour avec Europe Ecologie, notamment chez nous en Languedoc Roussillon mais aussi en Alsace, où une liste MODEM était représentée et où elle avait soutenu ostensiblement  Europe Ecologie. Ce qu’on savait moins c’est qu’une procédure disciplinaire était engagée contre elle  à ce sujet,  procédure qui pose le problème des choix stratégiques et de leur discussion contradictoire dans le  cadre statutaire,  et de la légitimité du recours au disciplinaire.  Selon l’entourage de BAYROU, elle allait être virée. “Plutôt minable , répliquait-elle,  le procédé qui consiste à me menacer de procédure alors que je soulève une question de stratégie politique majeure ». Mais  pour le fidèle LEHIDEUX, qui a perdu son mandat européen suite à la première déroute des européennes en juin 2009, c’est pas beau ce qu’elle a fait  : le soir du premier tour, le 14 mars, Corinne LEPAGE n’avait pas mâché ses mots devant les médias puisqu’elle avait attribué en effet l’échec du Modem à la stratégie générale de son Président F BAYROU et le lendemain  elle avait appelé à voter à gauche au second tour. Tout pour déplaire. L’honorable sénateur-maire d’Arras, Jean-Marie VANLERENBERGHE interpellait alors Corinne LEPAGE et réclamait sa démission de son mandat de députée européenne obtenu grâce au MODEM, il stigmatisait son attitude déloyale en des termes peu amènes.

Mais c’est quoi la déloyauté d’un membre fondateur ? est-ce que c’est comme la mauvaise foi d’un co-contractant qui n’exécute pas ses obligations ? Quelle est alors la réciprocité des obligations ? Autant de questions qui auraient mérité un vrai débat démocratique au lieu de se refugier, de façon mesquine, derrière le disciplinaire, un reflexe réactionnaire indigne d’un Mouvement démocrate . Le départ de Corinne LEPAGE aurait mérité un Congrés extraordinaire, une procédure de débats publics et une décision collective sur la ligne politique choisie.

(**)NOTE D’ACTUALISATION du  20 mars 2010

Pourquoi c’est Europe Ecologie qui fait figure de troisième voie, et d’alternative à la bipolarisation actuelle et pas le MODEM ? Après avoir agité sans succès, le binôme écologie-démocratie, Corinne LEPAGE, partisane très tôt d’une alliance avec le mouvement de Daniel COHN BENDIT, s’en va après la déroute attendue des régionales. Et coucou me re voilà c’est Jean Luc BENNAHMIAS qui va porter les couleurs  verte-orange, à la tête du nouveau mouvement ” Ecologie et démocratie : un slogan déjà entendu et habilement utilisé  comme en tête de son site de think tanks.“Corinne LEPAGE aurait du démissionner plus tôt” , dit -il, propos récupérateurs qui ne sauraient surprendre de la part d’un opportuniste qui sait aussi se montrer d’un cynisme  politique étonnant«Le parti est un tremplin pour la présidentielle. Ceux qui pensaient le contraire n’ont rien compris»

Vive Bennahmias il a tout compris, serait-il présidentiable pour les écologistes ?

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DAVOS 27 janvier 2009
Sarkozy veut réformer le capitalisme financier et
remettre le capitalisme au service de l’homme.

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Invité à faire le discours d’ouverture au 40 ième Forum  économique mondial qui se tenait à Davos en SUISSE, sur le capitalisme post-crise, N. SARKOZY a enfourché un thème qu’il a déjà abordé  ( discours de Toulon septembre 2008), celui  de la moralisation du capitalisme “dénaturé par le capitalisme financier “.

Haro sur les banquiers spéculateurs, devant  le  gotha mondial de la politique et des affaires N. SARKOZY n’hésite pas à faire la leçon  :  ” le métier de banquier n’est pas de spéculer (…), c’est de financer le développement de l’économie». Il fustige “ la crise du capitalisme de la  mondialisation qui a engendré un monde où tout était donné au capitalisme financier, presque rien au travail, où l’entrepreneur passait après le spéculateur». Il s’en prend , tel un gauchiste soixant’huitard qu’il n’est pas, aux profits excessifs , à la monnaie qui dérappe, aux normes comptables et autres indicateurs de richesse qui occultent “la dureté de vie des citoyens”

La perspective d’une ” réforme du système monétaire international” l’anime et il prend date lorsqu’en 2011 la France présidera le G8 et le G20: il manifeste son mécontentement de voir cette nouvelle gouvernance économique mondiale ne pas tenir ses  promesses notamment celles du sommet de Pittsburgh de septembre 2009. ” C’est bien de prendre des décisions, encore faut-il qu’elles soient mises en oeuvre .” et d’expliquer  ” si trop de  règles tue le dynamisme, l’absence de règles tue le capitalisme” La régulation est urgente et il est d’accord sur ce point avec le Président OBAMA .

