Le papa Noël des partis politiques
Montesquieu
Eh oui, les cadeaux ne sont pas faits que pour les enfants. Prenons le cas des partis politiques. l’Etat les finance, il leur fait des cadeaux à sa façon: directement par l’octroi d’une aide publique budgétaire (coté pognon) et indirectement par une ristourne fiscale accordée aux donateurs et cotisants (coté piston). En effet « le montant de l’aide publique affecté au financement des partis politiques est inscrit dans le projet de lois de finances et fait l’objet d’une répartition par décret, il est divisé en deux fractions. Une première fraction est destinée au financement du parti politique en fonction des résultats (le nombre de voix) obtenus aux élections à l’Assemblée nationale, une seconde fraction est destinée au financement des partis et groupements représentés au Parlement.”
Comme chaque année, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, instituée pour assurer le contrôle de la transparence financière de la vie politique ( loi 88-227 du 11 mars 1988) a fait son rapport pour l’exercice 2008. Le lecteur y trouvera toutes les données chiffrées et commentaires publiés au Journal Officiel authentifié du 19 décembre 2009. en cliquant ICI vous tombez sur le moteur de recherches, appelez le JO recherché, voir fin du sommaire du JO cliquez à publication )
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Commission ( CNPPCF) n’est pas le « juge des comptes » des partis politiques : elle n’a pas accès aux pièces justificatives, cette tâche est dévolue aux commissaires aux comptes qui doivent certifier les comptes déposés par les partis politiques. Ceux ci sont assujettis à des règles comptables dont la commission assure le respect : elle valide la certification des comptes à posteriori. Il conviendrait de s’en inspirer à tous les échelons, aussi à l’échelon du mouvement départemental même s’il ne jouit pas de la personnalité juridique.
Selon son rapport, les dépenses des partis politiques en 2008 s’élevaient à 177 millions d’euros (année des municipales et cantonales menées à l’économie) contre 259 millions en 2007 (année des présidentielles et législatives beaucoup plus couteuses ). Les dépenses ont donc baissé de 2007 à 2008 d’environ 30%, et cette baisse concerne tous les partis politiques à l’exception du MODEM et du Nouveau Centre qui se sont constitués sur la mue de l’UDF.
La Commission a listé une douzaine de partis politiques dont 6 concentrent à eux seuls plus de 80% des dépenses à savoir, le PS, l’UMP, le PCF, le FN, le MoDem, les Verts : elle dresse des tableaux comparatifs qui renseignent sur leur évolution financière .
On apprend qu’en 2008 l’aide publique a représenté 42% en moyenne des recettes totales des partis politiques.(*)
(*)les autres recettes se répartissent entre cotisations, contributions des élus, dons, autres recettes qui incluent l’excédent des comptes de campagne, les contributions d’autres formations politiques, les produits de manifestations et colloques, produits d’exploitation, produits financiers, produits exceptionnels, et reprise sur provisions et amortissements. On nous dit, dans le Gard, que les cotisations des adhérents au MODEM n’ont pas été reversées depuis deux ans au Mouvement départemental contrairement à ce que prévoient les statuts …à régulariser sans doute !!!
Le montant de l’aide publique directe accordée au MODEM (4 024 000 euros) est le troisième plus important après celui de l’UMP ( 34 484 000 euros) et le PS ( 22 702 000 euros). Le taux de financement du MODEM par l’argent public est le plus fort de tous les partis politiques, il atteint 72% de ses recettes, alors que ce taux est de 66% pour l’UMP et 38% pour le PS.(*)
(*)Le taux de financement du MODEM par ses cotisations reste équivalent à la moyenne des tous les autres partis soit autour de 15% de ses recettes qui représentent une somme de 944 323 euros ( 1/5 du total) Le taux de financement du MODEM par les contributions de ses élus reste faible : avec un montant de 74 264 euros sur le total des recettes, il arrive en 8 ième position.
Le papa Noël contribue donc pour une grande partie au fonctionnement du MODEM : l’écart financier qui le sépare des partis de gouvernement (UMP, PS) rend difficile une augmentation de sa représentativité auprès de l’électorat (difficulté qu’il aura pour financer les campagnes électorales à venir et difficulté de dépasser le taux moyen de financement par les cotisations , fixé à 15 % pour l’ensemble des 12 partis politiques les plus importants.
La commission estime, bien que ne disposant pas de chiffres précis à cet égard que le financement public indirect ( avantages fiscaux) représente la moitié jusqu’au 2/3 de l’aide publique directe (71 770 018 euros) : on peut donc évaluer approximativement la part contributive de l’Etat au fonctionnement de la démocratie par l’intermédiaire des partis politiques à un montant d’environ 100 millions d’euros
Certains diront que le papa Noêl n’est pas assez généreux pour la démocratie, d’autres que c’est bien suffisant pour jouer à la guéguerre électorale.
Quoiqu’il en soit tous ces chiffres mériteraient d’être rapprochés des autre aides publiques au fonctionnement de la démocratie, à comparer notamment avec les 6OO millions du plan de relance de la presse écrite décidée par N SARKOZY en janvier 2009 .
En conclusion il n’est pas inutile de se reporter à la définition des partis politiques, piliers de la vie démocratique et à l’article 4 de la Constitution selon lequel « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage » « La loi garantit… la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »
Le père Noël … pourrait mieux faire !!! … En tous cas, Bonne année électorale au MODEM
Classement selon le taux de l’aide publique directe accordée pour chaque parti politique d’aprés les données du rapport de la CNPPCF
1. Le Mouvement Démocrate 72%
4 058 000 d’euros financés par l’Etat soit 72 % des recettes totales d’un montant de 5 619 000 d’euros
2. L’ UMP 66%
34 484 000 d’euros financés par l’Etat soit 66% des recettes totales d’un montant de 52 108 000 d’euros
3. Le Mouvement pour la France 53%
863 000 euros financés par l’Etat soit 53% des recettes totales d’un montant de 1 612 000 euros.
4. Le Parti radical de gauche 52%
1 081 000 euros financés par l’Etat soit 52% des recettes totales d’un montant de 2 047 000 euros
6. Le Front national 47%
1 833 000 euros financés par l’Etat soit 47 % des recettes totales d’un montant de 3 854 000 euros.
7. Le PS 38 %
22 702 000 euros financés par l’Etat soit 38 % des recettes totales d’un montant de 59 186 000 euros
8. Les Verts 36 %
1 838 000 euros financés par l’Etat soit 36 % des recettes totales d’un montant de 5 166 000 euros
9. La Ligue communiste révolutionnaire 32 %
894 000 euros financés par l’Etat soit 32 % des recettes totales d’un montant de 2 736 000 euros.
10. Le PC 11 %
3 653 000 euros financés par l’Etat soit 11 % des recettes totales d’un montant de 31 559 000 euros.
11. Lutte ouvrière 10 %
665 000 euros financés par l’Etat soit 10 % des recettes totales d’un montant de 3 629 000 euros.
12. Le Nouveau Centre
avec des recettes totales de 1 517 000 millions sans financement public au titre du NC , mais financé au titre du rattachement de ses 23 parlementaires au parti polynésien Fétia Ati qui n’en comptait pas et auquel est alloué une aide publique de 1 024 000 euros(*)
Cet article est publié sur le site d’origine http://christian.nannini.free.fr/ou MOnpostDEMocrate.eu
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