'partis politiques'

PRECIS DE DÉCOMPOSITION AVANCÉE… À L’USAGE DU MODEM

puzzleLe MoDem est aujourd’hui en état de décomposition. Une décomposition qui laisse apparaître l’absence totale de squelette.  Beaucoup de chairs, de rondeurs, de muscles, de discours lumineux,  ont créé l’illusion de la force, et ont donné de la matière à un espoir légitime. Le « ni droite ni gauche », le « faire de la politique autrement », « la troisième voie »« l’alternative à l’alternance », « le projet humaniste », autant de promesses d’une naissance et autant de formules qui, en faisant office d’attracteurs des désespoirs en politique, ont caché jusqu’ici lesconfusions qui ont présidé à la constitution du MoDem.

1. La première confusion, fondatrice de toutes les autres :

Si l’on s’en tient aux faits et à leur enchaînement, peut-on dire que la naissance du MoDem est véritablement une naissance ou bien que ce parti serait issu d’une sorte de mue, de transformation ? Du même (UDF), travesti en différent (MoDem) ou du différent  ayant du mal à se différencier du même ?

- Un changement sans nom : le Centre devient le Centre

Un peu avant les présidentielles de 2007, l’UDF semble se transformer de l’intérieur. On peut dater les signes de cette transformation du Congrès de 2006 au cours duquel l’UDF s’est déclarée parti libre et indépendant (de l’UMP de Sarkozy). En général, ce type d’évolution correspondant à une affirmation d’identité et n’exige pas une rupture ; elle se produit naturellement  par crises légères, et en  débouchant sur des étapes d’intégration. Dans ce cas il ne s’agit pas, en effet, de changer fondamentalement les contenus politiques mais de les adapter aux  nouvelles réalités.

Ainsi en 2006, l’UDF utilise les dispositifs organisationnels (congrès, vote…) dont dispose toute institution pour marquer un pas décisif en restaurant l’idée d’un Centre existant en soi.

Cette revendication d’indépendance, si elle avait pu donner au mot « centre » un contenu plus substantiel que celui de « ni droite, ni gauche », aurait peut être mérité d’être appuyée par un changement de nom. A moins qu’il ne se soit agi alors, que de se démarquer de l’UMP pour permettre à Mr Bayrou de se présenter face à Sarkozy lors des  présidentielles ?

-       2007 la révélation

Aux présidentielles de 2007, Mr Bayrou fait un score dépassant largement les voix traditionnelles de l’UDF (7 millions d’électeurs), la division de la gauche, l’absence de consensus  autour de  Ségolène Royal, n’étant pas étrangères aux résultats. Quoiqu’il en soit, Mr Bayrou se trouve investi par des voix venant de la gauche, du centre, de la droite…, intéressées par la proposition d’une « troisième voie ». Bref de quoi rêver à un grand rassemblement.

-       Rassembler pour régner

Ces résultats encourageants conduisent Mr Bayrou à envisager la création d’un nouveau parti.

Pour cela, il devient nécessaire d’enterrer rituellement l’UDF (traditionnellement marqué à droite), ce qui fut fait au dernier Congrès UDF de novembre 2007, pour fonder un nouveau parti, ce qui fut fait au congres fondateur de Villepinte en Décembre 2007, qui prenait acte de sa nouvelle composition : les anciens UDF, les adhérents de CAP 21, et les adhérents pré-Modem (ceux qui étaient pro-Bayrou et pas UDF avant les présidentielles).

Il arrive alors quelque chose d’étrange à l’UDF : elle garde son nom tout en disparaissant, elle reste centre droit tout en devenant « pluri-idéologique », elle ne change pas tout en changeant. A moins de supposer que les nouvelles alliances avec les écologistes ou les militants venant de la Gauche, ne changent rien à l’identité UDF, auquel cas on peut dire alors qu’elle change tout en ne changeant pas. Et encore un peu de confusion !!!

Le mouvement que fait alors l’UDF ressemble à un changement de cap même si l’on peut se demander si par ce mouvement l’UDF se transforme ou bien si elle meurt ?

Ou bien est ce que F BAYROU, adepte secret de la pensée chinoise, pensait qu’en changeant le nom il changerait la chose, que le nom ferait unité, et qu’en décrétant le « mouvement » (« Mouvement Démocrate »), il pourrait l’instaurer ?

On peut essayer de puiser des éléments de réponse dans l’analyse institutionnelle. Selon les statuts du MoDem, l’UDF au même titre que CAP21 devient membre fondateur du MoDem : Didier BARIANI en 2007 affirme : «  je reste à l’UDF qui crée le MoDem » Itélé 12 juin 2007). Or, en créant le MoDem, l’UDF perd toute identité séparée puisqu’elle cesse de fonctionner en tant que telle et devient ainsi une coquille vide. Ce n’est pas le cas de CAP21, qui reste une entité à part entière, qui continue congrès et réunions, conserve une autonomie financière et programmatique séparés, et peut trois ans après le congrès fondateur, sortir du MODEM si elle le décide.

Dans cette situation, comment l’UDF et ce qu’elle représente, peut-elle en même temps être morte et vivante à la fois?

(… bon… d’accord… le chat de Schrödinger aussi !  et pour en rire )

Poursuivons :

Comment l’UDF peut-elle ne plus exister en soi et être en même temps un membre fondateur du Modem. Dans cette logique, comme le proposent les statuts du MoDem, les adhérents de l’UDF (et de Cap 21, lui aussi membre fondateur), sauf s’ils en manifestent le désaccord, sont membres du Modem ipso facto, sauf que les CAP21 restent également à CAP21 alors que les UDF deviennent des fantômes.

Il y a comme un flottement institutionnel !!!

Et personne n’a évidemment la naïveté de penser que tout ceci n’a rien avoir avec les aspects financiers…

Aujourd’hui Didier Bariani, figure historique de l’UDF, vient de quitter le MoDem . Avant lui bon nombre d’élus UDF avaient déjà franchi le pas, soit en intégrant l’UMP, soit en créant un Nouveau Centre, inféodé au parti du Président et en revendiquant la marque UDF.

- Magie de l’engagement

Ainsi par un tour de passe exemplaire, illustrant parfaitement le « comment changer sans changer », les adhérents UDF se retrouvent MoDem. Et, même si le vote des adhérents UDF a bien crédité cette modification en 2006, il semble que l’acte de création d’un parti aurait mérité que les adhérents s’engagent individuellement dans la plus grande clarté en notifiant ainsi le changement de ligne politique et leur adhésion à cette réorientation. On attend en effet d’un engagement politique qu’il ne fonctionne pas sur le modèle de ces contrats commerciaux d’adhésion qui misent sur le fait que les consommateurs n’auront pas les réflexes ou la détermination pour s’opposer au renouvellement « tacite ».

-       Se séparer ou mourir

Il n’y a pas d’identité ou de différenciation sans séparation. Les organisations humaines ont besoin de rituels pour sortir des confusions et permettre les passages d’un état à un autre. Ainsi le processus de la création du MoDem aurait d’évidence gagné en transparence si Mr Bayrou avait :

  • soit permis la clôture institutionnelle de l’UDF,
  • soit quitté l’UDF, pour fonder un nouveau parti
  • soit appelé à une adhésion individuelle et volontaire des anciens membres de l’UDF au MoDem.

Seraient alors devenus adhérents du MoDem ceux qui acceptaient l’exercice conscient de ce changement ou ceux qui voyaient là un espoir de changement.