D’ici là, point de propositions concrètes mais  il aurait tort de ne pas s’inspirer du petit livre orange du MODEM que François  BAYROU lui a sans doute offert  à l’occasion de son anniversaire . On ne peut pas expliquer autrement le fait que Nicolas SARKOZY reprenne la ligne politique du chef du MOUVEMENT DEMOCRATE  et son projet humaniste .

” Comment remettre l’économie au service de l’homme ? s’est exclamé le Président SARKOZY à Davos ,et il  poursuit  : “ c’est la question du XXI siècle” , c’est d’ailleurs la question que François BAYROU a posé bien avant lui en y apportant des réponses concrètes et  prés de 216 propositions élaborées et discutées en Congrès avec les militants.

SARKOZY si prompt à critiquer les droitsdelhommistes, serait -il converti à l’humanisme bayrouiste citoyen . On pourrait facilement le croire  à entendre le chef de l’Etat après sa diatribe  sur les banquiers et leurs excès, conclure aux vertus de la citoyenneté . Ecoutons le :

le citoyen n’est pas une catégorie à part …c’est chacun d’entre nous…la citoyenneté semblait se dissoudre dans le marché mondial La citoyenneté s’est ressourcée dans l’épreuve de la crise . Peut- être que ce citoyen plus lucide , plus réaliste, plus exigeant, nous conduira à nous sentir plus heureux de ce que nous sommes »

Ce n’est plus de l’ouverture c’est du pillage intellectuel.

Le sourire malicieux et l’air menaçant, Nicolas SARKOZY prévient l’assistance composée pour l’essentiel de patrons de multinationales et responsables d’établissements financiers “le monde de demain devra compter avec les citoyens “

Que veut-il dire ?


Serait-il prêt à lancer un mouvement de boycott des banques si celles-ci n’obtempéraient pas à l’injonction d’ une nécessaire régulation, seule capable de sauver le capitalisme ?

On peut toujours rêver .

ICI le site de l’Elysée où on retrouvera la vidéo et le discours intégral … à vous de juger, sur le fond tout y est pour alimenter un débat sur la question récurrente du politique et de haute finance au service des interets privés.

Toutes et tous ISLANDAIS(E)S

La revanche d’un peuple contre les excès de la Finance ( VOIR VIDEO BFM TV du 6/01/2010)

vote_urne01Le parlement islandais a adopté dans la nuit du 30 au 31 décembre 2009,  la loi ICESAVE, qui vise à rembourser les 3,8 milliards d’euros avancés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas pour indemniser leurs citoyens lésés après la faillite de la banque en ligne islandaise ICESAVE

320.000 clients britanniques et néerlandais de la banque en ligne avaient perdu leurs économies lors de la nationalisation « sauvetage » de la maison mère.

60.000 Islandais, soit un quart de l’électorat, se sont élevés contre cette loi et ont exhorté leur président, Olafur Ragnar GRIMSSON , à ne pas ratifier le texte.

Les termes de l’accord étaient en effet que  les contribuables islandais devraient verser 2,3 milliards de livres sterling au Royaume-Uni (2,5 milliards d’euros) et 1,3 milliard d’euros aux Pays-Bas, soit, au total, 40 % du produit intérieur brut (PIB) de 2009, ou la somme de 11 000 euros par citoyen. Alors que l’Islande connaît actuellement une période extrêmement difficile au plan économique et financier

La colère des islandais est donc compréhensible.

Mr GRIMSSON assure que l’Islande ” reconnaît pleinement ses engagements et sa responsabilité à payer”. Mais il conteste la loi Icesave qui “concerne seulement la méthode, la forme et les conditions” de ce paiement

Sanctions et menace ne se sont pas faits attendre :

-       Les agences de notation ont dégradé la note des dettes de l’Islande

-       L’Islande a demandé son entrée dans l’UE : les portes pourraient bien rester fermées.

