'monde planete'

Haro sur les speculateurs

Je parle de ceux qui spéculent sur les matières premières, avec la planète comme terrain de chasse (voir l’analyse d’Alain Faujas, journaliste économiste, LM du 31/10/09). Bien que non spécialiste, j’ai compris que cette spéculation n’arrangeait rien, bien au contraire. Soi-disant ce serait « une anticipation rationnelle » qui permettrait aux marchés de se réguler automatiquement, en tout cas c’est la thèse des néo libéraux  qui pensent que seule la libre concurrence génère de justes prix. Mais la réalité est toute autre.

Que des tensions existent sur les marchés de matières premières, cela n’est pas bien difficile à imaginer puisque par définition ces produits sont de première nécessité comme le blé, la viande, le pétrole, et c’est dire que les stocks deviennent déterminants sur les  prix lorsque par exemple, la demande augmente : celle des pays émergents comme la Chine qui connaît une élévation du niveau de vie ainsi qu’un accroissement démographique sans précédent.

Les spéculateurs ne s’y sont pas trompés, les banques et autres investisseurs financiers  placent massivement leur argent (leurs liquidités) sur les matières premières en jouant sur les cours, à l’intérieur d’un système de surenchère où la baisse artificielle du prix du produit prépare sa hausse du lendemain. Selon la thèse libérale, la spéculation est bénéfique, sans doute pour les quelques profiteurs qui profitent de la volatilité des cours qu’ils entretiennent (c’est l’effet du court termisme pratiqué par ces génies !!! ), mais pour les acteurs économiques que sont les producteurs et les consommateurs les faits prouvent le contraire .

Les prix ne se stabilisent pas  (exemple le yoyo sur le prix du pétrole qui passe de 147 $ le baril en juillet 2008 à 37 $ en décembre de la même année) les revenus des producteurs baissent, et pour survivre, ils licencient, les gouvernements sont appelés à la rescousse (à nouveau) L’aide est décidée, elle peut être fatale (c’est un autre problème dont il conviendra de reparler))…

Le système économique planétaire fondé sur la concurrence et le marché suivant le modèle capitaliste ne nous laisse pas le choix. La régulation doit venir du politique, c’est la leçon que l’on peut tirer de la crise actuelle.  Si les gouvernements abdiquent face aux puissances économiques, qu’ils soient du Sud (les pays pauvres gangrénés par la corruption) ou du Nord ( les pays riches gangrénés par l’opulence), ils trahissent leurs peuples et les devoirs de leur charge. La corruption (côté hard) le « toujours moins d’Etat » (côté soft) maintiennent les peuples à genoux.

Haro sur les spéculateurs. Que les gens retrouvent le gout de la politique, la volonté de maîtriser leur destin, le courage de changer leur mode de vie face aux dérèglements financiers, économiques et environnementaux dont il n’est pas possible aujourd’hui d’ignorer le cercle infernal.

Vive la démocratie planétaire et toutes les forces qui y participent à commencer celles qui agissent petit pas par petit pas, dans nos quartiers ou nos bourgades, nos villes ou nos provinces, nos pays ou nos continents : et pourquoi , ne pas se sentir investis de faire bouger les choses dans l’action de tous les jours ?

Cet article est publié sur mon blog politique perso   http://christian.nannini.free.fr/ ou MOnpostDEMocrate.eu

PETITS BRICOLAGES ENTRE AMIS
UN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISE
Partie IV

4/ Sauve qui peut !

 On compte quatre types possibles de sorties de la crise ; certaines sont des changements d’autres des simulacres

 4.1 Accommodation : ce sont les changements qui ne changent rien (communément nommés « changements 1 » dans l’approche systémique) ; ils soulagent et rassurent mais ne garantissent pas la durée de la réparation. On les reconnaît à la crise suivante : ils correspondent aux « petits bricolages ». Exemple de ce type de changement sans changement appliqué à la crise que nous traversons : le renflouement des banques, réalisé par les puissances publiques, et présenté comme urgent et nécessaire pour sauvegarder l’économie capitaliste. Le constat aujourd’hui est que, toute tentative de contrôle et de régulation de l’investissement public ayant échoué, ce sont surtout les intérêts privés qui ont été sauvegardés.

 4.2 Remaniement ou apprentissage : quand les systèmes sont suffisamment sains et qu’il s’agit d’apprendre à utiliser les ressources existantes ou à les augmenter. Ils correspondent aux « réformes adaptatives ». Pour faire face à la situation de crise, les responsables politiques (réunion du G20 du mois d’Avril 2009) ont proposé en sus du renflouement les banques, de légiférer sur les paradis fiscaux et d’exiger des garanties d’un fonctionnement différent. Le monde financier, fidèle à la nature même d’un modèle centré sur le profit, a résisté à cette reforme « raisonnable » pour continuer à faire plus de la même chose (ex:les bonus etc..)