-       Identité zéro

Aujourd’hui se retrouvent au sein du MoDem ceux qui continuent à se penser UDF (se sentant bien entendu légitimés par l’histoire de leur appartenance à la droite républicaine) et ceux qui pensaient débarquer sur une plage vierge et inventer le « ni droite ni gauche » : il y a donc ceux qui « continuent »… et ceux qui « commencent »…

On pourrait - pourquoi pas ?-  accepter que les  lignes politiques s’éclaircissent au fur et à mesure, et que cette séparation (entre ceux qui se reconnaissent dans le MoDem ou pas) se fasse en s’appuyant sur la ligne politique identitaire que ce parti construit. Elle aurait ainsi permis de réparer les confusions du départ pour que chacun puisse décider alors de partir ou de rester.

Mais c’est loin d’être le cas parce que, à ce jour, en interne comme en externe nul ne saurait dire vraiment en quoi on fait ici de la politique autrement et où sont visibles les choix qui constituent l’identité de ce parti. Nous en arrivons donc à une situation dans laquelle on ne sait pas bien quel sens politique donner au fait d’appartenir à ce parti.

-       Retour case départ :

Un rassemblement n’est pas un empilement car il demande un véritable travail de dépassement et de création ; l’intérêt du patchwork c’est l’harmonie finale…

A ce jour, la composition du MoDem se décompose : le lien avec Cap 21 s’étire dangereusement, Bayrou allant du coup chercher des couleurs écologistes du côté d’Alliance Ecologiste Indépendante ou d’un Bennhamias redevenant « vert ». Les UDF purs et durs sont déjà partis vers le Nouveau Centre, ou plus loin encore vers la droite, et ceux qui restent comptent bien ne pas laisser s’installer les nouveaux adhérents qui tirent vers la gauche. Bref quand les MoDem se rencontrent ils se demandent d’abord (n’en déplaise à Mr Bayrou) s’ils sont MoDem de droite ou MoDem de gauche, anciens UDF ou nouveaux centristes… !!!!

Le MoDem est-il donc en train de redevenir l’UDF ? N’est ce pas la logique du  processus institutionnel qui a présidé à la naissance du MoDem qui a permis une confusion majeure : s’agissait-il d’une transformation de l’UDF  ou d’un changement annonçant sa mort ? Est ce que Mr Bayrou a simplement voulu accrocher quelques wagons supplémentaires à l’UDF ou bien est ce qu’il a invité tout le monde à monter dans un nouveau train ? Il n’est pas sûr que les adhérents MoDem puissent répondre à cette question. On entend revenir en ces « temps difficiles », dans les discours de Mr Bayrou, les mots « centre, centristes » : est ce un signe ?

2. Deuxième confusion: inventaire des promesses.

Si le processus de naissance du MoDem laisse place à de réelles confusions que son fonctionnement interne n’a toujours pas permis de dépasser, il n’en est guère mieux de son argumentaire de ralliement, constitué essentiellement d’un dépassement de la bipolarité gauche-droite et d’un renouveau de la démocratie. Et nous voici au seuil de la deuxième confusion qui a présidé à la définition du MoDem.

- Nouvel horizon : l’impasse.

« La troisième voie », le « ni droite, ni gauche », sont les slogans qui ont servi de bannière au Mouvement démocrate  et entrainé dans leur sillage la masse de ceux qui en avaient assez de la vie politique française, ou de ceux qui voulaient croire à de nouvelles voies. Je laisse de côté ceux qui pensaient qu’un nouveau parti était l’occasion de se saisir de nouveaux mandats ou ceux qui pensaient que Mr Bayrou  faisait juste « comme si » et qu’au fond rien n’allait vraiment changer dans l’UDF, à part le nom ( pas chinois ceux là !).

Pour ceux qui  croyaient vraiment aux annonces de ralliement, ce « ni droite ni gauche » constituait aussi la possibilité que les adhérents venant des trois horizons (UDF, CAP21 et pré modem) puissent travailler ensemble. Le constat aujourd’hui, au compte des démissions en chaîne, est que cette rencontre du « troisième type » n’a pas encore eu lieu. Et que rien de nouveau n’a été créé, ni écologie, ni démocratie,  rien de plus que ce que la notion de « centre » évoquait déjà pour tous.

- Partis ou politique

Pourquoi donc ce slogan « ni droite, ni gauche », qui a enthousiasmé autant de gens, s’est-il montré aussi stérile ?

La source de la confusion me semble se tenir dans le fait de n’avoir marqué aucune différence entre les idéologies Droite / Gauche et les organisations UMP/ PS ou partis de droite et partis de gauche.

Est ce que ce sont les (dys)fonctionnements des partis ou les idéologies droite gauche qui étaient en question ?

Les abstentions lors des élections européennes, ont montré et démontré à ceux qui veulent bien voir, que ce que le « peuple » (un bien joli mot) ne supporte plus c’est que les partis politiques soient si loin des réalités quotidiennes (problème de la représentativité : « Les multiples dysfonctionnements du système représentatif sautent aux yeux de tous les citoyens… alimentant une atmosphère de désenchantement » (Pierre Rosanvallon : Réinventer la démocratie. Paru dans le quotidien Le Monde 29/04/2009)). Il semble que plus on veuille séduire le peuple par des stratégies électoralistes et plus il s’éloigne de l’exercice de la démocratie et de l’urne.

Les partis politiques, par ailleurs,  sont les lieux où l’on parle le moins de politique (il vaut mieux pas, ça fâche ! et ça pourrait nous empêcher de faire campagne ensemble). Ils aspirent à devenir de véritables machines de guerre électorales qui tendent à conquérir le pouvoir et à le garder.

Electoralisme, absence de proximité, ont mis à mal la crédibilité des partis politiques sans véritablement entamer les repères que continuent à être les notions de droite et de gauche. Autant il est possible de penser d’autres organisations politiques que le PS ou l’UMP, autant le repérage idéologique droite gauche semble difficile à éliminer.

- Fin des partis ?

Donc, bien au delà de la gauche ou de la droite, ce sont les organisations des partis politiques, et en particulier la place première donnée à la stratégie électoraliste, qui ont, de façon paradoxale, fortement égaré le peuple des électeurs, en les privant de tout sentiment de proximité et en les mettant dans la difficulté de faire des différences entre tous les discours électoraux (« tous pourris, les mêmes… »). Ce sont les fonctionnements de partis qu’il nous appartient donc de questionner à partir de ce constat qu’il faut être « dehors » pour parler librement de politique. Où se trouvent alors les lieux de la démocratie hors les temps de vote ?

- Alternative incontournable

Les  notions de Droite et de Gauche résistent pourtant à ce naufrage annoncé parce que, au delà des partis qui les utilisent comme caractères identitaires, elles représentent un ensemble de valeurs idéologiques repères permettant à chacun, de façon rapide et fonctionnelle, de choisir une des branches de l’alternative essentielle entre le primat de l’économie sur la politique ou bien le primat de la politique sur l’économie.

Dans le cas du primat de l’économie, c’est la loi du marché qui décide, c’est à dire un ensemble de règles et de priorités dont le sens nous échappe de plus en plus. Alors que nous, « citoyens lambdas », n’avons aucun pouvoir sur le « marché », nous sommes priés d’en accepter les responsabilités : dans la crise que nous traversons, ce sont les Etats, c’est à dire nous, qui sommes contraints de renflouer les banques d’affaire qui ont failli. Le peuple, doit consentir, le dos au mur, à se garantir lui même de la récession économique.

Choisir le primat du politique sur l’économique a fondé historiquement les idées de gauche. Aujourd’hui cette direction est la seule qui permette de faire le choix de sortir des lois du marché pour ouvrir sur la question d’une autre croissance, sur la question de l’écologie, sur la question de nos modes de vie : autant d’interrogations tout à fait essentielles dans un débat  démocratique, mais qui ne cessent d’être discréditées par les forces économiques dominantes. Dans l’affirmation de cette volonté politique, il y a la liberté de donner une place  à nos choix concernant nos modes de vie et notre mode de développement, au plan local comme au plan mondial.

