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Toutes et tous ISLANDAIS(E)S

La revanche d’un peuple contre les excès de la Finance ( VOIR VIDEO BFM TV du 6/01/2010)

vote_urne01Le parlement islandais a adopté dans la nuit du 30 au 31 décembre 2009,  la loi ICESAVE, qui vise à rembourser les 3,8 milliards d’euros avancés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas pour indemniser leurs citoyens lésés après la faillite de la banque en ligne islandaise ICESAVE

320.000 clients britanniques et néerlandais de la banque en ligne avaient perdu leurs économies lors de la nationalisation « sauvetage » de la maison mère.

60.000 Islandais, soit un quart de l’électorat, se sont élevés contre cette loi et ont exhorté leur président, Olafur Ragnar GRIMSSON , à ne pas ratifier le texte.

Les termes de l’accord étaient en effet que  les contribuables islandais devraient verser 2,3 milliards de livres sterling au Royaume-Uni (2,5 milliards d’euros) et 1,3 milliard d’euros aux Pays-Bas, soit, au total, 40 % du produit intérieur brut (PIB) de 2009, ou la somme de 11 000 euros par citoyen. Alors que l’Islande connaît actuellement une période extrêmement difficile au plan économique et financier

La colère des islandais est donc compréhensible.

Mr GRIMSSON assure que l’Islande ” reconnaît pleinement ses engagements et sa responsabilité à payer”. Mais il conteste la loi Icesave qui “concerne seulement la méthode, la forme et les conditions” de ce paiement

Sanctions et menace ne se sont pas faits attendre :

-       Les agences de notation ont dégradé la note des dettes de l’Islande

-       L’Islande a demandé son entrée dans l’UE : les portes pourraient bien rester fermées.

-       Les aides financières promises pourraient aussi attendre (FMI…)

-       La grande Bretagne a bien l’intention de défendre les économies de ses ressortissants et l’a annoncé.

Malgré les menaces externes et internes ( la premier ministre de gauche a menacé de démissionner du gouvernement) , le Président a annoncé le référendum pour le mois de *Février. ( * on apprend que la date est fixée au 6 mars )

Si les islandais ne se laissent pas impressionner, il semble exister de fortes chances pour qu’ils refusent, avec ce référendum, de payer pour les erreurs des banquiers.

Un précédent démocratique où l’on verrait enfin :

-       un peuple dire courageusement « non » à un système qui l’écrase.

-       un peuple montrer aux gouvernements (« nos responsables politiques ») comment on doit s’y prendre pour faire de la politique

-       le politique reprendre sa place centrale et organisatrice en prenant la main sur  le financier et l’économique

Merci aux Islandais(e)s de nous faire rêver à la démocratie. !!!

Lesailes . 16 / 01/ 10

Cet article est publié sur le site d’origine   http://christian.nannini.free.fr/ou MOnpostDEMocrate.eu

A partir des rêveries d’une autre culture
de consommation

Source : Article intitulé « Libérons nous de l’hyperconsommation » de Amitaï ETZIONI, dans le numéro spécial de Courrier international :Changer de modèle face à la crise 4ieme trimestre 2009.

Selon le sociologue américain  Amitaï ETZIONI, directeur de l’Institut d’étude des politiques communautariennes, le processus d’un changement de mentalité est en marche dans la société de l’hyperconsommation.

J’aurais tendance à vouloir le croire, il était donc impératif d’examiner son argumentation et questionner les déterminismes qui nous façonnent.

Pour les individus, quels sont les avantages à tirer d’autres formes d’accomplissement que la consommation ? Et pour les sociétés, la résistance au consumérisme ambiant au profit d’autres principes organisateurs, en rendrait –t-elle les membres  plus heureux ?

Il est vrai que la « consommation obsessionnelle » ou « la boulimie de consommation » qui agite nos  sociétés opulentes signe davantage une maladie sociale qu’un bien être des gens.

Certes les sociétés ne changent pas de direction du jour au lendemain, l’autre monde possible, comme la crise actuelle nous y fait penser,  en dehors de l’hyperconsommation, prendra du temps, le temps que mettront les individus à repenser leur bien vivre, à se libérer de la fièvre acheteuse qui les détermine via les messages publicitaires. Mais paraît-il le temps nous est compté. La planète n’est pas en très bon état et l’humanité non plus, elle « croît »toujours mais évidemment ce n’est pas à Dieu que l’on pense.