4.3 Bifurcation : changement qui introduit une discontinuité. Il se produit de façon brutale et il a des résultats inattendus. Le système a été poussé à inventer par l’importance de la crise. Ce sont des « changements de type 2 » dans l’approche systémique, les processus à l’œuvre sont larges et circulaires. Ils correspondent au projet d’un « autre monde ». Le mouvement de réexamen des prémisses qui servent de bases à notre modèle économique pourrait provoquer ce type de changement. Mais il s’agit d’un changement difficile à organiser et à maitriser.

 4.4 Rupture : pas d’évolution possible par épuisement des ressources et motivations. Le système disparaît en tant que tel. Dans la communauté scientifique il est maintenant acquis que nous pouvons passer un seuil d’irréversibilité en matière d’équilibre écologique qui mettrait en jeu la survie de l’humanité.  

 Les sorties 1 et 2 sont le résultat de choix volontaires, raisonnables, liés à des objectifs annoncés. La sortie 3 (comme la 4) ne peut pas être la résultante d’une programmation parce qu’elle suppose que le système invente quelque chose qu’il ne connaît pas encore, qu’il s’ouvre vers les possibles sans se crisper sur une cible.

Si nous suivons la tendance qui semble naturelle (qui est plutôt celle du non changement)  et qui se présente comme la plus accessible, nous allons utiliser les sorties 1 et 2. Il faut dire que le mode d’emploi de la sortie 3 n’est pas si simple : il s’agit de concilier la nature systémique et complexe du monde, c’est à dire l’imprévisibilité de son évolution, et la volonté de changement.

Sondages et fait du prince

En guise de commentaire sur l’article de R Rochefort, député européen du MODEM sur les sondages élyséens http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/rochefort-reaction-sondages-elysee-170709.html

Début août 2009 à Casablanca au Maroc, des policiers investissaient une imprimerie avec l’ordre de détruire les exemplaires prêts à la distribution du magazine indépendant « Tel Quel » ( LM du 4 et 5 août 2009): ils agissaient sur ordre du pouvoir politique et sans autorisation de justice. Cet hebdomadaire relatait les résultats, pourtant favorables, d’un sondage d’opinion sur les dix années de règne de Mohammed VI roi du Maroc. Le magazine avait eu le tort de titrer dans son édition du 1er Août : «  le peuple juge son roi ». Comme le disait le chef de la police de ce pays : « un sondage sur la monarchie est inconcevable ». En oserais-je demander les raisons à ce haut dignitaire du régime, qu’il me répondrait que la personnalité du roi est sacrée et que toute légitimité procède de lui. Ainsi, c’est clair et d’une logique implacable : en monarchie le roi ne peut être jugé par son peuple.

De l’autre coté de la méditerranée, en France, a t-on plus de considération pour le peuple qui s’est affranchi de la monarchie depuis belles lurettes ? En principe oui. Aujourd’hui notre Constitution règle le jeu démocratique par le gouvernement du peuple par le peuple, pour le peuple. C’est clair, et notre démocratie est fondée sur un socle de libertés et de droits garantis par l’Etat de droit, ce qui caractérise nos institutions démocratiques. Plus cet Etat de droit puise sa force dans la loi, plus il est respectable et respecté. Néanmoins le bât blesse chaque fois que le jeu démocratique est vicié, ou détourné par ceux là même qui devraient le protéger.

Que penser alors de ces autres sondages qui font également grand bruit ( LM 31 Juillet et 8 Août 2009)  dans notre pays, ceux pointés par la Cour des Comptes, commandés par l’Elysée à hauteur de 1,5 millions d’euros, financés par l’argent public et pour quelle utilité publique ? Certains mauvais esprits diront que leur publication auprès de médias sélectionnés ( Le Figaro et LCI ) relève d’une volonté d’instrumentaliser l’opinion notamment en période électorale, d’autres mettront en doute la rigueur et l’objectivité des sondeurs, et la déontologie du prestataire de service, l’Institut de sondage (Opinion Way) . Plus sèchement la Cour des Comptes y voit quelques entorses au droit des marchés publics, mais selon l’adage inversé, pas d’auteur pas d’infraction, l’événement sera vite oublié, une amnésie sous forme d’amnistie.

En résumé d’un coté un sondage interdit et un peuple soumis, de l’autre des sondages avalisés et un peuple instrumentalisé, et dans les deux cas par le même fait du prince. Mais ce qui est cohérent dans la situation marocaine ( sans doute en mutation) est intolérable ici, la démocratie, le droit et la justice ont vocation à régner plutôt qu’à déserter.

Le mouvement démocrate est à sa juste place lorsqu’il traque le fait du prince ouvrant sur les abus et le mépris du peuple : le mal est si profond qu’il gangrène la vie démocratique et se répand comme une tache d’huile sur les petits potentats locaux. La manière d’exercer le pouvoir à tous les échelons signe la démocratie dans laquelle nous vivons et il n’est pas sûr que les mœurs politiques françaises soient exemplaires à cet égard à l’interne comme à l’externe des partis politiques, les petits et les gros , les anciens ou les nouveaux.