Pourquoi donc vouloir inventer autre chose que le passage obligé par ce choix premier gauche ou droite, primat du politique ou primat de l’économique ?

Seule la volonté de fonctionner différemment de ces machines électorales que sont les partis politiques de l’alternance traditionnelle, pouvait conduire à ” faire de la politique autrement ». La troisième voie ce n’est pas alors le « ni droite ni gauche » mais le « pas comme dans les autres partis ». Un pari impossible peut être mais,  la différence à inventer, s’il fallait en inventer une,  se trouvait alors du côté du fonctionnement démocratique, et de la capacité à mettre les gens en marche.

- Démocratie me voilà !

Mr Bayrou ayant mis tous ses talents d’orateur à défendre la démocratie, on aurait pu s’attendre à ce que ce  parti invente enfin une nouvelle façon de faire de la politique dans son fonctionnement propre. Il aurait pu par exemple :

-       Cimenter l’union fondatrice UDF-CAP21 .

-       Se préoccuper de développer une identification plus claire du MODEM dans le paysage politique et proposer une manière de  maitriser la réalité économique du capitalisme mondialisé.

-       Miser sur l’indépendance pour garder la cohérence interne en refusant les  jeux d’alliances à géométrie variable.

-       Reconnaître ses amis en politique, au delà de la droite et de la gauche, à leur volonté démocratique et à leur engagement écologique.

-       Avoir confiance dans l’élan qui avait rassemblé en 2007 les militants venant de courants différents, être attentif aux confrontations locales, favoriser le débat et les processus démocratiques.

Mais pour aller dans ce sens il aurait fallu s’appuyer sur la croyance que la voie démocratique est la seule possibilité de créer du nouveau en politique aujourd’hui.

-       La reforme ou la guerre

Quand à défendre une ligne politique générale s’appuyant sur la démocratie, on n’a pas non plus dans ce parti inventé une troisième voie parce que la seule façon de l’inventer aurait été de promouvoir la démocratie comme force d’appui. « Le petit livre orange », défend une conception réformiste du changement en politique.

Si réformer signifie mettre en route des modifications et améliorations touchant à la société, alors tous les partis peuvent se prétendre réformistes. La différence entre les diverses propositions, devrait se jouer dans le fait d’annoncer quelle est la cible véritable de ces réformes : l’aménagement raisonnable du modèle de développement sociétal existant  ou le mouvement vers un changement de modèle de société ?

Pour changer de modèle on a besoin de la force de la participation active des citoyens, c’est à dire de favoriser une « société démocratique » (Pierre Rosanvallon ; cours du Collège de France 2010) et une démocratie participative, parce que les forces économiques capitalistes auxquelles cette société est confrontée sont puissantes et qu’aucun homme politique n’avancera sur ce chemin sans les citoyens.

-       Républicain ou démocrate ?

Or dans « le petit livre orange », la république (régime garantissant l’égalité de tous en droits et en devoirs) tient lieu de démocratie, celle ci se résumant en ce qui concerne le pouvoir des citoyens au delà des urnes, à ce qu’ils soient « informés » pour devenir plus conscients. Alors que la démocratie c’est l’organisation des débats citoyens et du pouvoir donné à la parole des citoyens au delà des processus électoraux (et la possibilité relève évidemment de la responsabilité des politiques), la transparence et le respect des processus de décisions.

Il semble que pour Mr Bayrou la démocratie soit plutôt représentée par cette devise : « je pense et décide pour le plus grand bien du peuple » : Républicain ? peut être. Plein de bonnes intentions ? sans doute. Démocrate ? sûrement pas !

Donc, pas plus sans doute au MoDem que dans les autres partis, on n’a fait de la politique autrement parce qu’il est clair que ceci se serait fait au détriment dans un premier temps de la sacro sainte stratégie électoraliste.

- La troisième voie : démocratie et écologie

Exercice difficile que celui de la démocratie, consistant peut être à faire d’abord la différence entre contenus et processus.

La démocratie est l‘organisation sociale dans laquelle les responsables politiques créent la possibilité que l’exercice du pouvoir soit sans cesse contrôlé par les citoyens. Le risque d ‘un régime représentatif est qu’il peut aboutir à une pseudo démocratie, le peuple par lassitude et découragement abandonnant peu à peu le pouvoir à quelques uns. La démocratie est donc l’établissement de processus de vigilance et de participation.

On connaît bien entendu l’argumentaire mystificateur consistant à dire que les citoyens ne sont pas capables de faire les bons choix en matière politique. L’expérience montre, en fait,  que plus les citoyens sont impliqués dans les processus de décisions, plus ils s’informent et s’intéressent… et que plus les représentants élus  sont « experts » et éloignés (gouvernement centralisé) et plus les citoyens ont tendance à abandonner l’intérêt pour les affaires de la cité. Ainsi promouvoir la démocratie c’est promouvoir les possibilités de participation aux décisions, ceci constituant le premier volet de cette troisième voie.

Mais  bien entendu la troisième voie, c’est aussi prendre position pour  valider le primat de la politique sur l’économie (caractéristique de  l’identité de la gauche et représentée aujourd’hui également par la pensée écologiste), ce qui signifie accepter de s’engager dans une épreuve de force dans laquelle l’état défendrait une vision de l’homme moins absurde que celle à laquelle nous conduit l’économie capitaliste mondialisée. Ce qui signifie changer de modèle de société. On ne peut sans doute pas attendre, en effet, d’une économie capitaliste qu’elle protège le sens de la vie et s’inquiète des valeurs qui nous gouvernent mais on peut attendre d’un gouvernement élu démocratiquement, qu’il ait une pensée politique soutenant la culture comme caractéristique de l’humain, soutenant l’écologie comme mode de réflexion et d’action quant à notre place dans le monde, plutôt que l’industrie de l’armement comme caractéristique de l’animal en nous, par exemple. Ceci ne peut se faire sans la force politique que constituent les  citoyens.

Il ne s’agit alors pas tant de « droite ou de gauche » mais plutôt de se demander comment les partis de gauche sont restés fidèles à la Gauche ou pas,  la démocratie ne pouvant par définition avoir quoi que ce soit à faire avec la droite qui s’accorde mieux avec toutes les formes d’oligarchie. (Jacques Rancière : La haine de la démocratie)

Qu’un parti de gouvernement de droite ne soit pas fondamentalement démocratique c’est dans sa nature, qu’un parti de gouvernement de gauche soit oublieux de ses forces démocratiques c’est désormais connu, qu’un petit nouveau parti qui s ‘affiche avec l’onction démocrate commence à irriter ses militants par son « déficit démocratique », ça c’est perdu d’avance.

-       J’ai fait un rêve

Ces valeurs, « humanisme, république, démocratie (représentative), justice, écologie »… sont les valeurs traditionnelles de la gauche. Le PS les a sans doute laissées sur le bas côté pendant toutes ces dernières années au nom du « réalisme politico-économique ». Enorme trahison !!!

… Alors, porté par l’élan des présidentielles de 2007, Mr Bayrou aurait pu réinventer une « gauche » démocratique et écologiste… il aurait pu entendre le message écologiste, c’est à dire non pas la défense de la « nature » comme éco système mais une nécessaire révision de ce qui a fait courir l’humanité jusques ici,… il aurait pu promouvoir au sein de son parti une organisation exemplaire de démocratie… il aurait pu …

Mais ne s’agissait-il pas plutôt pour lui de trouver une place présidentiable hors des territoires déjà occupés (gauche et droite)?