Il se pourrait bien qu’il n’y ait  pas de corrélation dans les pays riches (où le revenu annuel moyen par habitant est fixé autour de 20 000 $, environ le Smic en France) entre l’augmentation des revenus et le bonheur de la population, c’est en tout cas l’opinion avancé par ETZIONI, qui en conclut que nous avons besoin d’une autre culture qui célèbre l’épanouissement de l’homme autrement qu’à travers des achats et une vie consacrée à gagner plus pour consommer plus.

A-il raison de l’affirmer ?

ETZIONI a constate d’abord que les retraités qui ont sacrifié au cours de leur vie active  au modèle américain du développement économique capitaliste, qui ont obéi aux diktats des marchés, à savoir consommer toujours plus, pour produire toujours plus et travailler toujours plus, qui ont assuré ainsi la sécurité de leurs vieux jours, se détournent des pratiques de l’hyper consommation et en viennent de plus en plus à pratiquer des activités  différentes, plus simples sinon plus satisfaisantes ( activités artistiques, activités de bénévolat d’aide, reprise des études). ETZIONI qualifie ces activités qui mobilisent davantage des compétences sociales, du temps ou de l’énergie, d’ « activités communautariennes »

Il mise ensuite sur ce qu’il appelle « le mégalogue moral », c’est à dire un processus de dialogue de masse qui porte sur ce qui est juste,  qui donne à voir à un moment donné une autre légitimité de comportement, hier le droits des femmes, aujourd’hui le mariage gay, demain une autre culture de consommation, et émet des vœux de voir se répandre le processus de changement souhaité.

Il semble donc s’en remettre à ce qu’on appelle communément l’évolution des mœurs, et la crise actuelle serait l’occasion d’expérimenter une autre façon de consommer. Somme toute, il s’agirait de faire confiance au système et aux facultés d’adaptation de l’homme et là je coince…

Ces rêveries à elles seules n’auront pas raison, à mon avis, de l’emprise du Marché, elles ne feront que rendre vivable le Marché, c’est dire que  l’analyse de Amitaî ETZIONI ne me satisfait pas, la désaliénation de l’homme hyper consommateur ne va pas de soi. Il est fort à parier qu’il faille de la poudre de perlin pimpin politique  pour faire avancer les choses, et c’est là mon pote démocrate que tu interviens ( sourire), tu pourrais donc commencer à te préparer à assiéger la forteresse consommation, avec le seul moyen dont tu disposes, le droit et le non droit., la protection du consommateur et le boycott des produits superflus ou nuisibles.

Cet article est publié dans mon blog politique perso   http://christian.nannini.free.fr/ ou MOnpostDEMocrate.eu

PETITS BRICOLAGES ENTRE AMIS
UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Introduction

Sommes nous en train de sortir de la crise ? Ou bien comme s’interroge Michel Rocard (le Monde du 07/07/2009)  « la crise du capitalisme va t-elle continuer ? » ? Paul Jorion, sociologue et économiste, nous met en garde devant l’apparente confiance retrouvée qui reposerait plus sur l’espoir d’une reprise que sur une réalité sociale et économique.

Cette crise a maintes fois été décrite comme une crise « systémique ». Nous proposons dans ce texte de préciser le sens véritable de ce qualificatif et de rester dans une perspective systémique pour en tirer les conséquences en matière de sortie de crise.

Etant donné la longueur du texte, nous avons choisi de le publier en plusieurs parties à paraître chaque jour :

1 : Y-a-t-il un bricoleur dans la crise ? le 17 Août, où il sera question de l’évaluation de la gravité de cette crise et des attitudes qui l’accompagnent.

2 : Le monde est systémique ou n’est pasle 18 Aoûtoù il sera  question de préciser le qualificatif « systémique » et son utilité ici

3 : Trop d’infos tue l’infole 19 Aoûtoù il sera question du traitement de l’information par le système

4 : Sauve qui peut le 20 Août, où il est question des différents types de sorties de crise

5 : Pour atteindre un but il faut l’abandonner (ouf !) : le 21 Août,  où il sera question des buts conscients et de notre maîtrise possible du changement

: Que reste-t-il de nos amours ? : le 22 Août, où il sera question de la manière de trouver le chemin des solutions possibles

7 : Les moyens ne justifient pas la fin (ou l’inverse ?) et la conclusion : le 24  Août où il est question du chemin à faire

lesailes et christian

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PETITS BRICOLAGES ENTRE AMIS
UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Partie VI

6 / Que reste-t-il de nos amours ?