-       Les aides financières promises pourraient aussi attendre (FMI…)

-       La grande Bretagne a bien l’intention de défendre les économies de ses ressortissants et l’a annoncé.

Malgré les menaces externes et internes ( la premier ministre de gauche a menacé de démissionner du gouvernement) , le Président a annoncé le référendum pour le mois de *Février. ( * on apprend que la date est fixée au 6 mars )

Si les islandais ne se laissent pas impressionner, il semble exister de fortes chances pour qu’ils refusent, avec ce référendum, de payer pour les erreurs des banquiers.

Un précédent démocratique où l’on verrait enfin :

-       un peuple dire courageusement « non » à un système qui l’écrase.

-       un peuple montrer aux gouvernements (« nos responsables politiques ») comment on doit s’y prendre pour faire de la politique

-       le politique reprendre sa place centrale et organisatrice en prenant la main sur  le financier et l’économique

Merci aux Islandais(e)s de nous faire rêver à la démocratie. !!!

Lesailes . 16 / 01/ 10

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La République restaurée par F BAYROU
( voeux du nouvel an)

Voeux 13/01/10

BAYROU VOEUXAprès un premier message à l’orée de la nouvelle aneF BAYROU en présentant ses vœux à la presse le 13 janvier 2010, au siège du Mouvement démocrate, a voulu faire partager sa conviction  « qu’il existe une autre politique » que celle menée par le Président de la République, dont le nom n’a pas été évoqué une seule fois, comme pour marquer davantage son opposition au système.

Cette autre politique serait, selon notre analyse du discours de François, BAYROU,  celle d’une République restaurée, dont il définit les caractéristiques.

- Restaurer la confiance : «  se fixer pour règle de faire ce que l’on dit » et non pas son contraire. En filigrane on perçoit un coup de patte à, sans le nommer,  Nicolas SARKOZY qui a fait la promesse entre autres, de ne pas créer d’impôts et ne cesse de cautionner des prélèvements supplémentaires.

- Restaurer une fiscalité équitable face aux efforts à faire demain pour sortir de la crise. Il s’agit de « favoriser l’activité » et « réformer en profondeur….niches fiscales, bouclier fiscal, ISF, évasions fiscales »

- Restaurer la Nation et l’idée de la France, l’idéal républicain et la francophonie

- Restaurer la priorité du lien social

>avec  « un plan de relocalisation de la production » face à l’hémorragie continue de la production en France, hémorragie industrielle et agricole, et ce au détriment des emploi

>avec « un plan de réévaluation de l’école et de ses résultats ». Les valeurs républicaines de l’école, notamment l’école publique, consistent à stopper le mouvement allant dans le sens inverse : «  baisse continue des moyens humains, dévalorisation du recrutement, destruction des concours, études payantes généralisées et cours particuliers ( pour les plus riches), quotas boursiers ».

- Restaurer le sens de l’équilibre , l’équilibre de la planète terre et la lutte contre le réchauffement climatique, l’équilibre des finances publiques et la lutte contre le déficit public, l’équilibre intra générationnelle et la question des retraites.

- Restaurer la valeur démocratie « comme valeur fondatrice et non pas seulement comme une recette » ce qui signifie refuser « que l’on manipule les citoyens », comme par exemple en réformant les institutions, sans «clarification de ce que sera la loi électorale » (réforme des départements en métropole et hors métropole ).

Ainsi F BAYROU appelle de ses vœux une République restaurée qui soit le réceptacle d’une « démocratie humaniste » plus avancée, plus respectable Pour y parvenir, l’autre politique, la politique alternative, la troisième voie qu’il préconise passe, selon ses termes, par la mobilisation « des forces démocratiques qui montreront le chemin. »

Quel chemin si les forces économiques, si le monde de la finance ne sont pas convaincus de la relocalisation indispensable de la production comme le suggère F BAYROU ?

Retrouvez le texte integral  et la vidéo ICI

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Le “nom” phonétique ou pas
de Philippe SEGUIN
évoque un homme libre

seguin2cdcExtrait de l’hommage rendu par le Président de la République à Philippe SEGUIN , Président de la Cour des Comptes , décédé dans la nuit du 6 au 7 janvier  2010 d’une crise cardiaque à l’âge de   66 ans

Philippe Seguin n’était pas homme à transiger avec ses convictions. Chacun a en mémoire son combat homérique lors de la campagne du référendum sur le Traité de Maastricht où il déploya ses remarquables capacités d’orateur pour défendre sa vision de la souveraineté du peuple français.”