A cette question, une réponse est donnée dans l’interview de JL Bennahmias par 20minutes.fr le 25/02/2010. Selon le journaliste, Jean-Luc Bennahmias, vice-président du MoDem, juge ainsi « illusoires » les rêves de démocratie interne de militants «candides». Bennahmias explique en effet : «Le parti est un tremplin pour la présidentielle. Ceux qui pensaient le contraire n’ont rien compris».

Le Non à la droite, Non à la gauche…, slogan de Mr Bayrou, a fait son temps  parce qu’ il ne suffit pas de dire « NON » il faut encore savoir à quoi on dit « OUI » et en quoi ce « oui » était différent de la position centriste qu’il occupait jusques là.  Signe des temps, le mot « centre », revient curieusement dans les discours de Mr Bayrou en ces moments difficiles des pré régionales.

- Conclusion:

Dans le paysage politique actuel, Mr Bayrou est le seul à revendiquer pour son parti une identité démocrate (mais peut être a-t-il une autre idée de la démocratie ?), et une autre façon de faire de la politique : rien d’étonnant à ce qu’il soit mis en demeure par les militants de pratiquer une démocratie exemplaire à l’intérieur de son parti et de proposer un nouveau modèle sociétal démocratique.

Quand il a eu l’audace d’appeler son parti « démocrate », il a soulevé la vague de fond de tous ceux et celles qui voulaient qu’on entende enfin leur voix ; en cette fin de rêve, la gravité de la blessure est à la mesure de la promesse non tenue parce que le projet démocrate ne pouvait sans doute pas s’accommoder de bricolages avec l’ancien modèle capitaliste et industriel qui nous reconduira naturellement à de nouvelles crises.

ECRIT PAR LESAILES. Mars 2010

A titre d’information :

NAISSANCE DU MODEM. DÉCEMBRE 2007

« Il est créé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et dénommée Mouvement Démocrate (MoDem). 
L’Union pour la Démocratie française (UDF), Citoyenneté, Action, Participation pour le XXIe siècle (CAP 21) et les personnes physiques à jour de cotisation au 2 décembre 2007 sont membres fondateurs du Mouvement Démocrate. »

Cet article est publié sur le site d’origine   http://christian.nannini.free.fr/ou MOnpostDEMocrate.eu

Le papa Noël des partis politiques

Montesquieu

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Eh oui, les cadeaux ne sont pas faits que pour les enfants. Prenons le cas des  partis politiques. l’Etat les finance, il leur fait des cadeaux à sa façon: directement par l’octroi d’une aide publique budgétaire (coté pognon) et indirectement  par une ristourne fiscale accordée aux donateurs et cotisants (coté piston). En effet « le montant de l’aide publique affecté au financement des partis politiques est inscrit dans le projet de lois de finances et fait l’objet d’une répartition par décret, il est divisé en deux fractions. Une première fraction est destinée au financement du parti politique en fonction des résultats (le nombre de voix) obtenus aux élections  à l’Assemblée nationale, une seconde fraction est  destinée au financement des partis et groupements représentés au Parlement.”

Comme chaque année, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, instituée  pour assurer le contrôle de la transparence financière de la vie politique ( loi 88-227 du 11 mars 1988) a fait son rapport pour l’exercice 2008. Le lecteur y trouvera toutes les données chiffrées et commentaires publiés au Journal Officiel authentifié du 19 décembre 2009.  en cliquant ICI vous tombez sur le moteur de recherches, appelez le  JO recherché,  voir fin du sommaire  du JO cliquez à publication )

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Commission ( CNPPCF) n’est pas le « juge des comptes » des partis politiques : elle n’a pas accès aux pièces justificatives, cette tâche est dévolue  aux commissaires aux comptes qui doivent certifier les comptes déposés par les partis politiques. Ceux ci sont assujettis à des règles comptables dont la commission assure le respect : elle  valide la certification des comptes à posteriori. Il conviendrait de s’en inspirer à tous les échelons, aussi à l’échelon du mouvement départemental même s’il ne jouit pas de la personnalité juridique.

Selon son rapport, les dépenses des partis politiques en 2008 s’élevaient à 177 millions d’euros (année des municipales et cantonales menées à l’économie) contre  259 millions en 2007 (année des présidentielles et législatives beaucoup plus couteuses ). Les dépenses ont donc baissé de 2007 à 2008 d’environ 30%, et cette baisse concerne tous les partis politiques à l’exception du MODEM et du Nouveau Centre qui se sont constitués sur la mue de l’UDF.

La Commission a listé une douzaine de partis politiques dont 6 concentrent à eux seuls plus de 80% des dépenses à savoir, le PS, l’UMP, le PCF, le FN, le MoDem, les Verts : elle dresse des tableaux comparatifs qui renseignent sur leur évolution financière .

On apprend qu’en 2008 l’aide publique a  représenté 42% en moyenne des recettes totales des partis politiques.(*)

(*)les autres recettes se répartissent entre cotisations, contributions des élus, dons, autres recettes qui incluent l’excédent des comptes de campagne, les contributions d’autres formations  politiques, les produits de manifestations et colloques, produits d’exploitation, produits financiers, produits exceptionnels, et reprise sur provisions et amortissementsOn nous dit, dans le Gard, que les cotisations des adhérents au MODEM n’ont pas été reversées depuis deux ans au Mouvement départemental contrairement à ce que prévoient les statuts …à régulariser sans doute !!!

Le montant de l’aide publique directe accordée au MODEM (4 024 000 euros) est le troisième plus important après celui de l’UMP ( 34 484 000 euros) et le PS ( 22 702 000 euros). Le taux de financement du MODEM par l’argent public est le plus fort de tous les partis politiques, il atteint 72% de ses recettes, alors que ce taux est de 66% pour l’UMP et 38% pour le PS.(*)

(*)Le taux de financement du MODEM par ses cotisations  reste équivalent à la moyenne des tous les autres  partis soit autour de 15% de ses recettes qui représentent une somme de 944 323 euros ( 1/5 du total) Le taux de financement du MODEM par les contributions de ses élus reste faible : avec un montant de 74 264 euros sur le total des recettes, il arrive en 8 ième position.

Le papa Noël  contribue donc pour une grande partie au fonctionnement du MODEM : l’écart financier qui le sépare des partis de gouvernement (UMP, PS) rend difficile une augmentation de sa représentativité auprès de l’électorat (difficulté qu’il aura pour financer les campagnes électorales à venir et difficulté de dépasser le taux moyen de financement par les cotisations , fixé à 15 % pour l’ensemble des 12 partis politiques les plus importants.

La commission  estime, bien que ne disposant pas de chiffres précis à cet égard que le financement public indirect  ( avantages fiscaux) représente la moitié jusqu’au 2/3 de l’aide  publique directe (71 770 018 euros) : on peut donc évaluer approximativement  la part contributive de l’Etat au fonctionnement de la démocratie par l’intermédiaire des partis politiques  à un montant d’environ  100 millions d’euros

Certains diront que le papa Noêl n’est pas assez généreux pour la démocratie, d’autres que c’est bien suffisant pour jouer à la guéguerre électorale.

Quoiqu’il en soit tous ces chiffres mériteraient d’être rapprochés des autre aides  publiques au fonctionnement de la démocratie, à comparer notamment  avec les 6OO millions du plan de relance de la presse écrite décidée par N SARKOZY en janvier 2009 .

