TCHERNOBYL, MON AMOUR!
Le 26 avril 1986, un des réacteurs de la Centrale nucléaire de Tchernobyl explosait engendrant une catastrophe humaine et écologique dont c’est le 23e anniversaire : un des accidents nucléaires le plus grave de notre histoire survenu sur le territoire de l’ex Union Soviétique en Ukraine, une petite république socialiste qui, au lendemain de la chute du mur de Berlin, a déclaré son indépendance et se porte candidate aujourd’hui pour entrer dans l’Union Européenne.
Le sarcophage de béton édifié dans l’urgence autour du réacteur défectueux a vieilli. L’édifice menace de s’effondrer et de ne plus assurer le confinement à 100% des substances radioactives qu’il contient. Deux entreprises françaises Vinci et Bouygues sont responsables des travaux de consolidation qui seront en principe terminés vers 2012, à moins que la centrale nous éclate en pleine gueule d’ici là.
Avec la candidature de l’Ukraine, l’Europe hérite aussi de cette plaie béante du danger nucléaire, et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Avoir Tchernobyl sous nos yeux et notre responsabilité pourrait freiner quelque peu la convergence actuelle vers un recours de plus en plus massif et programmé à l’énergie nucléaire.
Nous entendons l’économiste britannique Nicholas STERN, 63 ans, mondialement connu, surnommé le Lord Vert, une sorte de maître à penser des écologistes. Il a étudié les conséquences économiques du réchauffement climatique planétaire. Ses analyses sont pessimistes comme en attestent ses publications sur la question (son rapport en octobre 2006 sur l’économie du changement climatique, son livre paru cette année intitulé « The Global Deal : Climate Change and the Creation of a New Era of Progress and Prosperity –PublicAffairs.) Il est partisan de l’effort maximum pour lutter contre ce phénomène : le 2% du PIB que les pays riches acceptent d’y consacrer, est insuffisant selon lui, ce qui lui vaut des critiques acerbes de la part de ses collègues plus conservateurs ; mais sa réputation mondiale lui permet de défendre un modèle de développement plus durable qui s’appuie sur le constat que « nous sommes la génération qui a le pouvoir de détruire la planète ».
Alors quelle place pour l’énergie nucléaire ?
Nous entendons alors Nicolas SARKOZY, élu Président de la République française en 2007, surnommé « le petit Napoléon » et fier que notre pays possède le deuxième réseau mondial de réacteurs nucléaires (après les USA) , ainsi qu’un des fleurons de l’industrie nucléaire mondiale à savoir l’entreprise AREVA , dirigée par Mme Anne LAUVERGEON.
« L’ère du pétrole bon marché, c’est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d’avenir et une énergie indispensable ». Le recours à l’énergie nucléaire, comme ses conseillers le préconisent, faciliterait aussi la lutte contre le gaz CO2 à effet de serre et contre la consommation des énergies fossiles à l’origine du réchauffement climatique.
Quid alors des déchets nucléaires radioactifs produits par nos centrales atomiques, quid du démantèlement des anciennes et du remplacement d’anciens réacteurs par de nouveaux réacteurs plus performants ?
Alors on repense à Tchernobyl, à ces hommes sacrifiés au nettoiement du site lors de la catastrophe, à tous ceux qui sont morts et continuent de mourir dans les zones irradiées, au lobbying nucléaire, à la morgue politique de ceux qui veulent décider seuls des programmes électronucléaires, les mêmes que ceux qui avaient décidé à l’époque d’arrêter le nuage radioactif de Tchernobyl à nos frontières en chassant la vérité au nom d’un gros mensonge d’Etat : François MITTERAND Président socialiste de la République , Jacques CHIRAC premier ministre de droite et son gouvernement, le ministre de l’intérieur Charles PASQUA (je le cite « la liberté s’arrête où commence la raison d’Etat »), le ministre de l’environnement Alain CARIGNON ( un des premiers à avoir été incarcéré pour des actes de déloyauté dans la conduite des affaires publiques), le ministre de l’industrie et de la recherche Alain MADELIN (chantre du libéralisme capitaliste absolu) la ministre de la santé Michele BARZAC, le ministre de l’agriculture François GUILLAUME.
J’aime le souvenir de Tchernobyl, il m’apprend à rester éveillé, il m’apprend que l’énergie nucléaire est un patrimoine mondial, qu’il est impossible d’envisager une quelconque politique sur cette question, si l’on accepte pas la nécessité d’y répondre collectivement à l’échelon planétaire, il m’apprend à penser à l’humanité en danger et à la responsabilité collective qui s’y attache, il m’apprend à honnir la désinvolture et le mensonge d’Etat. .
christian nannini VPmodem30
30 avril 2009
Ah le nucléaire, que de polémiques et controverses !
2 points sur lesquels on peut insister:
- le nucléaire est de loin la technologie de production électrique la plus efficace pour nos besoins. Au niveau pollution et coût énergétique, les comparaisons sont difficiles mais peuvent être énumérées comme suit: le nucléaire est cher mais efficace cependant la question des déchets n’est pas résolue. L’état met toutefois beaucoup d’efforts de recherche sur le traitement de ces derniers. L’énergie éolienne est “propre” en apparence mais produit très peu d’énergie et quand on regarde le coût énergétique total (fabrication des éoliennes) ça peut mettre de l’ombre au tableau sans compter la pollution visuelle et surtout sonore. Je ne voudrais pas vivre à proximité d’un champ d’éolienne. L’hydroélectricité quant à elle a également des apparences propre: c’est de l’eau qui chute et qui reste de l’eau. Cependant il ne faut pas oublier les sacrifices faits pour la mettre en oeuvre: innondation qui détruit faune et flore, détournement de cours d’eau, assèchement en aval et qu’est-ce-qu’on fait quand on veut démenteler le barrage: on innonde l’aval ? Reste les énergies fossiles comme le charbon qui ne produisent peut être pas beaucoup de déchets mais énormément de CO2. Et finalement le solaire: par encore mature, la technologie est très peu efficace et reste très chère. Néanmoins, de nombreux efforts de recherche sont en cours pour essayer de trouver de nouveaux matériaux et technologies afin d’exploiter au maximum ces rayons solaires qui nous font vivre.
Au global difficile de trouver un candidat idéal.
- le second point surlequel on doit insister est notre gourmandise en énergie. Ce qui déclenche une nécessité de production énergétique accrue c’est nous. Nos besoins énergétiques ne cessent d’augmenter et c’est bien cela le problème. Réduisons notre consommation et les projets de centrales nuclaires diminueront. Le gaspillage est notre pire énnemi et c’est contre cela qu’il faut lutter et non le nucléaire.
Matthieu