avril, 2009

TCHERNOBYL, MON AMOUR!

Le 26 avril 1986, un des réacteurs de la Centrale nucléaire de Tchernobyl explosait engendrant une catastrophe humaine et écologique dont c’est le 23e anniversaire : un des accidents nucléaires le plus grave de notre histoire survenu sur le territoire de l’ex Union Soviétique en Ukraine, une petite république socialiste qui, au lendemain de la chute du mur de Berlin, a déclaré son indépendance et se porte candidate aujourd’hui pour entrer dans l’Union Européenne.

Le sarcophage de béton édifié dans l’urgence autour du réacteur défectueux a vieilli. L’édifice menace de s’effondrer et de ne plus assurer le confinement à 100% des substances radioactives qu’il contient. Deux entreprises françaises Vinci et Bouygues sont responsables des travaux de consolidation qui seront en principe terminés vers 2012, à moins que la centrale nous éclate en pleine gueule d’ici là.

Avec la candidature de l’Ukraine, l’Europe hérite aussi de cette plaie béante du danger nucléaire, et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Avoir Tchernobyl sous nos yeux et notre responsabilité pourrait freiner quelque peu la convergence actuelle vers un recours de plus en plus massif et programmé à l’énergie nucléaire.

Nous entendons l’économiste britannique Nicholas STERN, 63 ans, mondialement connu, surnommé le Lord Vert, une sorte de maître à penser des écologistes. Il a étudié les conséquences économiques du réchauffement climatique planétaire. Ses analyses sont pessimistes comme en attestent ses publications sur la question (son rapport en octobre 2006 sur l’économie du changement climatique, son livre paru cette année intitulé « The Global Deal : Climate Change and the Creation of a New Era of Progress and Prosperity –PublicAffairs.) Il est partisan de l’effort maximum pour lutter contre ce phénomène : le 2% du PIB que les pays riches acceptent d’y consacrer, est insuffisant selon lui, ce qui lui vaut des critiques acerbes de la part de ses collègues plus conservateurs ; mais sa réputation mondiale lui permet de défendre un modèle de développement plus durable qui s’appuie sur le constat que « nous sommes la génération qui a le pouvoir de détruire la planète ».

Alors quelle place pour l’énergie nucléaire ?

Nous entendons alors Nicolas SARKOZY, élu Président de la République française en 2007, surnommé « le petit Napoléon » et fier que notre pays possède le deuxième réseau mondial de réacteurs nucléaires (après les USA) , ainsi qu’un des fleurons de l’industrie nucléaire mondiale à savoir l’entreprise AREVA , dirigée par Mme Anne LAUVERGEON.

« L’ère du pétrole bon marché, c’est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d’avenir et une énergie indispensable ». Le recours à l’énergie nucléaire, comme ses conseillers le préconisent, faciliterait aussi la lutte contre le gaz CO2 à effet de serre et contre la consommation des énergies fossiles à l’origine du réchauffement climatique.

Quid alors des déchets nucléaires radioactifs produits par nos centrales atomiques, quid du démantèlement des anciennes et du remplacement d’anciens réacteurs par de nouveaux réacteurs plus performants ?

Alors on repense à Tchernobyl, à ces hommes sacrifiés au nettoiement du site lors de la catastrophe, à tous ceux qui sont morts et continuent de mourir dans les zones irradiées, au lobbying nucléaire, à la morgue politique de ceux qui veulent décider seuls des programmes électronucléaires, les mêmes que ceux qui avaient décidé à l’époque d’arrêter le nuage radioactif de Tchernobyl à nos frontières en chassant la vérité au nom d’un gros mensonge d’Etat : François MITTERAND Président socialiste de la République , Jacques CHIRAC premier ministre de droite et son gouvernement, le ministre de l’intérieur Charles PASQUA (je le cite « la liberté s’arrête où commence la raison d’Etat »), le ministre de l’environnement Alain CARIGNON ( un des premiers à avoir été incarcéré pour des actes de déloyauté dans la conduite des affaires publiques), le ministre de l’industrie et de la recherche Alain MADELIN (chantre du libéralisme capitaliste absolu) la ministre de la santé Michele BARZAC, le ministre de l’agriculture François GUILLAUME.