En conclusion il n’est pas inutile de se reporter à la définition des partis politiques, piliers de la vie démocratique et   à l’article 4 de la Constitution selon lequel « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage » « La loi garantit… la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. »

Le père Noël   … pourrait mieux faire !!!   … En tous cas, Bonne année électorale  au MODEM

Classement selon le taux de  l’aide publique directe accordée pour chaque parti politique d’aprés les données du rapport de la CNPPCF

1. Le Mouvement Démocrate 72%

4 058 000  d’euros financés par l’Etat soit 72 % des recettes totales d’un montant de 5 619 000  d’euros

2. L’ UMP 66%

34 484 000 d’euros financés par l’Etat soit 66% des recettes totales d’un montant de 52 108 000  d’euros

3. Le Mouvement pour la France 53%

863 000 euros financés par l’Etat soit 53% des recettes totales d’un montant de 1 612 000  euros.

4.    Le Parti radical de gauche 52%

1 081 000 euros financés par l’Etat soit  52% des recettes totales d’un montant de 2 047 000 euros

6.    Le Front national 47%

1 833 000 euros financés par l’Etat soit  47 % des recettes totales d’un montant de 3 854 000 euros.

7.   Le PS 38 %

22 702 000 euros financés par l’Etat soit  38 % des recettes totales d’un montant de 59 186 000 euros

8.   Les Verts 36 %

1 838 000  euros financés par l’Etat soit  36 % des recettes totales d’un montant de 5 166 000 euros

9.     La Ligue communiste révolutionnaire 32 %

894 000 euros financés par l’Etat soit 32 % des recettes totales d’un montant de 2 736 000 euros.

10.   Le PC  11 %

3 653 000 euros financés par l’Etat soit 11 % des recettes totales d’un montant de 31 559 000 euros.

11.    Lutte ouvrière 10 %

665 000 euros financés par l’Etat soit 10 % des recettes totales d’un montant de 3 629 000 euros.

12.    Le Nouveau Centre

avec des recettes totales de  1 517 000 millions sans financement public au titre du NC , mais financé au titre du rattachement de ses 23 parlementaires au parti polynésien Fétia Ati qui n’en comptait pas et auquel est alloué une aide publique de  1 024 000 euros(*)

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A partir des rêveries d’une autre culture
de consommation

Source : Article intitulé « Libérons nous de l’hyperconsommation » de Amitaï ETZIONI, dans le numéro spécial de Courrier international :Changer de modèle face à la crise 4ieme trimestre 2009.

Selon le sociologue américain  Amitaï ETZIONI, directeur de l’Institut d’étude des politiques communautariennes, le processus d’un changement de mentalité est en marche dans la société de l’hyperconsommation.

J’aurais tendance à vouloir le croire, il était donc impératif d’examiner son argumentation et questionner les déterminismes qui nous façonnent.

Pour les individus, quels sont les avantages à tirer d’autres formes d’accomplissement que la consommation ? Et pour les sociétés, la résistance au consumérisme ambiant au profit d’autres principes organisateurs, en rendrait –t-elle les membres  plus heureux ?

Il est vrai que la « consommation obsessionnelle » ou « la boulimie de consommation » qui agite nos  sociétés opulentes signe davantage une maladie sociale qu’un bien être des gens.

Certes les sociétés ne changent pas de direction du jour au lendemain, l’autre monde possible, comme la crise actuelle nous y fait penser,  en dehors de l’hyperconsommation, prendra du temps, le temps que mettront les individus à repenser leur bien vivre, à se libérer de la fièvre acheteuse qui les détermine via les messages publicitaires. Mais paraît-il le temps nous est compté. La planète n’est pas en très bon état et l’humanité non plus, elle « croît »toujours mais évidemment ce n’est pas à Dieu que l’on pense.

Il se pourrait bien qu’il n’y ait  pas de corrélation dans les pays riches (où le revenu annuel moyen par habitant est fixé autour de 20 000 $, environ le Smic en France) entre l’augmentation des revenus et le bonheur de la population, c’est en tout cas l’opinion avancé par ETZIONI, qui en conclut que nous avons besoin d’une autre culture qui célèbre l’épanouissement de l’homme autrement qu’à travers des achats et une vie consacrée à gagner plus pour consommer plus.

A-il raison de l’affirmer ?

ETZIONI a constate d’abord que les retraités qui ont sacrifié au cours de leur vie active  au modèle américain du développement économique capitaliste, qui ont obéi aux diktats des marchés, à savoir consommer toujours plus, pour produire toujours plus et travailler toujours plus, qui ont assuré ainsi la sécurité de leurs vieux jours, se détournent des pratiques de l’hyper consommation et en viennent de plus en plus à pratiquer des activités  différentes, plus simples sinon plus satisfaisantes ( activités artistiques, activités de bénévolat d’aide, reprise des études). ETZIONI qualifie ces activités qui mobilisent davantage des compétences sociales, du temps ou de l’énergie, d’ « activités communautariennes »

Il mise ensuite sur ce qu’il appelle « le mégalogue moral », c’est à dire un processus de dialogue de masse qui porte sur ce qui est juste,  qui donne à voir à un moment donné une autre légitimité de comportement, hier le droits des femmes, aujourd’hui le mariage gay, demain une autre culture de consommation, et émet des vœux de voir se répandre le processus de changement souhaité.

Il semble donc s’en remettre à ce qu’on appelle communément l’évolution des mœurs, et la crise actuelle serait l’occasion d’expérimenter une autre façon de consommer. Somme toute, il s’agirait de faire confiance au système et aux facultés d’adaptation de l’homme et là je coince…

Ces rêveries à elles seules n’auront pas raison, à mon avis, de l’emprise du Marché, elles ne feront que rendre vivable le Marché, c’est dire que  l’analyse de Amitaî ETZIONI ne me satisfait pas, la désaliénation de l’homme hyper consommateur ne va pas de soi. Il est fort à parier qu’il faille de la poudre de perlin pimpin politique  pour faire avancer les choses, et c’est là mon pote démocrate que tu interviens ( sourire), tu pourrais donc commencer à te préparer à assiéger la forteresse consommation, avec le seul moyen dont tu disposes, le droit et le non droit., la protection du consommateur et le boycott des produits superflus ou nuisibles.

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Politique et désillusion

Il a été dit et répété que Barack OBAMA risquait plus de décevoir que l’inverse, vu l’immense espoir de changement dont il a été investi partout dans le monde et principalement aux Etats Unis : il fallait donc s’y attendre à l’heure des bilans, que sonnent tous les détracteurs plutôt de mauvaise foi.

En France certains ont fait, au cours de ces trente dernières année  l’expérience politique de la désillusion . L’écart entre les promesses de campagne électorale et la réalité de l’exercice du pouvoir a fabriqué  un sentiment de déception et d’impuissance à l’origine, selon les mêmes, d’un risque démocratique non négligeable. En effet,  aux hommes politiques est renvoyée une vision peu rassurante de la politique qui se résume par deux expressions  populaires  « Pousse toi que je m’y mette » et « après moi le déluge ».

Il y a de quoi s’interroger sur un tel délitement de la confiance politique dans notre démocratie moderne.

D’abord, présidentialisme oblige, nos dirigeants désignés au suffrage universel doivent se plier  à la loi du plus grand nombre s’ils veulent remporter les élections : ils doivent séduire et financer leurs campagnes ; c’est tout un programme avant le programme. Inutile de se lancer si la finance ne suit pas. La marque du politique  est déjà engluée dans cette dialectique entre l’argent et la conquête du pouvoir.