Vous retrouverez ICI l’intervention de Philippe SEGUIN le 5 mai 1992 devant l’assemblée nationale pour expliquer son “non” au Traité de Maastricht .C’est à la force de ses convictions qu’on reconnaît un homme libre,  et même si nous ne partageons pas son anti-fédéralisme de l’époque,   Philippe SEGUIN est un   exemple à suivre , il savait argumenter à contre courant .

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SOUTIEN à Marc DUFOUR
et à Dominique CANU
primaires Languedoc-Roussillon

marc-dufourjpgA tous les adhérents du MODEM30 de la part du collectif de soutien à la candidature de Marc DUFOUR et Dominique CANU comme têtes de liste aux régionales LR

L’année 2010 est l’année des élections régionales, elle doit nous conduire à la victoire de ceux parmi nous qui aspirent aux responsabilités.

Marc Dufour Président du mouvement départemental de l’Hérault et Dominique Canu, conseillère départementale dans le Gard ont décidé de défendre les couleurs du Mouvement démocrate à l’occasion de ces élections intermédiaires dont l’enjeu est important qui se dérouleront au mois de mars 2010. Ils ont choisi mettre en œuvre au plan régional la « démocratie humaniste » prônée par le Mouvement démocrate et chère à F BAYROU, un programme beaucoup plus ambitieux qu’il n’y parait, qui nécessite transparence et indépendance.

LA TRANSPARENCE :

Tout le monde connaît le parler franc de Marc DUFOUR. A un journaliste il rappelle que le Parti socialiste est à la tête de la quasi totalité des régions comme c’est le cas en Languedoc Roussillon et que F BAYROU est prêt à s’allier à la gauche et avec d’autres pour s’opposer à Nicolas SARKOZY. Si donc  le Modem arrive au deuxième tour dans sa région, Marc DUFOUR sera favorable à une alliance avec le Parti socialiste. La réaction de ceux  qui sont allergiques  au PS et à celui qui le représente localement, Georges FRECHE, ne s’est pas fait attendre.

Le débat est donc engagé et des primaires ont été décidées dans notre région sous l’égide de F BAYROU.

En face de Marc DUFOUR se présente un nommé Patrice DREVET, ni modem, ni vert, ni europe écologie,  étiqueté divers droite pour ses préférences sarkozyennes  et anti corrida pour son gout en faveur de la protection des animaux, et derrière lui les opposants à l’alliance avec la gauche qui prônent une « stratégie de l’autonomie ».

Belle autonomie que d’être représenté par une personne qui ne cotise même pas pour le MODEM . Spectacle surréaliste pour notre ami Marc DUFOUR qui a donné son temps et son argent pour que vive le Mouvement démocrate, le parti du XXI ième siècle .

L’ INDEPENDANCE

Contrairement aux amis de M. Patrice DREVET, nous pensons que dans le monde d’interdépendances en tous genres que nous connaissons, l’indépendance ne se réduit pas à une stratégie de l’autonomie. L’ indépendance c’est l’ouverture sur les autres et non le repli sur soi, l’indépendance c’est la gestion des interdépendances .

Et nous pensons que mieux que tous les autres, Marc DUFOUR et Dominique CANU sauront s’acquitter de cette tâche qui donne tout son sens à l’action politique duMODEM, en dehors des mesquineries politiciennes. Tous deux affichent une compétence précieuse en matière économique et financière.

Marc DUFOUR, ingénieur, chef d’entreprise,  exerce aujourd’hui  sein de la municipalité de Montpellier des fonctions de premier plan en tant que Maire adjoint, en charge du commerce et du développement économique. Dominique CANU, quant à elle, officie comme Directrice financière au sein de  Chambres de Commerce  du Gard ayant compétence de développement economique

Cette compétence professionnelle sera le socle de leur indépendance

Mais il  est vrai aussi que l’indépendance c’est aussi une question de caractère, Marc et Dominique n’en manquent pas  c’est pourquoi nous leur faisons confiance.

Nos ambitions régionales vont vers le MODEM et non des individualités qui n’en font pas partie. Avec l’aide de tous les militants du LANGUEDOC ROUSSILLON, sans exclusive, Marc DUFOUR et Dominique CANU sont capables de faire passer le message démocrate, celui d’un autre modèle de société, plus humaniste auquel nous aspirons tous.  En parrainant le binôme exclusivement Modem  DUFOUR -CANU, nous  ferons  le bon choix pour l’avenir de notre Mouvement et pour l’avenir de notre région Languedoc Roussillon.