Christian nannini VPmodem30 et son blog perso http://christian.nannini.free.fr/ ou http://www.monpostdemocrate.eu

TCHERNOBYL, MON AMOUR!

Le 26 avril 1986, un des réacteurs de la Centrale nucléaire de Tchernobyl explosait engendrant une catastrophe humaine et écologique dont c’est le 23e anniversaire : un des accidents nucléaires le plus grave de notre histoire survenu sur le territoire de l’ex Union Soviétique en Ukraine, une petite république socialiste qui, au lendemain de la chute du mur de Berlin, a déclaré son indépendance et se porte candidate aujourd’hui pour entrer dans l’Union Européenne.

Le sarcophage de béton édifié dans l’urgence autour du réacteur défectueux a vieilli. L’édifice menace de s’effondrer et de ne plus assurer le confinement à 100% des substances radioactives qu’il contient. Deux entreprises françaises Vinci et Bouygues sont responsables des travaux de consolidation qui seront en principe terminés vers 2012, à moins que la centrale nous éclate en pleine gueule d’ici là.

Avec la candidature de l’Ukraine, l’Europe hérite aussi de cette plaie béante du danger nucléaire, et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Avoir Tchernobyl sous nos yeux et notre responsabilité pourrait freiner quelque peu la convergence actuelle vers un recours de plus en plus massif et programmé à l’énergie nucléaire.

Nous entendons l’économiste britannique Nicholas STERN, 63 ans, mondialement connu, surnommé le Lord Vert, une sorte de maître à penser des écologistes. Il a étudié les conséquences économiques du réchauffement climatique planétaire. Ses analyses sont pessimistes comme en attestent ses publications sur la question (son rapport en octobre 2006 sur l’économie du changement climatique, son livre paru cette année intitulé « The Global Deal : Climate Change and the Creation of a New Era of Progress and Prosperity –PublicAffairs.) Il est partisan de l’effort maximum pour lutter contre ce phénomène : le 2% du PIB que les pays riches acceptent d’y consacrer, est insuffisant selon lui, ce qui lui vaut des critiques acerbes de la part de ses collègues plus conservateurs ; mais sa réputation mondiale lui permet de défendre un modèle de développement plus durable qui s’appuie sur le constat que « nous sommes la génération qui a le pouvoir de détruire la planète ».

Alors quelle place pour l’énergie nucléaire ?

Nous entendons alors Nicolas SARKOZY, élu Président de la République française en 2007, surnommé « le petit Napoléon » et fier que notre pays possède le deuxième réseau mondial de réacteurs nucléaires (après les USA) , ainsi qu’un des fleurons de l’industrie nucléaire mondiale à savoir l’entreprise AREVA , dirigée par Mme Anne LAUVERGEON.

« L’ère du pétrole bon marché, c’est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d’avenir et une énergie indispensable ». Le recours à l’énergie nucléaire, comme ses conseillers le préconisent, faciliterait aussi la lutte contre le gaz CO2 à effet de serre et contre la consommation des énergies fossiles à l’origine du réchauffement climatique.

Quid alors des déchets nucléaires radioactifs produits par nos centrales atomiques, quid du démantèlement des anciennes et du remplacement d’anciens réacteurs par de nouveaux réacteurs plus performants ?

Alors on repense à Tchernobyl, à ces hommes sacrifiés au nettoiement du site lors de la catastrophe, à tous ceux qui sont morts et continuent de mourir dans les zones irradiées, au lobbying nucléaire, à la morgue politique de ceux qui veulent décider seuls des programmes électronucléaires, les mêmes que ceux qui avaient décidé à l’époque d’arrêter le nuage radioactif de Tchernobyl à nos frontières en chassant la vérité au nom d’un gros mensonge d’Etat : François MITTERAND Président socialiste de la République , Jacques CHIRAC premier ministre de droite et son gouvernement, le ministre de l’intérieur Charles PASQUA (je le cite « la liberté s’arrête où commence la raison d’Etat »), le ministre de l’environnement Alain CARIGNON ( un des premiers à avoir été incarcéré pour des actes de déloyauté dans la conduite des affaires publiques), le ministre de l’industrie et de la recherche Alain MADELIN (chantre du libéralisme capitaliste absolu) la ministre de la santé Michele BARZAC, le ministre de l’agriculture François GUILLAUME.

J’aime le souvenir de Tchernobyl, il m’apprend à rester éveillé, il m’apprend que l’énergie nucléaire est un patrimoine mondial, qu’il est impossible d’envisager une quelconque politique sur cette question, si l’on accepte pas la nécessité d’y répondre collectivement à l’échelon planétaire, il m’apprend à penser à l’humanité en danger et à la responsabilité collective qui s’y attache, il m’apprend à honnir la désinvolture et le mensonge d’Etat. .

christian nannini  VPmodem30

MON BLOG POLITIQUE      http://christian.nannini.free.fr/?cat=6

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MOnpostDEMocrate - 07 novembre 2009
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