Cette dialectique se retrouve  ensuite chaque fois qu’il s’agit de faire vivre un projet politique. Le politique ne peut pas vivre sans l’économie mais à contrario l’économie peut s’affranchir du politique . Le Marché a détrôné l’Etat, la Finance est devenue Finalité, le virtuel s’est substitué au réel et la vacuité du politique est devenue manifeste. Comment expliquer autrement l’acceptation par le politique de l’arnaque mondiale des « banksters » à laquelle il s’est prêté contraint et forcé pour parer à la crise financière ? Comment expliquer que la relance économique financée par l’endettement public, constitue la seule stratégie de sortie de crise, et que  les réformes du modèle capitaliste mondialisé tardent à venir en Europe ou aux Etas Unis (coordination et normalisation des politiques économiques des Etats, suppression des dysfonctionnements bancaires liés aux prises de risques non encadrées, abandon du dollar comme monnaie mondiale vers un système monétaire plus stabilisé, mondialisation régulée des échanges)

Si le projet démocrate n’est pas lui-même mondialisé, s’il n’affirme pas clairement, et comme une évidence incontournable,   que notre croissance économique et celle des pays riches est insoutenable à l’échelle de la planète parce que les ressources terrestres ne sont pas inépuisables, s’il ne dit pas que la beauté du monde est réversible si nous ne mettons pas un terme à son saccage, s’il ne soutient pas que  la pauvreté  ne l’est pas ( réversible) si nous ne changeons pas  le modèle économique, que nous connaissons et exportons, fondé sur la violence d’un mode de vie, de penser et d’agir  sans lendemain, que notre organisation de vie doit évoluer vers le partage équitable, alors il sera difficile de faire la différence le moment venu entre le MoDem et les autres partis de gouvernement.

Il reste à souhaiter, pour notre Mouvement Démocrate, que la désillusion ne commence pas à ARRAS, lors du congrés programmatique de décembre chargé de préparer les échéances électorales à venir à commencer par les régionales de 2010 : il serait en effet tout à fait opportun de programmer à l’avance  les éventuelles alliances du deuxième tour lors des régionales , car s’il n’est pas indifférent de gouverner avec l’UMP, s’il n’est pas indifférent de gouverner avec le PS , il n’est pas indifférent au plan local de savoir sur quelles forces de troisième voie compter avant d’aller à la bataille électorale des régionales.

Pour être visible, il faut être différent  : partons donc des difficultés du jour . C’est quoi la crise ? c’est quoi une campagne électorale en période de crise ? Les hommes politiques seront jugées sur leur stratégie de sortie de crise : ceux qui nous gouvernent et ceux qui ne nous gouvernent pas . Je souhaite que le MODEM fixe le changement de direction par rapport à la crise actuelle et se positionne sur ses priorités politiques en matière financière et économique, celles qui dépendent de nous et les autres un peu moins .

Pour en rester aux symboles  est ce que BNP Paribas mérite toujours son qualificatif de Banque nationale  ? Est ce que je m’éloigne  du sujet …pas sûr.

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La Sarkosienne

Cela sonne comme un nouvel hymne national non pas à la Beethoven ni à la Chopin, mais à la Carla Bruni. L ‘épisode de Jean SARKOSY dans l’actualité de ces dernières semaines donne le « la ».

PREMIER MOUVEMENT : la cible

Jean SARKOSY, dont le papa est le Président de la République de tous les français, annonce qu’il briguera la Présidence de l’EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense). Il s’agit d’un organisme public où des représentants de l’Etat siègent au Conseil d’administration (composé de 18 membres : 9 membres nommés dans les ministères de l’Economie, l’Equipement, la Culture et l’Intérieur ainsi que 4 élus de droite et 4 élus de gauche et un représentant de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Paris). Il est évident qu’avant d’être Président d’un Conseil d’administration il convient d’en être un de ses membres. Au moment de l’annonce Jean SARKOSY n’est ni l’un ni l’autre. En revanche, les ambitions sont affichées, les concurrents sont prévenus, la cible est définie : être à la tête d’une structure papa-étatique, pardon, para-étatique dont la vocation économique consiste à gérer le territoire du quartier d’affaires de la Défense , le plus grand quartier d’affaires d’Europe.

DEUXIEME MOUVEMENT : le tireur

Jean SARKOSY, 23 ans, étudiant en droit, passionné par la politique « familiale » et le spectacle médiatique qu’elle attire, est un jeune homme ambitieux qui a commencé par faire du théâtre, au contraire de Bernard TAPIS qui a fini par en faire après un passage remarqué en politique. Il est élu conseiller général sur les terres du département des Hauts de Seine, que son papa tenait de Charles PASQUA, le spécialiste de la raison d’Etat« la raison d’Etat commence là où la liberté s’arrête »

Jean SARKOSY quoique inexpérimenté maitrise déjà un langage politicien très recherché en faisant les questions et les réponses:« Est ce j’en ai parlé au président ? dit-il. « non ». « Est-ce que j’en ai parlé à mon père ? « oui ». Si lui peut faire la différence , pourquoi pas nous?

TROISIEME MOUVEMENT : Le tollé médiatique

Enquêtes, sondages d’opinions, tous les médias ont été mobilisés sur cet épisode sarkosien de népotisme intégral y compris la presse internationale toujours prête à se moquer de l’arrogance française. Fallait-il en avoir de l’arrogance pour, en pleine polémique, adresser à la jeunesse un message présidentiel sur la méritocratie républicaine et la fin des privilèges de la naissance.

Et quel degré de soumission faut-il atteindre pour voir ces personnalités politiques faire front derrière Jean SARKOSY, fustigeant la chasse à l’homme dont il était l’objet, alors qu’il apparaissait évident aux yeux de tous, que ce jeune homme ne présentait pas le profil pour être à la tête d’un organisme comme l’EPAD, sauf à considérer , légitimement, qu’il était un homme de mains d’un pouvoir suzerain.

QUATRIEME MOUVEMENT : le résultat

Après la polémique, c’est le scoop auquel se prête la chaine publique France 2 au journal de 20 heures le jeudi 22 octobre . Le petit Jean qui a fait couper ses mèches de cheveux est reçu comme un grand, comme pour un grand oral. Jean SARKOSY, sous l’œil des caméras, annonce qu’il renonce à briguer la Présidence de l’EPAD ( ouf tout le monde a eu peur !) et le papa aurait même dit que le fiston avait pris une bonne et sage décision ( ouf tout le monde y avait cru !)

«  Si je suis élu, dit –il, je ne briguerai pas la Présidence » tout en pensant tellement fort que cette élection au conseil d’administration était acquise pour lui, que s’en était époustouflant de vérité.

On apprend le Vendredi 23 octobre 2009 que le Conseil général a élu administrateur de l’EPAD le jeune SARKOSY …dans un fauteuil … ce qui pourrait prolonger la polémique (http://www.nordeclair.fr/France-Monde/France/2009/10/25/epad-la-polemique-est-elle-terminee.shtml)

Mais foin de polémique , une nouvelle étoile politique est née , demain tu seras Président du Conseil général des Hauts de Seine , mon fils .

L’enjeu du MODEM:
une alternative crédible ou une utopie jouable

On fait de la politique en faisant aussi ( ou toujours…) de l’arithmétique, c’est en substance ce que laisse deviner Eric AZIERE responsable des élections au Modem. Pour ce qui concerne les élections régionales, il affirme « il faut jouer le rassemblement pour faire en sorte que l’arithmétique fonctionne ». Certes, il a raison le bougre.