S’il est maintenant plus clair (partie V), que :

- étant entendu le fait que les systèmes complexes échappent à notre capacité de conscience, vouloir leur appliquer une programmation par objectifs relève du mythe et nous devrions alors abandonner l’idée d’une maitrise de leur évolution

- et sans doute devrions nous aussi abandonner la manière habituelle de s’attaquer aux problèmes qui est de les analyser et de les comprendre pour tirer des conséquences en termes de corrections nécessaires, puisque là aussi nous n’aurons jamais toutes les informations nécessaires. Cette méthode (compréhension, explication, corrections) montre d’ailleurs ses limites dés que nous avons affaire à des systèmes complexes : nous avons beau avoir les explications les plus subtiles à propos de cette crise, nous ne trouvons pas pour autant éclairés sur la manière de changer les choses. Il est alors logique qu’il puisse y avoir un minimum de consensus sur les causes sans que cela entraine des accords sur les solutions.

- alors si nous devons laisser tomber nos bonnes vieilles croyances de maitrise concernant le changement, que nous reste-t-il comme principe d’action ? Et là également, nous pouvons trouver quelques appuis dans l’approche systémique.

Tous les apprentis systémiciens ont passé le test des neufs points : il s’agit de relier par quatre lignes droites et sans lever le crayon neuf points alignés sur trois colonnes.

. . .

. . .

. . .

La seule façon d’y arriver est de se donner la permission de sortir du carré dessiné par les neuf points : c’est comme si aucune solution n’était possible si l’on reste à l’intérieur des données du départ. Ce qui peut s’entendre comme le fait que la résolution d’un problème ne peut se faire à l’intérieur des données du problème : il faut ouvrir les possibles pour entrevoir la sortie.

partievicarré imaginaire

Or la définition d’un objectif de résolution ou de correction se fait traditionnellement à partir de l’analyse et des données d’un problème. Mais quand nous avons à faire avec la complexité des systèmes vivants, il arrive bien souvent que cette façon de s’y prendre nous fasse « tourner en rond » ou parcourir des cycles de crises successives. Souvent efficace pour résoudre de petits problèmes limités, cette méthode se montre peu utile dés que les problèmes sont larges et touchent à la globalité du système. Il s’agit alors d’inventer et de sortir des descriptions de la réalité qui ne permettent pas l’ouverture aux solutions pour devenir créatif.

L’exercice mental que cela suppose est essentiel, c’est un exercice de «desendoctrinement » ; personne en effet ne nous a imposé de rester dans le carré imaginaire. Qui nous impose de rester dans la loi du marché ?

Si l’image que nous obtenons quand les morceaux du puzzle sont à leur place ne convient pas, alors il ne sert à rien de retourner les morceaux dans tous les sens pour changer cette image : changer de pièces, rajouter des pièces…. sont alors de meilleures techniques.

Donc ouvrir les possibles, sortir de l’endoctrinement pour commencer. Les programmations par objectifs nous ferment aux possibles et, d’autre part, nous mettent dans des positions de stratèges, sans doute utiles quand il s’agit de jouer au billard et de savoir quelle boule viser pour qu’elle touche une autre boule, … mais peu fiables pour prédire les effets de ces actions sur les humains si peu prévisibles, quand on les pense comme des systèmes complexes.

Abandonner la maitrise du changement par l’objectif, et la bonne vieille méthode de l’explication-donc-correction, n’est pas équivalent à abandonner l’idée de finalité. La finalité de nos actions se définit comme une sorte de projection un monde possible, un monde qui ressemblerait à nos valeurs. Pas une programmation, simplement une esquisse. La finalité est une manière de poser des priorités et de vérifier que nous sommes en accord avec ce qui est essentiel.

Ce qui signifie que si nous ne pouvons pas prévoir où vont nous mener les actions et les décisions que nous prenons aujourd’hui, il est au moins possible de rester cohérents par rapport aux valeurs qui nous servent de guides.

Si nous ne pouvons pas programmer la fin comme but et objectif conscients alors nous pouvons au moins rester fidèles à nous mêmes et réfléchir à notre positionnement. Même si cela peut paraître regrettable à certains, nous n’avons pas de maitrise directe sur l’évolution mais nous pouvons activer les processus de changement vers le mieux (quel qu’il soit) en servant ces valeurs.