Fait à Nîmes le 4/01/09

Le COLLECTIF de SOUTIEN  à Marc DUFOUR et Dominique CANU

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VOEUX 2010 : F. BAYROU
Mouvement Démocrate

bayroucongresarras1En formulant ses vœux de nouvel an F BAYROU a voulu aller à l’essentiel : il exprime

en premier lieu le voeu « que toutes les décisions (des responsables politiques) prennent en compte les enfants et leur avenir ».

Responsabilité vis à vis des générations futures. F. Bayrou serait-il  d’accord avec la décision de mettre un terme à la circulation et la vente des armes qui alimentent les guerres et mettent en scène  le meurtre des jeunes générations du monde qui en payent le tribu ? et que compte-t-il faire après l’échec de Copenhague ?

en second lieu, le voeu que les citoyens soient solidaires, « la solidarité » étant « la vertu la plus importante  quand on voit de quoi la vie est faite »

Solidarité. F. Bayrou serait-il  d’accord pour que la solidarité commence par la suppression des paradis fiscaux, l’interdiction des niches fiscales, la lutte contre les évasions fiscales, la corruption, les économies souterraines et les clans mafieux, enfin la taxation des superprofits, ? On dit que demain le prochain challenge sera d’éponger la dette publique, ne serait-il pas équitable de désendetter les particuliers particulièrement accablés par la crise avant d’augmenter leurs impôts ?

enfin,il exprime  un dernier  voeu , que les citoyens «… quand on voit comment le monde va » retrouvent « l’optimisme » et placent  « l’espoir  dans une autre politique, qui fait de la France et de l’Europe un moule* de résistance… »

Un autre monde possible. F. Bayrou serait-il  d’accord pour définir un autre modèle de société, un modèle dans lequel la richesse ne serait pas celle qui appauvrit, qui pollue, qui divise, qui détruit  et qui avilit, bref une autre logique que celle des diktats du capitalisme économique, du marché mondial, de la haute Finance  et du monde des affaires débridées des contraintes politiques?

Tels sont en tous cas les vœux que je formule en tant que militant du Mouvement démocrate au soutien de son projet humaniste.

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Le papa Noël des partis politiques

Montesquieu

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Eh oui, les cadeaux ne sont pas faits que pour les enfants. Prenons le cas des  partis politiques. l’Etat les finance, il leur fait des cadeaux à sa façon: directement par l’octroi d’une aide publique budgétaire (coté pognon) et indirectement  par une ristourne fiscale accordée aux donateurs et cotisants (coté piston). En effet « le montant de l’aide publique affecté au financement des partis politiques est inscrit dans le projet de lois de finances et fait l’objet d’une répartition par décret, il est divisé en deux fractions. Une première fraction est destinée au financement du parti politique en fonction des résultats (le nombre de voix) obtenus aux élections  à l’Assemblée nationale, une seconde fraction est  destinée au financement des partis et groupements représentés au Parlement.”

Comme chaque année, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, instituée  pour assurer le contrôle de la transparence financière de la vie politique ( loi 88-227 du 11 mars 1988) a fait son rapport pour l’exercice 2008. Le lecteur y trouvera toutes les données chiffrées et commentaires publiés au Journal Officiel authentifié du 19 décembre 2009.  en cliquant ICI vous tombez sur le moteur de recherches, appelez le  JO recherché,  voir fin du sommaire  du JO cliquez à publication )

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Commission ( CNPPCF) n’est pas le « juge des comptes » des partis politiques : elle n’a pas accès aux pièces justificatives, cette tâche est dévolue  aux commissaires aux comptes qui doivent certifier les comptes déposés par les partis politiques. Ceux ci sont assujettis à des règles comptables dont la commission assure le respect : elle  valide la certification des comptes à posteriori. Il conviendrait de s’en inspirer à tous les échelons, aussi à l’échelon du mouvement départemental même s’il ne jouit pas de la personnalité juridique.

Selon son rapport, les dépenses des partis politiques en 2008 s’élevaient à 177 millions d’euros (année des municipales et cantonales menées à l’économie) contre  259 millions en 2007 (année des présidentielles et législatives beaucoup plus couteuses ). Les dépenses ont donc baissé de 2007 à 2008 d’environ 30%, et cette baisse concerne tous les partis politiques à l’exception du MODEM et du Nouveau Centre qui se sont constitués sur la mue de l’UDF.