De son coté,le secrétaire  général des Verts Jean Vincent PALCE( cf le Figaro du 12/10/09) est tout aussi favorable à un rassemblement, au premier tour, selon lui, avec tous les écologistes .Pour les Verts, pas question d’alliance avec l’UMP qui revendique « une écologie de droite »chantée par la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal JOUANNO « nous ne voulons pas de la décroissance, dit-elle, …nous ne voulons pas interdire les 4×4 !!! » (LM du 15/10/09)

Les Verts n’envisagent pas d’alliance au plan national avec F.BAYROU, mais en revanche  ils sont favorables à des accords régionaux avecCorinne LEPAGE, représentant la branche écolo du MODEM ou Antoine WAECHTER représentant le Mouvement écologiste indépendant (MEI) (en Alsace, Haute Normandie, Pays de la Loire)

Que faut-il en penser ?

D’une part, au cours d’un entretien accordé au Monde ( LM du 11-12/10/09) F.Bayrou se démarque des Verts. « Sur le fond j’ai une différence avec eux », dit-il, « l’environnement est un problème pour l’humanité, mais je ne crois pas que les problèmes de la société se résument à l’environnement. Les banlieux, les inégalités sociales, l’école, la santé, la situation des jeunes totalement abandonnés, celle des finances publiques ne se résument pas au problème de l’environnement. »

D’autre part on connait l’engagement de Corinne LEPAGE, sa vice Présidente sur le terrain de l’écologie politique : elle prétend qu’« il y a un vrai projet politique dynamique et d’avenir autour de l’écologie entendue au sens d’une évolution soutenable, qui respecte les libertés publiques, la démocratie, la justice ». Cette conception de l’évolution ne se réduit pas à l’évocation d’une  protection de l’environnement mais induit un changement de cap en résistance à une terreur économique dont le citoyen de France , d’Europe , et du Monde fait les frais : pas besoin d’inventer la crise pour la démonstration, elle est là et elle nous tient encore.

Quelle stratégie pour le MODEM  ?

F BAYROU prône, on le sait,  le rassemblement électoral contre la Sarkosie, il n’oublie certainement pas ( avec les 8,5 % des européennes) que  la politique c’est aussi de l’arithmétique et lance son  « offre publique de dialogue » pour les élections à venir. Face à la percée des Verts, il dit« essayer d’être l’accoucheur d’un espoir crédible pour le pays » sans doute estime-t-il que l’écologie politique telle que le vainqueur des européennes Daniel Cohn BENDIT la défend  n’est pas un projet politique suffisamment crédible, reste à savoir s’il a la même opinion de« l’évolution durable » soutenue par Corinne LEPAGE .

Et au delà de ces divergences que l’on sent poindre à la tête du MODEM, sur ce qui doit changer, face à la « crise » de croissance d’un coté et la « crise » climatique de l’autre , il paraît de plus en plus évident qu’un mouvement politique qui prône l’alternative, la troisième voie, l’autre monde possible,  ne peut que modéliser la société dans laquelle nous voulons vivre en contre exemple de celle dans laquelle nous vivons. Et n’est ce pas la vocation du Modem, de proposer une alternative , une autre voie, un autre monde ? et répondre ainsi aux espérances de demain.

En conclusion citons F BAYROU lors de son discours du 29 Mars 2009 à la convention sur le projet européen du Mouvement Démocrate à la Maison de la Chimie à Paris, ici

« le modèle inégalitaire pour la France, c’est un modèle qui injurie notre histoire et nous n’avons qu’un mot à répondre c’est non, nous n’allons pas dans cette direction, nous choisissons une autre direction »  « c’est même cela l’engagement politique , un autre monde est possible et cet autre monde nous allons le construire » Seul le prononcé  fait foi.

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faire de la politique ou vivre de la politique

Voilà une bonne question, et le Monde diplomatique dans son numéro d’octobre tente d’y répondre sous la plume de Remi LEVEBVRE (prof sciences Po Lille II ) qui analyse les avatars de la gauche plurielle (PS, Verts, PCF) qui peine à se rassembler sur un projet socialiste alternatif. Pourquoi ?

Force est de constater que « depuis 2002, la gauche … n’a jamais autant prospéré localement. » qu’ainsi le PS « est à la tête de 20 régions sur 22.., d’une cinquantaine de conseils généraux … , il compte 694 conseillers régionaux et 640 conseillers départementaux, 2913 maires en 2005 » et de nombreux conseillers municipaux, chiffres qui se sont améliorés lors des dernières élections municipales « Il est même en passe de devenir majoritaire au Sénat. »

La droite au gouvernement, la gauche bénéficierait dans les élections intermédiaires locales (municipales, départementales et régionales) d’une prime liée à un phénomène de rééquilibrage du pouvoir en sa faveur, auquel elle n’est pas prête de renoncer. L’idée certes, est que l’implantation locale rend visible un parti, mais tout autant, pourrait-on rétorquer, que la représentation nationale et ses leaders qui l’animent. Il est vrai qu’au plan national (élections présidentielles ou législatives) les enjeux sont différents, les mécanismes électoraux aussi. Revenons au plan local.

Avec nos structures administratives qui se superposent il y a pléthore de postes, de plus les rémunérations n’ont cessé d’augmenter (« plus de 50% entre 2000 et 2001, 37% en 2002, 13% en 2003). ») et l’action politique tend à se professionnaliser.

« Faire de la politique c’est être élu », et rester un élu, c’est adopter « un discours de proximité » incolore , voire a-politique, en tout cas plus marqué par une logique de gestion que par une logique partisane « les élus sont absorbés par leur tâche de gestion…et négligent localement de développer le parti et le militantisme »

Autre constat : les alliances locales n’obéissent à aucune stratégie nationale sauf celle du « pragmatisme électoral », un seul mot d’ordre , une seule valeur, se maintenir « pour exister » C’est la prime au sortant, à la personnalité connue ou reconnue, aux jeux et aux intérêts individuels , et aux préoccupations électoralistes plutôt que programmatiques.

La logique des carrières vient renforcer la tendance avec la pratique du cumul de mandats, de la personnalisation du pouvoir, la crainte d’une reconversion difficile en cas de retour dans la sphère professionnelle privée favorise un esprit de caste, de quasi inamovibilité politique. Il n’est pas sûr que les élus, qui sont en même temps les cadres du parti, jouent le jeu de la concurrence avec « les nouveaux venus qui sont susceptibles de contrarier les équilibres »ni même qu’ils cherchent à développer le militantisme.« Le travail militant (en dehors des phases de mobilisation électorale) est cantonné au plus bas de l’échelle des pratiques »  « les intérêts professionnels se confondent avec les intérêts militants, nombreux sont ceux qui dépendent très directement des élus … »

Entre faire de la politique ou vivre de la politique  l’auteur , à propos de la gauche plurielle ,résume sa pensée par une boutade

« La lutte des places tend à se substituer à la lutte des classes »

Sans doute Martine AUBRY, secrétaire générale du PS, a-t-elle voulu, en lançant la rénovation de son parti, répondre à ces griefs et corriger l’image d’un parti « en apesanteur sociale » qui se « rétracte sur ses réseaux d’élus ». La rénovation annoncée ces jours-ci, soutenue par les militants socialistes (90 000 sur 200 000 soit un sur deux) passe par une réforme des règles de fonctionnement, la généralisation de la parité, le non cumul des mandats et un statut de l’élu, la création d’une commission indépendante pour faire respecter les règles éthiques, l’ouverture de primaires pour la désignation du candidat présidentiel … etc … (source LM «3/10/09)

De telles préoccupations ont-elles effleuré la droite dont la transformation était amorcée en 2002 sous l’égide de Nicolas SARKOZY : ce dernier substituait l’UMP au RPR, il débauchait en signe d’ouverture les élus ex-UDF qui s’étaient démarqués du RPR et de l’Etat RPR , il transformait son parti en machine à gagner les élections. Objectif atteint, nommé à la Présidence de la République en 2007, Nicolas SARKOZY instaure l’Etat Sarkozien contre lequel s’élève F BAYROU.