Si ces valeurs ont pour nom « démocratie »que faut-il penser lorsque, sous le prétexte de l’efficacité on se détourne du contrôle du citoyen en faisant valoir que le temps presse, qu’il faut aller de l’avant et que d’autres sont suffisamment éclairés pour prendre les bonnes décisions en son nom, ou d’en convaincre le citoyen lui-même par l’effet manipulatoire d’une désinformation organisée.

Rappelons nous, par exemple, ce « non » populaire au référendum de 2005 censé faire adopter une constitution pour l’Europe, et ce « oui » parlementaire qui a suivi, à un Traité de Lisbonne dont la finalité, manifeste pour tous, était de contourner le rejet référendaire du citoyen. Ce faisant les responsables politiques, agissant dans l’intérêt affiché de l’Europe et de sa construction,  ont coupé l’Europe du contrôle citoyen et il est intéressant, en miroir , de compter  les abstentions lors des élections européennes de Juin 2007 ( 60 % une majorité qui devient …qualifiante !!!)

Vive l’efficacité ! Alors la fin justifie-t-elle les moyens?

Toute action qui sacrifie les moyens au service d’une fin, sacrifie en fait les principes et les valeurs de son auteur et lui fait courir le risque de perdre le lien avec la finalité.

Ceci nous conduit à un point essentiel qui est le débat concernant les valeurs guide . N’est ce pas la mise en bière de nos principes de « démocratie humaniste » selon l’expression de F BAYROU (le seul à avoir commencer à recentrer là dessus le discours politique) qui nous a mis en si piteux état aujourd’hui ? Mais il est vrai que nous avons été largement endoctrinés par la nécessité du consentement à « la réalité », par la politique de la contrainte consentie et de la soumission au : « c’est le marché qui impose… ».

Petit exercice :

Quelles sont les valeurs de nos sociétés occidentales ?

Réponse :

« nous contre l’environnement

nous contre les autres humains

seul l’individu compte

nous pouvons contrôler unilatéralement l’environnement

nous devons rechercher ce contrôle

nous vivons à l’intérieur de frontières que nous pouvons repousser indéfiniment

le déterminisme économique obéit au sens commun

la technologie résoudra tous nos problèmes »

… écrivait G. BATESON en 1970…. 

et rien de changé pour l’instant !

Alors cap vers le XXIème siècle mais comment ?

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UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Partie V

5 / Pour atteindre un but il faut l’abandonner (ouf !)

Il n’y a pas de véritable changement dans un système vivant, sans que celui ci ne soit affecté dans sa totalité. Mais il est impossible, étant donné la complexité et la densité des réseaux internes, de prévoir les effets et l’ampleur d’une modification si minime soit-elle. Les sociétés humaines sont des systèmes complexes et cette complexité a pour effet, par exemple, que, pour tout être humain, membre d’une société humaine, il est extrêmement difficile d’être conscient de la complexité dont il fait partie.

Toute conscience est conscience partielle par définition, puisque toute augmentation de la conscience nécessiterait un niveau supérieur de conscience pour englober le précédent et ainsi de suite… On peut donc être conscient de participer à une communauté mais on ne peut pas avoir une connaissance complète des interactions, connections et réseaux qui la composent. On peut encore moins savoir comment agir sur l’ensemble de la communauté pour produire des effets escomptés. Ce qui se traduit aussi par : il n’y a pas d’observateur neutre, observer c’est interagir et agir, toute intervention dans un système vivant, le transforme de façon en grande partie imprévisible, etc…

Petit exercice :

Les statistiques publiées dans la presse avant une élection sont-elles une simple observation ou bien peuvent-elles avoir une influence sur le vote ?

Réponse : Qui les finance ?   (Cf. la polémique engagée par F. Bayrou lors de la campagne européenne.)

Ainsi notre conscience ne peut suffire à nous aider à formuler des buts à atteindre qui répondraient à la nature complexe et systémique du monde. Le paradis a été perdu le jour où Eve a demandé à Adam d’aller cueillir la pomme sur l’arbre et où celui ci, pris d’un désir idiot de lui plaire, a mis des boites les unes sur les autres contre l’arbre pour aller la ramasser (la pomme !). Adam venait de découvrir le raisonnement par but conscient (pour faire D je fais A puis B puis C) et se préparait à inventer la libre entreprise.

