novembre, 2009

A partir des rêveries d’une autre culture
de consommation

Source : Article intitulé « Libérons nous de l’hyperconsommation » de Amitaï ETZIONI, dans le numéro spécial de Courrier international :Changer de modèle face à la crise 4ieme trimestre 2009.

Selon le sociologue américain  Amitaï ETZIONI, directeur de l’Institut d’étude des politiques communautariennes, le processus d’un changement de mentalité est en marche dans la société de l’hyperconsommation.

J’aurais tendance à vouloir le croire, il était donc impératif d’examiner son argumentation et questionner les déterminismes qui nous façonnent.

Pour les individus, quels sont les avantages à tirer d’autres formes d’accomplissement que la consommation ? Et pour les sociétés, la résistance au consumérisme ambiant au profit d’autres principes organisateurs, en rendrait –t-elle les membres  plus heureux ?

Il est vrai que la « consommation obsessionnelle » ou « la boulimie de consommation » qui agite nos  sociétés opulentes signe davantage une maladie sociale qu’un bien être des gens.

Certes les sociétés ne changent pas de direction du jour au lendemain, l’autre monde possible, comme la crise actuelle nous y fait penser,  en dehors de l’hyperconsommation, prendra du temps, le temps que mettront les individus à repenser leur bien vivre, à se libérer de la fièvre acheteuse qui les détermine via les messages publicitaires. Mais paraît-il le temps nous est compté. La planète n’est pas en très bon état et l’humanité non plus, elle « croît »toujours mais évidemment ce n’est pas à Dieu que l’on pense.

Il se pourrait bien qu’il n’y ait  pas de corrélation dans les pays riches (où le revenu annuel moyen par habitant est fixé autour de 20 000 $, environ le Smic en France) entre l’augmentation des revenus et le bonheur de la population, c’est en tout cas l’opinion avancé par ETZIONI, qui en conclut que nous avons besoin d’une autre culture qui célèbre l’épanouissement de l’homme autrement qu’à travers des achats et une vie consacrée à gagner plus pour consommer plus.

A-il raison de l’affirmer ?

ETZIONI a constate d’abord que les retraités qui ont sacrifié au cours de leur vie active  au modèle américain du développement économique capitaliste, qui ont obéi aux diktats des marchés, à savoir consommer toujours plus, pour produire toujours plus et travailler toujours plus, qui ont assuré ainsi la sécurité de leurs vieux jours, se détournent des pratiques de l’hyper consommation et en viennent de plus en plus à pratiquer des activités  différentes, plus simples sinon plus satisfaisantes ( activités artistiques, activités de bénévolat d’aide, reprise des études). ETZIONI qualifie ces activités qui mobilisent davantage des compétences sociales, du temps ou de l’énergie, d’ « activités communautariennes »

Il mise ensuite sur ce qu’il appelle « le mégalogue moral », c’est à dire un processus de dialogue de masse qui porte sur ce qui est juste,  qui donne à voir à un moment donné une autre légitimité de comportement, hier le droits des femmes, aujourd’hui le mariage gay, demain une autre culture de consommation, et émet des vœux de voir se répandre le processus de changement souhaité.

Il semble donc s’en remettre à ce qu’on appelle communément l’évolution des mœurs, et la crise actuelle serait l’occasion d’expérimenter une autre façon de consommer. Somme toute, il s’agirait de faire confiance au système et aux facultés d’adaptation de l’homme et là je coince…

Ces rêveries à elles seules n’auront pas raison, à mon avis, de l’emprise du Marché, elles ne feront que rendre vivable le Marché, c’est dire que  l’analyse de Amitaî ETZIONI ne me satisfait pas, la désaliénation de l’homme hyper consommateur ne va pas de soi. Il est fort à parier qu’il faille de la poudre de perlin pimpin politique  pour faire avancer les choses, et c’est là mon pote démocrate que tu interviens ( sourire), tu pourrais donc commencer à te préparer à assiéger la forteresse consommation, avec le seul moyen dont tu disposes, le droit et le non droit., la protection du consommateur et le boycott des produits superflus ou nuisibles.