J’aime le souvenir de Tchernobyl, il m’apprend à rester éveillé, il m’apprend que l’énergie nucléaire est un patrimoine mondial, qu’il est impossible d’envisager une quelconque politique sur cette question, si l’on accepte pas la nécessité d’y répondre collectivement à l’échelon planétaire, il m’apprend à penser à l’humanité en danger et à la responsabilité collective qui s’y attache, il m’apprend à honnir la désinvolture et le mensonge d’Etat. .

christian nannini  VPmodem30

MON BLOG POLITIQUE      http://christian.nannini.free.fr/?cat=6

Elections européennes le discours de FB 290309 à l’envers ça marche toujours

Discours à l’envers de F.BAYROU, ça marche !

 François Bayrou a clos la convention sur le projet européen du Mouvement Démocrate qui se tenait le dimanche 29 mars à la Maison de la Chimie à Paris, par un discours dont vous retrouvez l’intégralité ici

http://www.mouvementdemocrate.fr/evenements/conventions-europeennes-2009/convention-thematique-europe-crise-

 J’ai imaginé vous en livrer la synthèse en partant de la fin et en remontant le fil jusqu’à son début sans savoir si j’allais réussir à trouver la même cohérence ou une autre, à vous d’en juger, voici le résultat agrémenté de quelques digressions, ici ou là.

 

L’Europe n’est pas faite pour écraser les pays pauvres

 « Nous avons été nuls » diagnostic sans concession de F BAYROU qui précise « tous les pays et notamment tous les pays européens, nous avons été gravement absents et irresponsables, en matière de développement des pays qui sont, dans le monde, les plus pauvres » et il nous demande de réfléchir « à l’idée qui a été celle dont nous avons, nous, pays européens, bénéficié après la guerre, qui était d’avoir un marché commun protégé pour pouvoir redresser notre agriculture et notre industrie sans avoir à dépendre des autres »

Il nous invite à penser « cette idée de modèle de marché protégé en faveur des pays des zones les plus pauvres de la planète et, notamment, le monde africain… »

 F. BAYROU a de quoi s’inquiéter, car selon lui, « le colonialisme n’appartient pas au passé »,  ce qu’il propose  « c’est naturellement un renversement du modèle qu’on a suivi jusqu’à maintenant… »

 Il conclut «  le monde sera jugé aux pays qui sont dans la situation la plus fragile…et les futurs gouvernants européens, en particulier, à leur projet en matière de développement »

 

L’Europe n’est pas faite pour écraser les identités

 « L’Europe est une chance pour les identités, les identités culturelles, les modes de vie, la participation des citoyens aux décisions qui les concernent, de proximité »

 

L’Europe n’est pas faite pour écraser les citoyens  

 « Nous sommes pour l’Europe des citoyens » et « nous n’économiserons aucun de nos efforts dans les années qui viennent pour que toute décision européenne soit offerte à la connaissance, à la compréhension, à l’information des citoyens, avant qu’elle ne soit prise… », « …nous allons nous battre pour que l’on ne puisse plus, sauf urgence, prendre de décision européenne sans qu’elle ait été annoncée trois mois à l’avance aux citoyens, afin que ces derniers aient leur mot à dire dans cette affaire. »

 

L’Europe n’est pas faite pour rester silencieuse

A l’heure de l’élargissement de l’Europe, de l’Europe des 27, pour peser dans les débats du monde , « pour être capable de s’exprimer dans les débats universels » il est besoin «  d’une avant garde  et cette avant-garde ne peut être que celle des pays de la zone euro, des 16 pays qui ont l’Euro en partage » 

 

 L’Europe est faite pour défendre un modèle social européen 

 « Nous voulons que l’Europe ait un modèle social et qu’elle le défende, qu’elle ait des valeurs et qu’elle les défende, qu’elle ait une culture et qu’elle la défende, qu’elle ait même des valeurs spirituelles ou philosophiques, car nous considérons que c’est cela qui fait la valeur d’un projet de société. Et nous ne retrouvons pas cela chez M. BARROSO » F BAYROU dénonce alors la collusion entre le PPE, (parti populaire européen conservateur) et le PSE (parti socialiste européen) pour la réélection de M BARROSO comme Président de la Commission européenne (un responsable européen dont l’ultralibéralisme a été critiqué, tout comme son attentisme dans la crise actuelle.)