Depuis, la technologie aidant, nous attaquons le monde à coups de bonnes intentions et de volonté d’efficacité. (On peut lire le développement complet de ce mythe chez G. Bateson*).  (*Gregory Bateson : Vers une écologie de l’esprit Ed seuil 1977 et 1980 Article : Buts conscients et Nature (tome 2)

Et le même concept développé dans une autre dimension par Eugen Herrigel : Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc. Ed Dervy 1960)

Alors que faire ?

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UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Partie III

3 / Trop d’infos tue l’info

L’une des caractéristiques des systèmes complexes est la façon dont ils traitent l’information, qu’elle vienne de l’intérieur du système (par exemple une maladie, une naissance dans une famille) ou de l’extérieur (environnement). Un système sain utilise les informations qui lui parviennent pour corriger son propre fonctionnement et se pérenniser (rétroaction négative). Un système qui ne tient pas compte des informations risque d’entrer à plus ou moins long terme dans une spirale de « encore plus de la même chose » qui tend à sa destruction (rétroaction positive).

Ainsi un système vivant qui apprend à intégrer des informations pour assurer sa croissance, augmente ses capacités de réponse, ses ressources et sa complexité. Et même si son évolution reste imprévisible, statistiquement probable en ce qui concerne les systèmes naturels, et toujours surprenante pour les systèmes humains, le fait de tenir compte des effets retours des fonctionnements permet une certaine régulation du changement. Si l’on diminue la pollution on peut espérer respirer encore librement dans quelques années. Il reste encore des responsables politiques pour nier tout danger : le ridicule ne tue pas, l’ozone, oui !

Petit exercice :

Le modèle économique capitaliste est-il un système à rétroaction négative ou positive ?

Réponse :

c’est un système qui fait toujours plus de la même chose, ne tient aucun compte des informations d’alerte sauf pour en faire plus de la même chose, c’est à dire des denrées consommables et des bénéfices (certaines compagnies d’assurance utilisent aujourd’hui la crise comme argument de vente de leurs produits).

Si l’on applique ces premières observations à notre modèle  socio-économique, Il serait donc plus exact de considérer la crise financière, économique et sociale que nous traversons actuellement, comme la démonstration que le système capitaliste ne peut pas assurer par lui même sa propre régulation.

On pourrait entendre ici que la croissance exponentielle et l’absence de contrôle ont mis le système libéral capitaliste en état d’affolement. Le système économique en question se définissant lui même comme devant échapper à tout contrôle pour se développer, on peut dire qu’il contient en lui même son propre poison. Raison de plus pour ne pas croire, une minute de plus, qu’un système qui contient les conditions de sa propre destruction puisse être simplement corrigé et repartir de plus belle. La pseudo reprise actuelle et les arguments qui la vendent  nous invitent au contraire à questionner un système économique fondé sur les inégalités, la domination des financiers, l’enrichissement et la croissance sans contrôle.

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PARTIE II

2/ Le monde est systémique ou n’est pas

Notre monde est en quelque sorte un « méga éco système » qui se trouve à l’intersection du système naturel (pour lequel notre présence humaine constitue une information parmi d’autres) et de nos modèles de sociétés. Incontestablement un système complexe de systèmes complexes !!!

Si l’on est d’accord sur le fait de parler de notre monde comme d’un système complexe, alors l’approche systémique peut sans doute nous aider à repérer et évaluer les mouvements qui l’animent. Voilà ainsi quelques uns des éléments dont nous devons tenir compte pour prétendre avoir une influence sur notre devenir :

2.1 Les systèmes complexes ont une variabilité potentielle : leur composition, règles, lois peuvent changer jusqu’à une certaine limite au delà de laquelle ils se transforment en d’autres systèmes (autre identité, autre finalité). Essayez donc de transformer une table en un tabouret et de marquer le moment exact de passage d’un objet à l’autre …

2.2 Les changements qui concernent ces systèmes peuvent donc se produire soit sous la forme de régulations internes et quasi invisibles, soit sous la forme de modifications brutales qui créent des perceptions de discontinuité.

2.3 Dans les cycles de vie des systèmes complexes il existe des phases de désorganisation qu’on appelle des crises ; de l’alerte légère à la débâcle et au désordre généralisé, elles précèdent et préparent les modifications et les réorganisations. Les crises sont les manifestations de la difficulté que rencontrent les systèmes à traiter les informations qui leur parviennent. Dans les organisations humaines, le bon sens voudrait que le déséquilibre et la souffrance incitent au changement, alors que la stabilité et l’équilibre incitent à la continuité. Alors que dans l’expérience :

Petit exercice :

Que font les humains quand ils vont bien ? Réponse : ils changent !