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BAYROU aux quatre vérités le 5//11/09

Invité de l’émission “Les 4 Vérités” sur France 2, jeudi 5 novembre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, a dit deux vérités  sur les mauvais choix de N. SARKOSY

- d’abord sa façon d’être le Président de la République de tous les français qui n’est  pas très républicaine mais au contraire très visiblement partisane : par exemple utiliser son réseau d’hommes dévoués pour les nommer à des postes clés dans l’administration de l’économie, de la finance, et des médias, demain celle  de la justice pénale. C’est pas bien mais il le fait jusqu’à placer son fils au sein du quartier des affaires de la défense .

- ensuite sa façon de gérer l’argent des contribuables en optant pour un  endettement inconsidéré du pays : aujourd’hui la totalité des impôts sur les revenus sert à éponger les intérêts de la dette publique, demain ils n’y suffiront pas et la marge de manoeuvre du pays sera nulle.  C’est pas bien mais il le fait, crise oblige.

En tirant sur le sarkozisme élizéen, F BAYROU en a oublié  la besace du MODEM

Il aurait pu être plus explicite sur le changement de cap que propose le MODEM face à la crise. Il est vrai que cet exercice est réservé au Congrès  d’ARRAS début décembre,  mais il ne faudrait pas qu’à la faveur d’un tel  rassemblement de fausses alternatives soient adoptées.

Il aurait pu nous dire comment va fonctionner l’Europe avec le traité de Lisbonne à peine ratifié par tous les Etats membres, et surtout nous expliquer en deux mots  le programme du groupe ADLE ( Alliance des démocrates et des libéraux d’Europe ) auquel le MODEM appartient au Parlement européen.

Bref , l’interview ne s’y prêtait pas, le journaliste n’a pas posé les bonnes questions,   en tout cas,  F BAYROU  nous a  fait entendre la voix d’un homme libre , et c’est bien là l’essentiel, c’est la vérité qu’il  nous demande  de retenir pour aujourd’hui et pour demain

« les voix libres , dit-il, rendent davantage service au pays que les voix asservies qui servent de serpillières au pouvoir »

On croit entendre John Stuart Mill, le chantre de l’utilitarisme du siècle dernier qui écrivait en 1859 sur la Liberté

« Un Etat qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, même en vue de bienfaits, s’apercevra qu’avec de petits hommes, rien de grand ne saurait s’accomplir »

Certes c’est une vérité qui est bonne à dire … et elle vaut dans  toutes les organisations et les institutions dont l’homme est la mesure,  y compris bien sûr dans les partis politiques sans exclusive.

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L’internet et l’hyper consommateur

Le modèle d’hyper consommation qui prévaut dans les pays riches ne peut-être étendu à la planète toute entière  cependant il n’est  pas imaginable que les pays émergents tels la Chine  ou l’Inde abandonnent  leur décollage  et leur croissance économique ( hausse de 8,4 %du PIB en 2009 pour la Chine) . Il n’est pas envisageable non plus que les pays riches ( dont la croissance économique est moindre  que celle de la chine)) adoptent du jour au lendemain une culture d’abstinence dans un monde marchand où tout se vend, s’achète et se jette selon une « culture monde », comme le dit le sociologue G LIPOVESKI, celle  de la commercialisation sans frontière de nos expériences et de nos désirs.

Dans nos sociétés modernes dominées par les valeurs hédonistes et l’individualisation, marquées  aussi  par un délitement des liens sociaux, et une fragilisation de la vie affective et professionnelle, l’hyper consommateur, intolérant à la frustration,  recherche certes la possession matérielle, la distinction sociale mais aussi les sensations et l’émotion à travers une consommation qui le remplit et le comble dans tous les sens du terme . Le règne du « slow food » n’est pas pour demain.

Notre hyper consommateur pourrait raisonnablement penser qu’il mange trop, gaspille trop, regarde trop son téléviseur  ou l’écran de son ordinateur , voire qu’il consomme mal.

Ainsi on voit apparaître des hyper consommateurs, quelque peu obsessionnels de morale écolo, se ralliant à une sorte d’identité écolo , sacrifiant en tout cas à  un marketing écolo qualifié par certains  de nouvelle étape du capitalisme .