Au sein du Mouvement Démocrate (MODEM) créé en décembre 2007 sur les structures de l’ex-UDF par son président F BAYROU, « faire de la politique autrement » devient un slogan, et comme par hasard la plupart des notables ex-UDF quittent le MODEM lorsque F BAYROU affiche sa franche opposition à Nicolas SARKOZY, et au modèle de gouvernance qu’il impose « je suis élu , je fais ce que je veux »

Le MODEM de FBAYROU s’est engagé sur les ressources de la démocratie ( d’où son appellation) et son aptitude à répondre aux défis de demain mais sa vision d’un autre monde possible tarde à venir. La cacophonie électoraliste à laquelle il a sacrifié lors des élections municipales ne rend pas compte de son message politique qui demeure brouillé aux yeux de l’opinion publique. La défaite aux européennes démontre une certaine déficience  à anticiper le regroupement des forces de transformation écologiste qui a émergé dans le paysage politique français ?

Dans la perspective des élections régionales, le MODEM se tourne vers l’électorat de gauche et tous ceux qui s’opposent à l’Etat Sarkosyen et au modèle d’une société fondée sur les inégalités croissantes , opposition en plein dans la tradition socialiste en panne d’avancée idéologique . Il est temps que le MODEM qui affectionne de se positionner en gestionnaire de l’excellence (ce qui est bon ou moins bon chez les autres ) propose son propre contre modèle de société de la façon la plus détaillée que possible de sorte que l’électorat, pris dans son ensemble y voit une véritable alternative, nécessairement partisane au soutien de ses choix .( cf annexe)

Alors rendez vous à ARRAS au mois de décembre pour faire et/ou vivre de la politique l’un n’excluant pas l’autre et vice versa

Annexe :

1 .Favoriser une culture du transport en commun , l’apprentissage subséquent d’une liberté de circulation étendue au niveau européen Envisager le transport gratuit pour la jeunesse de 15 à 21 ans

2 .Développer la syndicalisation dans le monde du travail et l’émergence d’un contre pouvoir salarié dans l’exercice d’une libre expression reconnue et protégée , dans l’entreprise ou en dehors, et d’une action juridique capable d’en défendre les intérêts légitimes. Définir une appartenance syndicale systématique en interaction avec les forces économiques qui l’environnent.

3 .Accorder une année d’abonnement gratuit à un quotidien politique pour tout citoyen qui en fait la demande, instituer des formations gratuites à internet et à l’exercice de l’e démocratie.

4 .Mettre en œuvre des crédits à la consommation à taux zéro pour tous les produits « verts » en définir la liste de la façon la plus extensible possible ( la voiture verte, la maison verte, les produits alimentaires bio) définir la qualité environnementale du consommateur tant au point de vue de sa santé alimentaire , que de son logement en ville ou en dehors, ou de ses loisirs de pleine nature, développer un contre pouvoir des consommateurs dans l’exercice d’un libre boycottage des produits nuisibles à son plein épanouissement

5 .Favoriser tous les droits sociaux de la personne , et tout ce qui permet de développer le sentiment de solidarité ( sécurité sociale , et services publics, fiscalité transparente )

6 .Sur un plan international, abandonner le commerce des armes et l’exploitation dominatrice des ressources naturelles des peuples opprimés ( ex la Guinée…etc) venir en aide aux population affamées.

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Le courage de l’utopie
en ligne de mire

Comme suite à PETITS BRICOLAGES ENTRE AMIS texte integral ici, nous porsuivons le questionnement et le débat par ce billet sur l’utopie

Le courage de l’Utopie

On pourrait deviner ce courage dans les paroles de François Bayrou et de son équipe dirigeante lorsqu’on est invité à imaginer et à «construire un autre monde possible»(http://christian.nannini.free.fr/?p=286) lors d’un rendez-vous programmatique fixé pour le mois de décembre.

Quel est cet autre monde possible que les autres partis ne verraient pas, ne souhaiteraient pas, et dont la perspective ferait la singularité du discours démocrate qui se positionne comme une alternative à l’alternance ( selon le mot de R Rochefort) c’est à dire celle de l’UMP ou du PS en tant que  partis de gouvernement ?

La parole politique électoraliste peut nous donner du rêve à partager, nous entraîner, nous enthousiasmer de n’importe quel bord où l’on se trouve : soit du côté de la droite, avec l’idéologie politique du libre échange et de la libre concurrence, soit du côté de la gauche, avec l’idéologie interventionniste de l’Etat et la perspective d’une saine concurrence bâtie sur l’égalité des chances. Au delà du clivage tous les prétendants au gouvernement des choses et des hommes se réclament de la démocratie. Pas un seul n’oserait dire en sautant sur sa chaise : « je ne suis pas démocrate » ou « voilà pourquoi je hais la démocratie » (cf. Jacques Rancière : La haine de la démocratie). Que faut-il donc entendre par démocratie, mais surtout que faut-il entendre par « démocrate » lorsque l’on en fait sa profession de foi ?

Au delà de la parole politique, où se niche la différence pour un groupement politique tel que le MoDem, dont la profession de foi est explicite quant valeurs démocrates (voir : la Charte des valeurs démocrates)

http://www.mouvementdemocrate.fr/evenements/telechargement/charte_des_valeurs.pdf)

Quel est son changement de perspective, par rapport aux autres partis ?

S’il s’agit de promouvoir une « démocratie humaniste », F. Bayrou ne s’aventure pas sur un terrain vierge. Faut-il rappeler que les peuples de l’Union européenne, en proclamant une Charte européenne des droits fondamentaux,

http://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf )

ont porté au pinacle un standard européen de démocratie humaniste inégalé dans le monde. Il s’agit d’un socle commun rassemblant toutes nos traditions constitutionnelles européennes, nos systèmes juridiques, un registre de valeurs démocratiques centré sur les droits humains dont la défense devient en conséquence un principe de communauté de vie.

La crise financière et économique est venue nous rappeler que cette communauté de vie passe par le commerce et les échanges dans un système d’interdépendances étroites. Le système capitaliste qui organise l’économie libérale à l’échelle mondiale, et qui se caractérise en Europe par un marché intérieur organisé autour du principe de la libre circulation des personnes, des travailleurs, des biens, des capitaux et des services, traverse une période de crise mondialisée. Les excès de la haute finance ont éclaté au grand jour, ils sont la cause déterminante du renflouement des banques par l’argent public ou de l’intervention des Etats, lesquels apparaissent comme les derniers garants de la survie économique grâce à la croissance par le sauvetage des banques.

Comment les tenants de la démocratie humaniste, confrontés à l’offensive financière et économique aux effets devastateurs vont-ils réagir ?

Le changement de perspective annoncé par le MoDem devrait pouvoir se reconnaître, d’une part dans le « parler vrai » c’est à dire dans le fait d’éviter la banalisation et le déni de la réalité tant économique que sociale, et d’autre part dans la priorité donnée aux réformes qui demandent du courage politique, celles qui nécessitent la volonté de rester fidèles aux valeurs de l’humanisme. Hors de cet état d’esprit on voit mal comment nos sociétés « opulentes » prendront démocratiquement la direction d’un autre monde possible, celui du partage de la richesse contre celui de la pauvreté, celui de la solidarité et de la fraternité contre celui de la cupidité, celui de la protection de la nature contre celui de son épuisement et de sa destruction.

La question reste de savoir si les forces de domination économique sont prêtes à composer, et si les forces politiques sont prêtes à s’organiser démocratiquement pour protéger l’humanité de son extinction.

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