 

L’Europe est faite pour combattre la crise

 « qu’est-ce que nous pouvons proposer comme réponse à la crise ? » F BAYROU y répond par trois types d’action

 - Eradiquer les paradis fiscaux en interdisant le commerce avec les entreprises qui s’y réfugient et qui pratiquent l’opacité financière et l’évasion fiscale.

 - Exiger au plan mondial, une meilleure organisation des marchés à termes de nature à faire obstacle ou limiter la spéculation notamment sur les matières premières, très préjudiciables aux pays dont ce sont les seules ressources.

 - Créer une monnaie mondiale, une monnaie de réserve autre que le dollar qui place les pays, depuis l’abandon de l’étalon or,  dans une dépendance économique et financière vis à vis des Etats-Unis  « qui utilisent leur monnaie pour s’endetter »  (sur le dos des autres ) On sait aujourd’hui que les dirigeants des principales puissances mondiales (pays occidentaux du G7: Etats Unis, Japon,  Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie plus les pays émergents : Chine, Inde, Brésil…sauf l’Afrique) ont esquissé des nouvelles règles au capitalisme mondial. Cependant la création d’une monnaie internationale  de référence revendiquée par la Chine, n’est pas pour demain. F .BAYROU est convaincu que cette idée est « une idée de progrès et de sécurité, qui met du stable dans l’instable…qui permettra au monde de n’être plus dépendant d’une monnaie, de ses fluctuations, et de ses aventures d’une société particulière, d’un pays particulier, d’une politique particulière. » celle des Etats Unis et de ses gouvernants.

 

L’ Europe est faite pour défendre l’humanisme comme alternative au capitalisme

 L’humanisme que F BAYROU revendique comme modèle de société et qui s’oppose au système capitaliste est une idéologie qu’il se propose de défendre sans concession « de manière radicale » Que veut-il dire par cette expression ? son discours se radicaliserait-il ? Ecoutons le répondre.

« Je voudrais, dit-il,  vous mettre en garde sur ce point. Il n’est pas vrai que l’humanisme soit un mot passe-partout. Il n’est pas vrai que l’humanisme soit un mot « gentil ». L’humanisme, c’est un modèle, parce qu’il faut être dur pour faire la guerre à l’argent qui veut dominer tout ! Il faut être dur pour faire la guerre à ceux qui veulent confisquer la décision dans une société démocratique. »

 - Au plan économique, « …nos concitoyens… acceptent comme nous l’acceptons, …que le meilleur moyen de faire de l’économie, c’est la libre entreprise. »

A partir de trois exemples tirés de l’actualité F BAYROU va s’employer à démontrer en quoi l’humanisme comme projet politique recadre la finance et l’économie au service de l’homme et pas l’inverse.

 1. la question des stocks –options : 

« ce système consiste à dire aux managers d’entreprise « vous serez payés, vous aurez des gratifications incommensurables sur un seul critère : la valeur de l’action de votre entreprise , autrement dit uniquement le cours de l’action de leur entreprise…toute décision est bonne à prendre si elle est bonne pour l’action boursière …on détourne l’attention des managers de la destinée de l’entreprise, pour une autre destinée, celle des possesseurs d’actions commercialisées en bourse »

Aucune conscience de l’entreprise, de sa valeur, de la performance humaine c’est pourquoi F. BAYROU continue à enfoncer le clou « ne vous étonnez pas si les plans sociaux, les décisions de fermeture sont toujours inéluctablement interprétés comme étant bonnes pour l’action »

A question radicale, réponse radicale de F. BAYROU « Le système des stock-options n’est pas un bon système pour les sociétés cotées en bourse et le monde économique français gagnerait beaucoup à trancher cette question en les supprimant »