La Commission a listé une douzaine de partis politiques dont 6 concentrent à eux seuls plus de 80% des dépenses à savoir, le PS, l’UMP, le PCF, le FN, le MoDem, les Verts : elle dresse des tableaux comparatifs qui renseignent sur leur évolution financière .

On apprend qu’en 2008 l’aide publique a  représenté 42% en moyenne des recettes totales des partis politiques.(*)

(*)les autres recettes se répartissent entre cotisations, contributions des élus, dons, autres recettes qui incluent l’excédent des comptes de campagne, les contributions d’autres formations  politiques, les produits de manifestations et colloques, produits d’exploitation, produits financiers, produits exceptionnels, et reprise sur provisions et amortissementsOn nous dit, dans le Gard, que les cotisations des adhérents au MODEM n’ont pas été reversées depuis deux ans au Mouvement départemental contrairement à ce que prévoient les statuts …à régulariser sans doute !!!

Le montant de l’aide publique directe accordée au MODEM (4 024 000 euros) est le troisième plus important après celui de l’UMP ( 34 484 000 euros) et le PS ( 22 702 000 euros). Le taux de financement du MODEM par l’argent public est le plus fort de tous les partis politiques, il atteint 72% de ses recettes, alors que ce taux est de 66% pour l’UMP et 38% pour le PS.(*)

(*)Le taux de financement du MODEM par ses cotisations  reste équivalent à la moyenne des tous les autres  partis soit autour de 15% de ses recettes qui représentent une somme de 944 323 euros ( 1/5 du total) Le taux de financement du MODEM par les contributions de ses élus reste faible : avec un montant de 74 264 euros sur le total des recettes, il arrive en 8 ième position.

Le papa Noël  contribue donc pour une grande partie au fonctionnement du MODEM : l’écart financier qui le sépare des partis de gouvernement (UMP, PS) rend difficile une augmentation de sa représentativité auprès de l’électorat (difficulté qu’il aura pour financer les campagnes électorales à venir et difficulté de dépasser le taux moyen de financement par les cotisations , fixé à 15 % pour l’ensemble des 12 partis politiques les plus importants.

La commission  estime, bien que ne disposant pas de chiffres précis à cet égard que le financement public indirect  ( avantages fiscaux) représente la moitié jusqu’au 2/3 de l’aide  publique directe (71 770 018 euros) : on peut donc évaluer approximativement  la part contributive de l’Etat au fonctionnement de la démocratie par l’intermédiaire des partis politiques  à un montant d’environ  100 millions d’euros

Certains diront que le papa Noêl n’est pas assez généreux pour la démocratie, d’autres que c’est bien suffisant pour jouer à la guéguerre électorale.

Quoiqu’il en soit tous ces chiffres mériteraient d’être rapprochés des autre aides  publiques au fonctionnement de la démocratie, à comparer notamment  avec les 6OO millions du plan de relance de la presse écrite décidée par N SARKOZY en janvier 2009 .

En conclusion il n’est pas inutile de se reporter à la définition des partis politiques, piliers de la vie démocratique et   à l’article 4 de la Constitution selon lequel « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage » « La loi garantit… la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

Le père Noël   … pourrait mieux faire !!!   … En tous cas, Bonne année électorale  au MODEM

Classement selon le taux de  l’aide publique directe accordée pour chaque parti politique d’aprés les données du rapport de la CNPPCF

1. Le Mouvement Démocrate 72%

4 058 000  d’euros financés par l’Etat soit 72 % des recettes totales d’un montant de 5 619 000  d’euros

2. L’ UMP 66%

34 484 000 d’euros financés par l’Etat soit 66% des recettes totales d’un montant de 52 108 000  d’euros

3. Le Mouvement pour la France 53%

863 000 euros financés par l’Etat soit 53% des recettes totales d’un montant de 1 612 000  euros.

4.    Le Parti radical de gauche 52%

1 081 000 euros financés par l’Etat soit  52% des recettes totales d’un montant de 2 047 000 euros

6.    Le Front national 47%

1 833 000 euros financés par l’Etat soit  47 % des recettes totales d’un montant de 3 854 000 euros.