Autre étape du capitalisme, l’avènement d’internet. Nous assistons à un renouvellement du consumérisme où l’hyper consommateur compare les prix, s’exprime sur les marques devient coproducteur de ce qu’il consomme en assumant des taches qui appartenaient au vendeur ou conseiller technique. Parallèlement  l’ internaute  devient de plus en plus consommateur  à hautes doses de la sociabilité numérique qu’il crée lui-même, donc producteur et consommateur à la fois. Via la toile la vraie rupture pourrait alors  se situer dans le passage du consommateur passif à un consommateur actif, participatif  et à la recherche de sens  mais toujours aussi « addict » cette fois à la connexion en permanence.

Cela ne garantit pas d’une capacité à unir systématiquement les comportements d’achat ou de boycoot mais ne l’exclut pas non plus. En effet, si  l’intention existe, internet donne les moyens d’imposer un autre modèle de la consommation, voire  de passer à un autre modèle de capitalisme marchand.

LECTURE

« La culture monde Réponse à une société désorientée » 2009chez Odile Jacob

« Ecran global » 2008 chez Odile Jacob de Gilles LIPOVESKI et Jean SERROY

Le bonheur paradoxal :essai sur une société d’hyper consommation »G LIPOVESKI

PRATIQUE : Un exemple contre une commercialisation de produits intolérable : la Fondation Brigitte BARDOT et la chasse aux Phoques ICI

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Politique et désillusion

Il a été dit et répété que Barack OBAMA risquait plus de décevoir que l’inverse, vu l’immense espoir de changement dont il a été investi partout dans le monde et principalement aux Etats Unis : il fallait donc s’y attendre à l’heure des bilans, que sonnent tous les détracteurs plutôt de mauvaise foi.

En France certains ont fait, au cours de ces trente dernières année  l’expérience politique de la désillusion . L’écart entre les promesses de campagne électorale et la réalité de l’exercice du pouvoir a fabriqué  un sentiment de déception et d’impuissance à l’origine, selon les mêmes, d’un risque démocratique non négligeable. En effet,  aux hommes politiques est renvoyée une vision peu rassurante de la politique qui se résume par deux expressions  populaires  « Pousse toi que je m’y mette » et « après moi le déluge ».

Il y a de quoi s’interroger sur un tel délitement de la confiance politique dans notre démocratie moderne.

D’abord, présidentialisme oblige, nos dirigeants désignés au suffrage universel doivent se plier  à la loi du plus grand nombre s’ils veulent remporter les élections : ils doivent séduire et financer leurs campagnes ; c’est tout un programme avant le programme. Inutile de se lancer si la finance ne suit pas. La marque du politique  est déjà engluée dans cette dialectique entre l’argent et la conquête du pouvoir.

Cette dialectique se retrouve  ensuite chaque fois qu’il s’agit de faire vivre un projet politique. Le politique ne peut pas vivre sans l’économie mais à contrario l’économie peut s’affranchir du politique . Le Marché a détrôné l’Etat, la Finance est devenue Finalité, le virtuel s’est substitué au réel et la vacuité du politique est devenue manifeste. Comment expliquer autrement l’acceptation par le politique de l’arnaque mondiale des « banksters » à laquelle il s’est prêté contraint et forcé pour parer à la crise financière ? Comment expliquer que la relance économique financée par l’endettement public, constitue la seule stratégie de sortie de crise, et que  les réformes du modèle capitaliste mondialisé tardent à venir en Europe ou aux Etas Unis (coordination et normalisation des politiques économiques des Etats, suppression des dysfonctionnements bancaires liés aux prises de risques non encadrées, abandon du dollar comme monnaie mondiale vers un système monétaire plus stabilisé, mondialisation régulée des échanges)

Si le projet démocrate n’est pas lui-même mondialisé, s’il n’affirme pas clairement, et comme une évidence incontournable,   que notre croissance économique et celle des pays riches est insoutenable à l’échelle de la planète parce que les ressources terrestres ne sont pas inépuisables, s’il ne dit pas que la beauté du monde est réversible si nous ne mettons pas un terme à son saccage, s’il ne soutient pas que  la pauvreté  ne l’est pas ( réversible) si nous ne changeons pas  le modèle économique, que nous connaissons et exportons, fondé sur la violence d’un mode de vie, de penser et d’agir  sans lendemain, que notre organisation de vie doit évoluer vers le partage équitable, alors il sera difficile de faire la différence le moment venu entre le MoDem et les autres partis de gouvernement.