Que font les humains quand ils vont mal ?Réponse : ils continuent !

Ne misons donc pas trop sur la rationalité pour prédire l’évolution des systèmes sociaux même si nous pouvons avoir une idée assez précise de l’histoire d’une crise.

Une crise est essentiellement le résultat d’une tension entre deux « besoins » ou bien deux nécessités apparentes : un besoin « immédiat » exigeant soulagement et satisfaction (par exemple : gagner de l’argent à tout prix) et un besoin « lointain » nécessitant une vision à plus long terme de ce qui est bien et juste (par exemple : répartir les richesses pour que « ça » dure, économiser les ressources naturelles). Ainsi quand ce qui est fait aujourd’hui menace ce qui sera demain, on prépare la crise et pour ce faire il est évidemment utile de rester sourd à toutes les voix qui expliquent avec intelligence que nous allons dans le mur.

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UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Partie I

1/ Y-a-t-il un bricoleur dans la crise ?

L’impératif de cohérence voudrait que l’importance des remèdes proposés en cas de crise soit en accord avec l’évaluation de la gravité et de l’ampleur du problème. Pour ce qu’il en est de la crise actuelle (celle que l’on imagine derrière nous mais qui couve sous les cendres), il existe un débat opposant :

- (1) les tenants des « petits bricolages » (les réponses en urgence et sans alternative apparente) considérant la crise comme un accident de parcours. Quand on met une rustine sur un pneu usé jusqu’à la corde, on ne va pas très loin avant de devoir de nouveau réparer. La plupart du temps, c’est par le constat que « ça ne marche plus » que nous savons que cette réparation n’était qu’un « petit bricolage ». Ainsi, un petit bricolage en cas de difficulté majeure, est une promesse de crise future.

- (2) les tenants des « corrections raisonnables » (les réformes adaptatives), considérant la crise comme un indicateur de la nécessité d’une correction de la trajectoire sans remise en cause du fonctionnement essentiel du système. Pour évaluer la qualité réparatrice d’une réforme adaptative en matière de société, il faut plus de temps : la complexité des systèmes vivants rend difficile l’identification de ce qui a clairement été la cause d’une amélioration. Est-ce parce qu’on a réparé le bon trou ? Que la route est meilleure ? Que l’on conduit mieux ? … Ainsi une réforme ne devient une solution raisonnable que si on la tient pour un pari, une expérimentation et qu’on organise son évaluation.

- (3) les tenants du changement vers « un autre monde », considérant la crise comme une alerte concernant la fonctionnalité des règles du système. Mais ce choix délibéré de l’option d’un changement « vers un autre monde », ouvre d’emblée la question suivante : qu’est ce qui pourrait bien nous y conduire ? Ou : comment faire pour aller vers cet autre monde (meilleur bien entendu)?

Les tenants des petits remèdes et des réformes douces (  (1 ) et (2) ) sont, en général, sûrs de leur fait : sans doute la fréquentation assidue de voyants et autres extralucides, ou bien la conviction d’être du côté du rationnel et des certitudes éternelles. Or, les systèmes vivants ne se laissent pas si facilement manipuler ! Les évolutions et les changements qu’ils subissent n’obéissent pas aux tracés rationnels qu’on pouvait prévoir pour eux. Et ici, bien entendu, il n’est pas question de l’opinion, qui, elle, est hautement manipulable et du même coup fort heureusement fluctuante. Il est question de ces réalités complexes que sont une société, un groupe, une famille, un éco système… que l’on peut déstabiliser, influencer, troubler mais qu’aucune volonté extérieure ou intérieure ne peut conduire à un point déterminé à l’avance.

Etant donné le consensus général concernant la gravité de la crise socio économique qui a démarré en 2008 et pris une dimension mondiale, on aurait pu s’attendre à ce que les responsables politiques laissent de côté les deux premières possibilités (les petits bricolages et les réformes d’adaptation) pour s’intéresser à la troisième, la seule qui pose sérieusement la question du changement. Cette question pourrait s’énoncer ainsi :

Comment créer du changement dans un système complexe ?

Comment passer d’un régime socio économique qui est en train de nous montrer ses limites à un monde qui ne se retournera pas contre nous?