7.   Le PS 38 %

22 702 000 euros financés par l’Etat soit  38 % des recettes totales d’un montant de 59 186 000 euros

8.   Les Verts 36 %

1 838 000  euros financés par l’Etat soit  36 % des recettes totales d’un montant de 5 166 000 euros

9.     La Ligue communiste révolutionnaire 32 %

894 000 euros financés par l’Etat soit 32 % des recettes totales d’un montant de 2 736 000 euros.

10.   Le PC  11 %

3 653 000 euros financés par l’Etat soit 11 % des recettes totales d’un montant de 31 559 000 euros.

11.    Lutte ouvrière 10 %

665 000 euros financés par l’Etat soit 10 % des recettes totales d’un montant de 3 629 000 euros.

12.    Le Nouveau Centre

avec des recettes totales de  1 517 000 millions sans financement public au titre du NC , mais financé au titre du rattachement de ses 23 parlementaires au parti polynésien Fétia Ati qui n’en comptait pas et auquel est alloué une aide publique de  1 024 000 euros(*)

Cet article est publié sur le site d’origine   http://christian.nannini.free.fr/ou MOnpostDEMocrate.eu

Un Lord anglais vous parle

« le rôle d’un régulateur n’est pas de contrôler les rémunérations des banquiers, on peut exercer une pression morale, on peut exiger une augmentation de capitaux , mais à long terme, c’est au gouvernement d’agir via la taxation des bénéfices ou le durcissement de la législation de la concurrence »

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C’est Lord Turner, le Président de la Financial Service Authorithy ( FSA), le gendarme des marchés britanniques , le régulateur des établissements financiers qui s’exprime ainsi lors d’un entretien accordé au journal Le Monde (LM 08/12/09) . Il prend à contre pied l’establishment financier de la City, la deuxième place boursière après Wall Street, au moment où précisément les seigneurs de la Finance londonienne s’excitent sur la nomination de Michel BARBIER : le nouveau commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers. Une façon de manifester leur hostilité aux idées de régulation auxquelles semble acquise la politique économique française. Ils ne s’attendaient certainement pas à ce que le président de leur propre autorité de régulation financière  déclare être favorable à un encadrement des banques et vienne à la rescousse du français. C’est pourtant ce qu’a fait Lord Turner qui prône dans la situation actuelle un interventionnisme politique accru afin de préserver l’avenir .

Qui est Lord Turner ? Un homme immergé sa vie durant dans le monde de l’économie et de la haute finance  et sa carrière professionnelle le prouve

( diplômé de Cambridge 1978, consultant chez Mckinsey1982 , patron des patrons de l’Industrie1995, vice président de Merrill Lynch de 1999-2006, membre de la Chambre des lords en 2005, Président de la FSA 2008 ).Il soutient l’idée « de l’imposition d’une taxe Tobin sur les transactions financières » malgré les vents contraires américains.

Connu pour sa forte personnalité, quelque peu éclectique, surdoué  il se voudrait  « par tempérament et éthique  au centre » . Gordon Brown le premier ministre britannique qui l’a nommé à la tête de la FSA où il entrera en fonctions à compter de l’automne 2008.

Sa vision des choses, celle  qui justifierait le choix de l’interventionnisme  politique semble s’articuler sur deux propositions

-       La première : le laisser aller et le laisser faire ( en matière d’économie de marché) n’est pas ou plus réaliste .

-       La seconde : la connivence ( des pouvoirs politique et économique) est condamnable.

Puisque les banquiers agissent comme si la crise n’avait jamais existé, ou comme s’ils ne devaient pas leur survie au renflouement des banques par les contribuables ( 75 Milliards de livres au profit de la Royal Bank of Scotland , Lloyds et Hallifax, la Bank of Scotland mais 850 miliards tout compris pour sauver la City) le recours à la surtaxe des bonus des banquiers devient légitime au pays du libéralisme financier , ce à quoi se prépare le gouvernement de Gordon Brown en promettant d’alourdir les impôts des plus riches ( LM 9/12/09)

Un seul « hic » cependant : tout comme son homologue Ben Bernanke , président de la banque centrale américaine, Lord Turner se défausse en parlant de la crise des subprimes «  j’étais au cœur du système financier et je n’ai rien vu venir » .On peut en douter car à voir la vitesse avec laquelle les gouvernements ont réagi lorsque la bulle financière a éclaté, tout s’est passé comme si la récession etait anticipée et la crise attendue

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