Il reste à souhaiter, pour notre Mouvement Démocrate, que la désillusion ne commence pas à ARRAS, lors du congrés programmatique de décembre chargé de préparer les échéances électorales à venir à commencer par les régionales de 2010 : il serait en effet tout à fait opportun de programmer à l’avance  les éventuelles alliances du deuxième tour lors des régionales , car s’il n’est pas indifférent de gouverner avec l’UMP, s’il n’est pas indifférent de gouverner avec le PS , il n’est pas indifférent au plan local de savoir sur quelles forces de troisième voie compter avant d’aller à la bataille électorale des régionales.

Pour être visible, il faut être différent  : partons donc des difficultés du jour . C’est quoi la crise ? c’est quoi une campagne électorale en période de crise ? Les hommes politiques seront jugées sur leur stratégie de sortie de crise : ceux qui nous gouvernent et ceux qui ne nous gouvernent pas . Je souhaite que le MODEM fixe le changement de direction par rapport à la crise actuelle et se positionne sur ses priorités politiques en matière financière et économique, celles qui dépendent de nous et les autres un peu moins .

Pour en rester aux symboles  est ce que BNP Paribas mérite toujours son qualificatif de Banque nationale  ? Est ce que je m’éloigne  du sujet …pas sûr.

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Haro sur les speculateurs

Je parle de ceux qui spéculent sur les matières premières, avec la planète comme terrain de chasse (voir l’analyse d’Alain Faujas, journaliste économiste, LM du 31/10/09). Bien que non spécialiste, j’ai compris que cette spéculation n’arrangeait rien, bien au contraire. Soi-disant ce serait « une anticipation rationnelle » qui permettrait aux marchés de se réguler automatiquement, en tout cas c’est la thèse des néo libéraux  qui pensent que seule la libre concurrence génère de justes prix. Mais la réalité est toute autre.

Que des tensions existent sur les marchés de matières premières, cela n’est pas bien difficile à imaginer puisque par définition ces produits sont de première nécessité comme le blé, la viande, le pétrole, et c’est dire que les stocks deviennent déterminants sur les  prix lorsque par exemple, la demande augmente : celle des pays émergents comme la Chine qui connaît une élévation du niveau de vie ainsi qu’un accroissement démographique sans précédent.

Les spéculateurs ne s’y sont pas trompés, les banques et autres investisseurs financiers  placent massivement leur argent (leurs liquidités) sur les matières premières en jouant sur les cours, à l’intérieur d’un système de surenchère où la baisse artificielle du prix du produit prépare sa hausse du lendemain. Selon la thèse libérale, la spéculation est bénéfique, sans doute pour les quelques profiteurs qui profitent de la volatilité des cours qu’ils entretiennent (c’est l’effet du court termisme pratiqué par ces génies !!! ), mais pour les acteurs économiques que sont les producteurs et les consommateurs les faits prouvent le contraire .

Les prix ne se stabilisent pas  (exemple le yoyo sur le prix du pétrole qui passe de 147 $ le baril en juillet 2008 à 37 $ en décembre de la même année) les revenus des producteurs baissent, et pour survivre, ils licencient, les gouvernements sont appelés à la rescousse (à nouveau) L’aide est décidée, elle peut être fatale (c’est un autre problème dont il conviendra de reparler))…

Le système économique planétaire fondé sur la concurrence et le marché suivant le modèle capitaliste ne nous laisse pas le choix. La régulation doit venir du politique, c’est la leçon que l’on peut tirer de la crise actuelle.  Si les gouvernements abdiquent face aux puissances économiques, qu’ils soient du Sud (les pays pauvres gangrénés par la corruption) ou du Nord ( les pays riches gangrénés par l’opulence), ils trahissent leurs peuples et les devoirs de leur charge. La corruption (côté hard) le « toujours moins d’Etat » (côté soft) maintiennent les peuples à genoux.

Haro sur les spéculateurs. Que les gens retrouvent le gout de la politique, la volonté de maîtriser leur destin, le courage de changer leur mode de vie face aux dérèglements financiers, économiques et environnementaux dont il n’est pas possible aujourd’hui d’ignorer le cercle infernal.

Vive la démocratie planétaire et toutes les forces qui y participent à commencer celles qui agissent petit pas par petit pas, dans nos quartiers ou nos bourgades, nos villes ou nos provinces, nos pays ou nos continents : et pourquoi , ne pas se sentir investis de faire bouger les choses dans l’action de tous les jours ?

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