 2. la question des rémunérations excessives : 

F. BAYROU n’est pas pour une intervention étatique, sauf à exiger la transparence sur la grille des salaires dans l’entreprise. Dans sa vision des choses « le travail n’est pas subordonné au capital, le travail doit lui être associé » et « dans le cas où cette échelle des salaires serait excessivement ouverte, à ce moment là on découvrirait que la communauté des associés que sont les salariés ne l’accepterait pas »

 3. la question de la justice fiscale ; 

« quand on considère qu’il y a trop de disparités, il y a l’impôt pour les corriger » F. BAYROU veut revenir à un principe républicain fondateur « les charges sont réparties entre les citoyens à proportion de leurs facultés », il dénonce l’injustice du bouclier fiscal (le cadeau post électoral sarkozien pour les catégories les plus favorisées) à supprimer, selon lui.

 

 - Au plan politique, l’humanisme c’est l’exigence d’une «  démocratie exemplaire ».

« Mes amis, l’humanisme en politique c’est la démocratie…cela signifie qu’à chacun d’entre nous on reconnaît la compétence, la capacité de comprendre les enjeux du monde et à adhérer aux solutions qui s’imposent…c’est le régime pleinement démocratique qui s’impose dans une société démocratique, et il est aujourd’hui en France très largement piétiné. » A nouveau F. BAYROU tire de l’actualité française quelques motifs de mécontentement.

 

 La France est faite pour défendre le modèle Républicain contre le modèle « des inégalités croissantes » 

F. BAYROU est intarissable sur le sujet : « Je ne connais rien de moins démocratique que le régime que l’on est entrain de mettre en place en France, de moins laïque que les déclarations qui ont été faites, de moins sociale que les orientations qui ont été prises » « j’ai avec Nicolas SARKOZY une confrontation de valeurs et de modèle » c’est ce qui avait suscité quelques incompréhensions, se plait-il à rappeler, lors des élections présidentielles. « je suis en désaccord avec lui parce qu’il a décidé de rallier la France au modèle américain …ce modèle que l’on voulait nous imposer comme étant le modèle auquel il fallait tous se rendre : ce modèle s’est effondré sous nos yeux »

Ce modèle de capitalisme néolibéral, inspiré par REAGAN et THATCHER et quelques économistes en cour, F BAYROU l’a lui même qualifié de modèle « des inégalités croissantes » Plus qu’un modèle c’est une idéologie « pour qu’il y ait progrès, il faut accepter des inégalités, et même des inégalités qui s’accentuent »

« Nous n’acceptons pas ce modèle, répète F BAYROU, nous le récusons » car pour lui en effet ce serait « accepter l’idée qu’après tout s’il y en a qui reste sur le bord de la route, ce n’est pas grave, pourvu que tout le monde avance »

Et il surenchérit devant un auditoire attentif « le modèle inégalitaire pour la France, c’est un modèle qui injurie notre histoire et nous n’avons qu’un mot à répondre c’est non, nous n’allons pas dans cette direction, nous choisissons une autre direction »

 

Un autre monde est possible

« C’est même cela l’engagement politique, un autre monde est possible et cet autres mondes nous allons le construire » Et pour commencer  avec les députés européens qui iront au Parlement européen

F.  BAYROU rappelle que les élections européennes sont pour le  Mouvement démocrate l’occasion d’« envoyer à Strasbourg et Bruxelles des députés du peuple se battre pour les idées qui sont les nôtres …des députés européens, engagés, brillants, avec de l’expérience, capables de bousculer des montagnes, capables de faire respecter leur parole, parce que leur parole est celle des citoyens qui les auront élus… nos députés n’iront pas au Parlement européen pour suivre, mais pour agir, pour changer les choses »


 

 Alors tous à vos marques pour la campagne des élections présidentielles,…euh européennes .

Article publié sur mon blog politique ici http://christian.nannini.free.fr/?p=286

Ou là http://www.monpostdemocrate.eu ou

 

http://monpostdemocrate.lesdemocrates.fr/

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MOnpostDEMocrate - 29 avril 2009
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