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UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Introduction

Sommes nous en train de sortir de la crise ? Ou bien comme s’interroge Michel Rocard (le Monde du 07/07/2009)  « la crise du capitalisme va t-elle continuer ? » ? Paul Jorion, sociologue et économiste, nous met en garde devant l’apparente confiance retrouvée qui reposerait plus sur l’espoir d’une reprise que sur une réalité sociale et économique.

Cette crise a maintes fois été décrite comme une crise « systémique ». Nous proposons dans ce texte de préciser le sens véritable de ce qualificatif et de rester dans une perspective systémique pour en tirer les conséquences en matière de sortie de crise.

Etant donné la longueur du texte, nous avons choisi de le publier en plusieurs parties à paraître chaque jour :

1 : Y-a-t-il un bricoleur dans la crise ? le 17 Août, où il sera question de l’évaluation de la gravité de cette crise et des attitudes qui l’accompagnent.

2 : Le monde est systémique ou n’est pasle 18 Aoûtoù il sera  question de préciser le qualificatif « systémique » et son utilité ici

3 : Trop d’infos tue l’infole 19 Aoûtoù il sera question du traitement de l’information par le système

4 : Sauve qui peut le 20 Août, où il est question des différents types de sorties de crise

5 : Pour atteindre un but il faut l’abandonner (ouf !) : le 21 Août,  où il sera question des buts conscients et de notre maîtrise possible du changement

: Que reste-t-il de nos amours ? : le 22 Août, où il sera question de la manière de trouver le chemin des solutions possibles

7 : Les moyens ne justifient pas la fin (ou l’inverse ?) et la conclusion : le 24  Août où il est question du chemin à faire

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Sortie de crise : pour qui sonne le glas ?

Sortie de crise , pour qui sonne le glas ? Article Inspiré de la lecture du Monde du 23/07/09

Au moment de la publication je m’aperçois que le blog de la redaction a sorti un article de même inspiration “bonus et bouche cousue” a comparer donc

Les résultats des banques américaines publiés en juillet 2009 sont excellents , leurs bénéfices ont augmenté : 2,7 milliards de $ pour JPMorgan Chase, 3,2 milliards pour Bank of América, 3,4 milliards pour Goldman Sachs , 4,3 milliards pour Citigroup.

Tranquille la Banque Goldman Sachs est en train de provisionner, pour 2009, 20 milliards de bonus garantis , en récompense des banksters et leurs prises de risques toujours d’actualité , qui nous ont conduit à la crise actuelle. ( 20 Milliards de $ soit l’enveloppe contre la faim dans le monde décidée par le G8 les pays les plus riches du monde ) De qui se moque-t-on ?

Aux Etats Unis, la sacro sainte « american way of live » a pris du plomb dans les ailes, les contribuables qui ont payé la note du sauvetage des banques banqueroutières , continuent à en payer le prix par une augmentation du chômage sans précédent ( 9,5% en juin 2009) et des expulsions de logements tous azimuts .

Pour Barak OBAMA aucune « leçon » ne semble avoir été tirée de la crise par les gens de Wall Street , en revanche on peut en tirer une à sa place «  Au pays de l’oncle Sam , la cupidité est insensible à la misère ».

Du coté des européens et de la France , c’est franchement la colère une colère unanime : les Jean Claude TRICHET, président de la Banque Centrale Européenne ( BCE), Christian NOYER, gouverneur de la Banque de France , Ariane OBOLENSKI, directrice générale de la Fédération bancaire française, Christine LAGARDE , ministre de l’Economie l’ont mauvaise et le font savoir à titre préventif diraient les mauvais esprits .

Ils hurlent au scandale contre les banques américaines , celles qui ont été aidées et qui ne sont soumises à aucune réciprocité ou contrepartie , celles qui refusent de jouer le jeu de la régulation d’un monde financier devenu fou, celles qui , comme la banque d’affaires Goldman Sachs s’apprêtent à revenir aux rémunérations excessives , et spéculent sur l’argent public , celui qui à servir au sauvetage ou renflouement des banques par l’Etat fédéral à hauteur de 7OO milliards de dollars , soit 35 fois la somme allouée par le G 8 à la lutte contre la faim ans le monde.

Pour bon nombre d’économistes parmi lesquels Paul JORION (ici le blog) c’est de l’inconscience , ou de la provocation , en tout cas une honte absolue… et cela va finir mal . La question reste toujours la même Pour qui ?

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MOnpostDEMocrate - 17 janvier 2010
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